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  • Réunion du Conseil des ministres du mardi 09 octobre 2018 : Plusieurs projets de textes et mesures nominatives adoptés

    Réunion du Conseil des ministres du mardi 09 octobre 2018 : Plusieurs projets de textes et mesures nominatives adoptés

Issoufou Mahamadou Democrate« Moi je pense qu’il faut respecter les constitutions. Et d’ailleurs, quand je me présentais aux élections, j’avais fait la promesse qu’un de nos objectifs était de consolider l’ordre démocratique et les institutions démocratiques et républicaines dans le pays. Et cela ne peut se faire en détricotant les constitutions chaque fois. Donc là, je suis en train d’exercer mon dernier mandat et, incha Allah, en 2021, je passerai le témoin à celui que les nigériens auront choisi »

Ce sont là les propos du président Issoufou Mahamadou dans un entretien accordé à nos confrères du magazine« Marchés africains ». Certains avaient jubilé en entendant ces paroles relayées par les médias locaux. Seulement voilà ! Le Canard en furie demeure sceptique quant à la sincérité de ces professions de foi. Quand le président de la République dit : « moi, je pense … », ce n’est pas pour rassurer. Le respect de la loi fondamentale n’a rien à avoir avec la pensée d’une personne fut-elle président de la République, chef de l’Etat. Issoufou aurait tout simplement pu dire qu’il n’existe aucun moyen d’exercer plus de deux mandats présidentiels au Niger et qu’en conséquence, il n’a de choix que partir. Mais en ramenant le tout à sa pensée, il nous rappelle opportunément un Tandja Mamadou qui avait déclaré : « quand la table est desservie il faut partir ». C’était sa pensée à lui en ce moment précis mais cette pensée avant qu’il ne commence à radoter autour de la table desservie et qu’il accouche du monstre Tazartché avec les drames sociopolitiques qui en ont découlé. De ce point de vue, le président Issoufou n’est pas convaincant.

Puis, le chef de l’exécutif nigérien dit : « j’avais fait la promesse qu’un de nos objectifs était de consolider l’ordre démocratique et les institutions démocratiques et républicaines dans le pays. Et cela ne peut se faire en détricotant les constitutions chaque fois ». Là-dessus, nous posons une simple interrogation : le règne du président Issoufou a-t-il renforcé les institutions démocratiques ou les a-t-il au contraire affaiblies ? Nous laissons à chacun le soin de répondre à cette question. Toutefois, en parlant de promesse, le patron de l’exécutif n’a-t-il pas promis de construire le barrage de Kandadji avant la fin de son premier mandat ? N’a-t-il pas promis aux Nigériens d’investir le quart du budget national dans l’éducation, de faire nourrir les nigériens par les nigériens, de créer 50 000 emplois chaque année ? Ces promesses n’ont jamais été tenues. Pis encore, Issoufou Mahamadou avait dit haut et fort qu’il ne cautionnerait jamais des « élections tropicalisées » et qu’il en serait le responsable ? Que s’est-il passé pour qu’il ait 92,51% de suffrages en mars 2016 ? Peut-il y avoir           des élections plus tropicalisées que lorsqu’on jette en prison son principal challenger pour enfin se déclarer élu au détriment d’un adversaire hors course ?

La plus part des Nigériens ont cessé de croire aux discours officiels depuis belles lurettes et ce n’est probablement pas sur ce sujet crucial qu’ils vont accorder du crédit à de simples dires. Toutes choses dont la renaissance les a gavés pendant 6 ans maintenant. D’ailleurs, pourquoi le président Issoufou s’empresse-t-il de crier à tue-tête qu’il ne sera pas candidat en 2021 alors qu’on en est qu’à la première année de son second quinquennat ? Se reproche-t-il quelque chose dont nous n’avons pas connaissance ?

En tout cas, les scandales financiers et politiques commis depuis 6 ans maintenant laissent penser qu’avec Issoufou Mahamadou ou non, le parti au pouvoir PNDS-Tarayya se cèdera pas le pouvoir de bon cœur à un autre parti politique en 2021, 2026, 2031 …. Trop de mal a été fait, trop de liberté a été prise vis-à-vis des deniers et biens publics, vis-à-vis des Nigériens tout simplement. Alors, le retour de la manivelle est une hantise justifiée pour les ténors de la Renaissance.

Une année de vent ….

Douze mois se sont déjà écoulé depuis que le chef de la Renaissance s’est fait – Dieu Sait comment – réélire au sommet de l’Etat Nigérien. En dehors de lui-même personne ne semble s’intéresser à cet anniversaire qui ne rime à aucune joie collective. Il ne peut en être autrement lorsque tous les secteurs sont au rouge. L’insécurité inquiétante, l’école en dérision, la santé publique chancelante, la fourniture d’eau et d’électricité hypothétique, l’atmosphère politique électrifiée …bref tout est au rabais sous la Renaissance Acte II.

Et il n’y a que le président de la République et ses inconditionnels qui voient la qualité de la gouvernance. Tout le reste se demande le mal qu’ils ont pu commettre pour mériter une telle gouvernance qui s’apparente à une punition divine. N’eut été l’inauguration de la centrale électrique de Gorou Banda par le chef de l’Etat en personne, ce premier anniversaire serait passé absolument inaperçu. La centrale, en elle-même, ne suscite aucune expression de soulagement dans le cœur du citoyen lambda. Malgré le discours officiel qui voudrait rassurer quant à la fin des difficultés dans la fourniture de l’énergie électrique n’apaise aucun cœur. Au contraire, une grande inquiétude s’est emparée des populations de Niamey qui se demandent bien à quelle sauce elles seront mangées cette fois avec cette centrale. Cela, d’autant plus que des sources proches du dossier soutiennent que le kilowatt/heure produit à Gorou Banda coûterait quelque 283 F CFA à la NIGELEC qui l’achète actuellement à 15 francs au Nigeria pour le revendre à 79,25 F CFA. Mais alors, à combien achètera-t-on le kilowatt/heure avec cette nouvelle centrale ? Nul ne le sait pour l’instant, mais il va falloir commencer à vérifier les factures d’électricité en lisant ce qui y est écrit. Car, avec un régime qui a installé des bases militaires étrangères dans l’informel c’est-à-dire, sans s’en référer à l’Assemblée nationale comme le prescrit la Constitution, il ne serait pas étonnant que des hausses soient appliquées sur les tarifs sans qu’elles ne soient rendues publiques.

C’est curieux ce que ce régime jure d’avec les bonnes pratiques. Même lorsqu’il tente de bien faire, il n’aboutit qu’à un résultat contraire. Il est, à chaque fois, comme tirer vers le bas pas des forces invisibles qui pourraient se nommer :cupidité, arrogance, l’amateurisme, insouciance et incompétence. On est mal barré !

Ibrahim A. YERO

05 avril 2017
Source : Le Canard en Furie

 

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