Niger : caméras, dispositif anti-somnolence et dépistage obligatoires dans les bus

Le Niger durcit les règles de sécurité applicables au transport interurbain et international de voyageurs. Vidéosurveillance à bord, dispositif anti-somnolence pour les conducteurs, aptitude médicale, dépistage de l'alcool et des stupéfiants et présence de personnel formé aux premiers secours : les compagnies de transport disposeront de trois à six mois, selon les mesures, pour se conformer aux nouvelles obligations annoncées vendredi 14 août 2026 par le ministre des Transports et de l'Aviation civile, le Colonel-Major Abdouramane Amadou.
De nouvelles obligations pour les bus au Niger
Les conditions d'exploitation des bus de transport de voyageurs vont évoluer au Niger. Réuni à Niamey avec les responsables des sociétés de transport, le ministre des Transports et de l'Aviation civile, Colonel-Major Abdouramane Amadou, a présenté une série de mesures destinées à renforcer simultanément le contrôle des véhicules, la surveillance des conducteurs et la capacité d'intervention en cas d'accident.
Ces nouvelles dispositions concerneront l'ensemble des bus assurant le transport interurbain et international.
Cinq mesures ont été annoncées :
- la vidéosurveillance embarquée ;
- l'installation d'une alarme anti-somnolence destinée aux conducteurs ;
- une visite médicale d'aptitude à la conduite professionnelle ;
- le dépistage systématique de l'alcool et des stupéfiants ;
- le recrutement de personnel de premiers secours à bord des bus.
Selon le ministère, leur mise en œuvre sera obligatoire dans un délai allant de trois à six mois, en fonction des mesures concernées.
Conducteurs : aptitude médicale, alcool et stupéfiants davantage contrôlés
Une partie importante du nouveau dispositif porte directement sur les conducteurs professionnels.
L'aptitude médicale à la conduite devra faire l'objet d'un suivi, tandis que le dépistage de l'alcool et des stupéfiants deviendra systématique. L'alarme anti-somnolence doit, de son côté, apporter une assistance supplémentaire au conducteur lorsque des signes de fatigue apparaissent.
En combinant contrôle sanitaire et équipements techniques, les autorités cherchent ainsi à agir sur plusieurs facteurs susceptibles d'affecter la sécurité d'un voyage.
La vidéosurveillance embarquée doit parallèlement permettre un suivi plus régulier des déplacements et des conditions dans lesquelles ils sont effectués.
Des premiers secours directement à bord des bus
Autre changement notable : les compagnies devront disposer de personnel de premiers secours à bord.
L'objectif annoncé est de permettre une intervention rapide auprès des victimes lorsqu'un accident survient, avant ou en complément de l'arrivée des services spécialisés.
Cette obligation ajoute donc une dimension sanitaire au renforcement du dispositif de sécurité routière. Pour les compagnies, sa mise en œuvre supposera notamment de disposer de personnels possédant les compétences nécessaires pour assurer les premiers gestes d'urgence.
Après le drame de Doukou-Doukou, renforcer les contrôles
Les nouvelles mesures interviennent dans un contexte marqué par des accidents de transport ayant endeuillé le pays.
Lors de la rencontre du 14 août, le ministre a notamment évoqué le drame survenu à Dokou-Dokou pour expliquer la nécessité de mesures correctives et d'un renforcement du contrôle des véhicules comme des conducteurs.
Le gouvernement entend également agir plus largement sur le fonctionnement du secteur afin d'améliorer la sécurité et les conditions de transport des voyageurs.
Le ministre a toutefois tenu à reconnaître le rôle joué par les compagnies dans la desserte des différentes régions du Niger, tout en insistant sur la nécessité d'améliorer les pratiques.
Un délai de trois à six mois pour les compagnies
Pour les transporteurs, l'enjeu est désormais celui de l'application. Les nouvelles obligations nécessiteront, selon les cas, l'installation d'équipements dans les véhicules, l'organisation de contrôles médicaux et de dépistages ainsi que la mobilisation de personnels capables d'assurer les premiers secours.
Les responsables des sociétés de transport ont présenté leurs préoccupations et propositions au cours de la réunion.
Le ministère prévoit de poursuivre les échanges dans le cadre d'un dialogue bipartite entre l'État et les compagnies de transport, notamment pour accompagner la mise en œuvre des mesures annoncées.
La rencontre a également réuni des cadres du ministère ainsi que des représentants de l'ANISER, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale.
Avec un calendrier de trois à six mois désormais fixé, la prochaine étape sera celle de l'application effective de ces obligations dans les bus interurbains et internationaux et du contrôle de leur respect par les compagnies de transport.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

