Niger : après l’accident de Madaoua, STM et SONITRAV entendues, le retrait d’agrément désormais évoqué

Trois jours après l’accident de Madaoua qui a fait 22 morts et 37 blessés, le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le colonel-major Abdouramane Amadou, a reçu lundi 10 août 2026 les responsables de STM et SONITRAV. Les deux compagnies ont été entendues sur leur part respective de responsabilité. Les sanctions annoncées pourront aller de l’avertissement au retrait de l’agrément d’exploitation.
Après les premières mesures annoncées à la suite du drame, le dossier de l’accident de Madaoua entre dans une nouvelle phase. Les responsables des deux sociétés de transport impliquées, STM et SONITRAV, ont été convoqués à Niamey par le ministre des Transports et de l’Aviation civile.
Face aux dirigeants des deux compagnies, Abdouramane Amadou a insisté sur la gravité de l’accident et sur la nécessité de mettre fin aux comportements dangereux de certains conducteurs. Il a également pointé la responsabilité des employeurs lorsqu’ils font preuve d’indulgence face à de tels comportements.
Les responsabilités des deux compagnies examinées
Au cours de la réunion, une projection vidéo a servi de support aux échanges. Les représentants de STM et SONITRAV ont été entendus sur leur part respective de responsabilité avant de recevoir des instructions destinées à corriger les manquements constatés.
À ce stade, le ministère ne désigne aucune des deux compagnies comme responsable de l’accident. L’établissement des responsabilités déterminera donc les mesures qui seront prises.
Le ministre a néanmoins précisé l’échelle des sanctions encourues. Selon la gravité des manquements retenus, elles pourront aller de l’avertissement à la suspension, voire au retrait de l’agrément d’exploitation.
Ces mesures administratives n’excluent pas d’éventuelles poursuites judiciaires engagées par les autorités compétentes.
La responsabilité des transporteurs au-delà du drame
Au-delà du cas de Madaoua, la réunion pose la question de la responsabilité des compagnies dans l’encadrement de leurs conducteurs et la prévention des accidents.
Le ministre considère que le facteur humain reste au cœur de nombreux drames routiers et estime que les efforts de sensibilisation doivent être accompagnés de mesures permettant de mettre fin aux comportements imprudents.
La rencontre s’est déroulée en présence de cadres du ministère, de responsables de l’Agence nigérienne de sécurité routière (ANISER) et de représentants de la Gendarmerie nationale.
Après les 22 décès enregistrés à Madaoua, l’attention se porte désormais sur les conclusions de l’examen des responsabilités. Les éventuelles sanctions contre STM ou SONITRAV constitueront surtout un premier indicateur de la manière dont les autorités entendent renforcer la responsabilité des transporteurs et la sécurité des voyageurs au Niger.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

