Niger : de nouvelles règles pour l’accréditation des correspondants et médias étrangers

Le Niger se dote d’un nouveau cadre réglementaire pour l’activité des correspondants de presse et l’accréditation des médias étrangers. Adopté en Conseil des ministres le 10 septembre 2026, le projet de décret doit notamment encadrer la délivrance, le renouvellement et le retrait des accréditations. L’Observatoire National de la Communication (ONC) est appelé à jouer un rôle dans ce dispositif.
Les conditions d’exercice des correspondants de presse et des médias étrangers au Niger vont être davantage encadrées. Le Conseil des ministres du 10 septembre 2026 a adopté un projet de décret déterminant les conditions d’exercice du correspondant de presse et celles d’accréditation des organes de presse étrangers.
Le texte est pris en application de l’article 14 de l’ordonnance n° 2010-35 du 4 juin 2010 portant régime de la liberté de la presse au Niger, ainsi que de l’ordonnance n° 2025-29 du 1er septembre 2025 relative aux missions, à la composition et aux modalités de fonctionnement de l’Observatoire National de la Communication (ONC).
Un cadre pour l’accréditation des médias étrangers
Selon le gouvernement, il n’existait jusqu’ici pas de réglementation déterminant les conditions d’accréditation des correspondants de presse étrangers, leurs droits et obligations ainsi que les modalités d’exercice des médias étrangers sur le territoire national.
Le projet de décret vise à combler ce vide en instituant une procédure d’accréditation que les autorités présentent comme « transparente, objective et conforme aux standards internationaux ».
Le nouveau dispositif doit notamment préciser les conditions de délivrance, de renouvellement et de retrait des accréditations, déterminer les catégories de journalistes concernés, définir leurs obligations dans l’exercice de leurs activités et organiser la délivrance de cartes professionnelles spécifiques.
L’ONC appelé à intervenir dans la procédure
L’Observatoire National de la Communication occupera une place dans le nouveau mécanisme.
Le projet de décret prévoit notamment un avis motivé de l’ONC dans la procédure d’accréditation. L’organe de régulation doit également assurer la délivrance des cartes de correspondant de presse étrangère et de journaliste étranger de passage.
Le dispositif doit par ailleurs permettre d’identifier les médias étrangers exerçant au Niger, d’assurer la traçabilité de leurs activités et de renforcer, selon le gouvernement, la responsabilité professionnelle de leurs représentants.
Liberté d’informer et souveraineté informationnelle
Les autorités replacent cette réforme dans un contexte marqué par l’internationalisation des flux d’information, la transformation numérique des médias ainsi que les défis liés à la désinformation et à la manipulation de l’information.
Le gouvernement invoque également la protection de la souveraineté informationnelle, ainsi que les exigences liées à la sécurité nationale, à l’ordre public et aux intérêts fondamentaux de l’État.
Dans le même temps, le texte présenté par les autorités rappelle que la liberté de la presse constitue un principe fondamental garanti. Le dispositif entend ainsi, selon le communiqué officiel, concilier la liberté d’informer avec les impératifs de transparence, de responsabilité éditoriale, de sécurité juridique et de préservation de l’ordre public.
Une réforme distincte de celle sur la presse électronique
Cette décision intervient parallèlement à l’adoption, lors du même Conseil des ministres, d’un projet d’ordonnance relatif à la presse électronique au Niger.
Les deux textes sont distincts : l’un concerne les conditions d’exercice et d’accréditation des correspondants et organes de presse étrangers, tandis que l’autre vise à établir un cadre juridique spécifique pour la presse électronique.
Le nouveau dispositif adopté le 10 septembre confère ainsi un cadre réglementaire à l’activité des médias étrangers au Niger et précise le rôle de l’Observatoire National de la Communication dans la procédure d’accréditation.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

