Niger : le magistrat Cheibou Samna Soumana promu directeur à l’IIJ de Malte

L’ancien procureur de la République de Niamey, Cheibou Samna Soumana, a été désigné le lundi 2 novembre 2026 directeur de l’Unité académique de l’Institut international pour la justice et l’État de droit (IIJ), basé à Malte, au terme d’un processus de sélection qu’il décrit comme « très rigoureux et objectif ». Une consécration pour un magistrat qui a fait de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée le combat de sa carrière.
C’est lui-même qui a annoncé la nouvelle, le mardi 3 novembre au matin, à l’ouverture d’une session de l’IIJ consacrée au renforcement des compétences de magistrats venus de neuf États d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon le journaliste nigérien Seidik Abba, présent à Malte, les participants se sont levés pour l’applaudir longuement.
Des formations d’excellence, en trois langues et sur trois continents
L’Unité académique est le cœur pédagogique de l’IIJ. Elle conçoit et dispense des formations destinées aux juges, aux procureurs, aux enquêteurs et aux autres acteurs de la chaîne pénale, notamment sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.
L’Unité académique conçoit et délivre des formations d’excellence en français, en anglais et en arabe. Ces formations couvrent les trois zones d’intervention de l’Institut : l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
Le nouveau directeur, Cheibou Samna Soumana, connaît la maison de l’intérieur. Il avait rejoint l’Unité académique fin 2020 comme praticien-enseignant associé (Resident Fellow) : un magistrat de terrain chargé de transmettre son expérience à ses pairs.
Vingt ans de magistrature, dont quinze au parquet
Sa nomination couronne un parcours de vingt ans dans la magistrature nigérienne, dont quinze au parquet. D’abord juge du siège, il rejoint ensuite le ministère public et traite, dès 2011, des procédures liées au crime organisé et au terrorisme. Il passe par plusieurs juridictions de l’intérieur et par la Cour d’appel de Niamey, où il est substitut général, avant de rejoindre le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey comme procureur adjoint. Il prend ensuite la direction du parquet, jusqu’en juin 2020.
À Niamey, il intègre puis dirige le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. En parallèle, il est procureur du pôle spécialisé dans la lutte contre la délinquance économique et financière. Son nom reste attaché à l’opération « Maï Boulala » contre le détournement des deniers publics.
Une expertise reconnue au-delà des frontières
Point focal de la Cour pénale internationale (CPI) et du Réseau ouest-africain des procureurs et autorités centrales (WACAP), il est aussi expert et consultant pour l’ONUDC, notamment sur les armes à feu. Il est à l’origine du Comité de coordination de la lutte antiterroriste du Niger.
Il a également conduit de nombreuses actions de renforcement des capacités des praticiens de la justice dans les régions du lac Tchad et du Sahel : travaux de recherche et de législation, formations et échanges, menés avec l’ONUDC, les États-Unis, des instituts de formation judiciaire africains et européens, et dans le cadre de projets européens.
En juin 2020, l’État l’a élevé au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite, en reconnaissance des services rendus à la Nation.
Avec cette nomination, c’est l’expertise judiciaire nigérienne qui se voit reconnue sur la scène internationale.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

