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À Addis-Abeba, le Niger présente ses priorités sanitaires à l’OMS Afrique

DR Garba Hakimi
À Addis-Abeba, le ministre nigérien de la Santé et de l’Hygiène publique, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, a présenté les priorités du Niger en matière de réglementation des produits médicaux, de production locale et de financement de la santé. Le pays ambitionne notamment d’atteindre, à l’horizon 2029, le niveau de maturité 3 défini par l’Organisation mondiale de la Santé.
Le Niger veut renforcer son dispositif de contrôle des médicaments et autres produits de santé. Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le médecin colonel-major Garba Hakimi, a exposé cette ambition lors d’un dialogue ministériel de haut niveau organisé à Addis-Abeba par le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique.
La rencontre s’est tenue en prélude à la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, organisée dans la capitale éthiopienne du 24 au 28 août 2026. Elle a réuni des responsables africains de la santé autour de deux enjeux : le renforcement des systèmes de réglementation pour soutenir la fabrication locale de produits médicaux et le financement durable du secteur sanitaire.

Un objectif fixé à l’horizon 2029
Lors du premier panel, Garba Hakimi a indiqué que le Niger s’inscrivait dans la stratégie régionale de réglementation des produits médicaux pour la période 2026-2035. Il a également évoqué les efforts d’harmonisation engagés au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ainsi que la concertation entre les pays de la Confédération des États du Sahel.
Le Niger se donne pour objectif d’atteindre le niveau de maturité 3 de l’OMS d’ici 2029. Cette classification ne concerne pas uniquement la numérisation des services : elle atteste qu’une autorité nationale de réglementation dispose d’un système stable, intégré et fonctionnel, capable de contrôler efficacement la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments et des vaccins.
Le renforcement du cadre réglementaire est également indispensable au développement d’une industrie pharmaceutique nationale crédible. Le ministre a indiqué que des démarches fondées sur des partenariats public-privé étaient en cours pour promouvoir la production locale de produits de santé.

Le financement de la santé au centre des échanges
Le deuxième panel a porté sur les difficultés de financement auxquelles sont confrontés les systèmes de santé africains. Les échanges ont associé plusieurs partenaires, notamment la Fondation Gates, la Fondation Aliko Dangote, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Gavi, l’Alliance du vaccin, ainsi que le Rotary.
Les discussions ont permis aux États de présenter les obstacles rencontrés dans la mobilisation et l’utilisation des appuis extérieurs. Elles ont également porté sur la nécessité d’améliorer la coordination entre les gouvernements, les organismes internationaux et les partenaires financiers.
Au cours d’une autre séance avec le Bureau régional de l’OMS, Garba Hakimi a présenté les attentes du Niger en matière de soins spécialisés. Selon le ministre, l’État prend intégralement en charge les évacuations sanitaires de patients nécessitant des traitements qui ne sont pas disponibles dans le pays.
Le Niger cherche parallèlement à renforcer les capacités de ses établissements et à conclure des accords avec des pays africains disposant de structures médicales spécialisées. L’objectif est d’élargir l’accès aux soins complexes tout en réduisant les coûts liés aux évacuations hors du territoire national.

Une coopération attendue contre la poliomyélite
En marge des rencontres, le ministre s’est entretenu avec des responsables des fondations Gates et Aliko Dangote. Les discussions ont notamment porté sur la vaccination et la prévention de la poliomyélite.
Les deux fondations ont exprimé leur disponibilité à accompagner les efforts du Niger. Une attention particulière a été accordée à la coopération avec le Nigeria, compte tenu des mouvements de populations entre les deux pays et de la nécessité d’une surveillance coordonnée des maladies évitables par la vaccination.
La participation nigérienne à ces échanges intervient alors que les ministres de la Santé des 47 États membres de la Région africaine de l’OMS examinent à Addis-Abeba les nouvelles orientations sanitaires du continent. Pour le Niger, la concrétisation des objectifs annoncés dépendra notamment du renforcement de l’autorité de réglementation, de la mobilisation de financements durables et de la mise en œuvre effective des partenariats envisagés.

Sources : RTN et Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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