Revue de presse nigérienne du 28 septembre au 4 octobre 2026 : souveraineté, débat public et économie au premier plan

Le discours du Premier ministre devant la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies a occupé une place importante dans la presse nigérienne cette semaine. Plusieurs journaux ont également interrogé la place de la contradiction dans la refondation. L’uranium, les résultats économiques et l’action du ministère du Commerce.
À l’ONU, un discours salué par plusieurs journaux
L’hebdomadaire L’Éclosion qualifie d’historique l’intervention du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine à la tribune des Nations unies. Il y voit une affirmation de la souveraineté du Niger et une prise de parole portant les préoccupations de la Confédération des États du Sahel.
Le journal reprend les accusations formulées par le chef du gouvernement contre la France et l’Ukraine, qu’il met en cause dans la déstabilisation du Sahel. Dans sa lecture du discours, l’hebdomadaire insiste sur la maîtrise des ressources naturelles et sur les choix politiques des pays de l’AES.
Le Canard en furie accueille lui aussi favorablement cette allocution. Le satirique met l’accent sur la dignité nationale, la gestion souveraine des ressources et les aspirations de la jeunesse. Il présente l’intervention du Premier ministre comme un symbole de rupture diplomatique.
Dans ses colonnes, L’Actualité critique pour sa part les prises de position de Bruno Fuchs sur les autorités maliennes et les orientations des pays de l’AES. L’hebdomadaire défend leur droit à choisir leurs partenaires et à réexaminer leurs accords. Il estime qu’une évolution des relations avec la France passe par le respect mutuel et l’égalité.
La liberté de contradiction au cœur du débat
À côté de ces commentaires sur la souveraineté extérieure, L’Enquêteur pose la question de la liberté de parole à l’intérieur du pays. Dans son éditorial du 1ᵉʳ octobre, consacré au droit de dire non, le quotidien met en garde contre l’assimilation du désaccord à une trahison.
Il souligne que le silence peut traduire la peur, la fatigue ou le renoncement et ne saurait être automatiquement interprété comme une adhésion. Pour le journal, soutenir l’indépendance nationale ne signifie pas renoncer à interroger les décisions des dirigeants.
Opinion développe une réflexion proche sur les fragilités d’un pouvoir privé de contradiction. Le journal estime que l’absence d’adversaire institutionnel peut priver les gouvernants de repères pour apprécier leur action. Il plaide pour une refondation qui accepte la critique et reconnaisse son utilité dans la vie publique.
Ces deux publications abordent ainsi une même exigence : donner une place au débat dans un projet politique fondé sur la souveraineté.
Uranium, croissance et mobilisation fiscale
Le Nouveau Républicain revient sur les rapports entre le Niger et Orano. Dans un commentaire particulièrement offensif, l’hebdomadaire présente la nationalisation de la Somaïr comme un tournant dans la maîtrise des ressources uranifères. Il interprète également les perspectives de diversification des partenaires comme un recul de l’influence française dans ce secteur.
Sur le terrain économique, l’hebdomadaire Échos du Monde rapporte une progression de 7 % du PIB réel nigérien au deuxième trimestre 2026, contre une moyenne de 6 % dans l’UEMOA. Le journal attribue ces données à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et souligne la continuité avec la croissance de 7,2 % qu’il indique pour le premier trimestre.
Dans son éditorial du 1ᵉʳ octobre, Le Sahel met également en avant les résultats économiques. Le quotidien gouvernemental évoque une croissance de 7 % en 2025 et un taux d’inflation passé de 9,1 % en 2024 à −4,7 %. Il associe cette évolution à la production agricole et aux réductions de certains prix, notamment ceux du carburant et du ciment.
Le Courrier s’intéresse à la mobilisation des ressources internes. Il souligne le rôle de la Direction générale des impôts dans le financement de l’État et salue le travail de ses agents.
Deux lectures de l’action du ministère du Commerce
L’action du ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, donne lieu à des appréciations différentes.
Dans sa parution du 30 septembre, L’Enquêteur revient sur l’« affaire Charfo ». Le quotidien présente une décision judiciaire comme un désaveu de l’administration et s’interroge sur ses conséquences politiques pour le ministre. Il appelle les responsables publics à répondre de leurs actes et insiste sur le respect de la légalité dans les décisions gouvernementales.
Le Nouveau Citoyen propose une lecture favorable de l’action ministérielle. Il met en avant la protection des consommateurs, la défense des producteurs nationaux, l’accompagnement du secteur privé et la stimulation de l’investissement. Pour cette publication, la politique commerciale doit contribuer à la production, à l’industrialisation et à la création d’emplois.
De la diplomatie aux préoccupations locales, cette semaine de presse fait apparaître plusieurs questions complémentaires : comment exercer la souveraineté, préserver le débat public et traduire les orientations nationales en résultats concrets pour la population ?
Source : revue de presse de RT Labari, du 28 septembre au 4 octobre 2026
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

