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Revue de presse nigérienne du 26 octobre au 1er novembre 2026 : crise des médias privés, ultimatum à la CNPC et affaire de Maradi à la une de la presse

revue de presse labari
Du 26 octobre au 1er novembre 2026, la presse nigérienne a placé au cœur de ses colonnes la crise économique qui frappe les médias privés. Elle s’est aussi fait l’écho de la riposte du Sahel au démenti tchadien, de l’ultimatum pétrolier adressé à la CNPC, de l’affaire du « sac de dollars » de Maradi, ainsi que d’un large débat sur la Refondation, la lutte contre l’impunité et la souveraineté nationale.

Les médias privés dans la tourmente
Le groupe de presse Bonferey a observé une grève de cinq jours. « Après la résilience, la descente aux enfers des médias », s’exclame l’hebdomadaire La Roue de l’Histoire Info, qui juge la situation économique des médias privés « plus que préoccupante » au Niger. Presse écrite, en ligne et audiovisuelle : aucune catégorie n’est épargnée par la morosité. Selon le journal, les entreprises de presse peinent désormais à couvrir les dépenses les plus élémentaires — salaires, factures d’eau et d’électricité, logistique.

Le climat qui règne au sein du groupe Bonferey est loin d’être un cas isolé, poursuit l’hebdomadaire. La majorité des employés travaillent sans contrat visé par l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE), pour des salaires inférieurs au travail fourni et qui ne tombent pas à terme échu. Une précarité qui pousse certains professionnels à quitter ce métier « pourtant noble » pour se reconvertir, du moins pour les plus chanceux.

Niamey–N’Djamena : « un démenti qui ne dément pas »
Dans son éditorial du 29 octobre, le quotidien public Le Sahel revient sur la réaction du gouvernement tchadien. Le journal ironise sur le président tchadien qui, selon lui, se découvre une âme de prédicateur chaque fois qu’il est mis en cause dans des manœuvres contre les intérêts du Niger, et qui a cette fois opté pour un démenti par voie de presse. Un texte jugé sans détail ni argumentation sérieuse, qualifié de « pâle copie » du communiqué nigérien. Le Sahel conclut :

« Dans tous les cas, les responsables de la nation nigérienne, lucides, dont le peuple ne fait point partie du nouvel empire colonial français, et qui distinguent clairement le peuple frère du Tchad, auquel le Niger reste attaché, de ses dirigeants sous pression, utiliseront tous les moyens nécessaires pour sécuriser et défendre le territoire national contre toute imposture et toute provocation, d’où qu’elle vienne. »

L’Algérie à Madama : choix pragmatique ou aveu d’échec ?
« L’Algérie déploie son armée à Madama : aveu d’échec ou nécessité géopolitique ? », s’interroge l’hebdomadaire Écho du Monde. Selon les analystes cités, la valeur stratégique de Madama tient à la surveillance des couloirs désertiques reliant le Tibesti tchadien, le Fezzan libyen et le Sahel, zone d’activité de groupes armés et de réseaux de contrebande. Le site se trouve à environ 263 kilomètres de la base d’Al-Wigh, liée aux forces du maréchal Haftar, et non loin d’une base militaire érigée en territoire tchadien avec l’appui de la France.

Pour le journal, si certains critiques parlent d’aveu d’échec, le choix de l’Algérie — voisin africain, ni ancien colonisateur ni dépourvu d’expérience opérationnelle — peut constituer pour Niamey une diversification pragmatique de ses partenariats sécuritaires, au-delà de l’Africa Corps russe. Reste, souligne Écho du Monde, à trouver les mots justes pour l’expliquer à ceux qui sont descendus dans la rue pour obtenir le départ de l’armée française.

Ultimatum pétrolier : « Niamey attend des virements, pas des proverbes »
À J-30 de l’échéance fixée par le gouvernement pour le rapatriement de 3 000 milliards de FCFA, le quotidien privé L’Enquêteur (29 octobre) passe au crible la mise au point de CNPC Niger, venue défendre son PDG, M. Zhang Yu, contre l’accusation de ne pas honorer les engagements du protocole de partenariat pétrolier signé en mai 2026. Pour le journal, ce plaidoyer laisse « un goût d’inachevé » sur la question centrale : où sont passés les flux financiers issus du brut nigérien ?

La compagnie a conclu sa défense par un proverbe chinois : « Quand on boit l’eau d’un puits, il ne faut pas oublier ceux qui l’ont creusé. » Une formule habile, mais teintée d’un « paternalisme hors de saison », rétorque L’Enquêteur : si la technologie chinoise a aidé à forer les puits, l’or noir d’Agadem appartient au sous-sol et au peuple nigériens. Le quotidien conclut :

« À 30 jours de l’échéance de l’ultimatum gouvernemental, Niamey n’attend pas des proverbes, mais des virements bancaires et le respect intégral des engagements signés. La souveraineté pétrolière se mesure aussi à la possibilité de contrôler les comptes. »

Affaire du « sac de dollars » de Maradi : 29 personnes poursuivies
Dans sa parution du 27 octobre, L’Enquêteur rapporte que la Cour d’État, saisie de l’affaire « Ministère public contre Zakari Oumarou et autres », a ordonné l’ouverture d’une information judiciaire contre 29 mis en cause et décerné des mandats d’arrêt contre une vingtaine d’entre eux, dont l’ex-gouverneur Zakari Oumarou et le découvreur plaignant.

Le quotidien fustige à la fois l’appétit des découvreurs, qui ne se seraient pas contentés de 170 millions de FCFA, et la voracité de hauts commis de l’État — gouverneurs, magistrats, administrateurs — accusés de s’être partagé le butin « dans l’arrière-boutique de la République ». En requalifiant les faits en association de malfaiteurs et recel de détournement de deniers publics, la Cour d’État met enfin, selon le journal, les mots justes sur une forfaiture longtemps couverte par l’omerta. L’Enquêteur conclut :

« Il ne suffit plus aujourd’hui de lancer des mandats d’arrêt, le peuple nigérien exige que chaque dollar englouti dans ce partage mafieux soit intégralement recouvré et que les coupables, quel que soit leur rang passé, répondent de leurs actes. »

La Refondation au cœur du débat
Opinion : le bimensuel interroge « l’illusion du temps constructiviste ». La gouvernance militaire repose sur la verticalité et le commandement, quand la refondation d’une nation exige délibération, médiation sociale et compromis civil. Le journal plaide pour un rééquilibrage pragmatique : réorganiser le calendrier, recentrer les priorités sur l’essentiel sécuritaire et réintroduire un dialogue politique inclusif, afin de faire de la Refondation une véritable alternative au système politique traditionnel.

Le Courrier : « Président Tiani, il vous reste à couper la tête du serpent », titre l’hebdomadaire. Pour lui, l’héritage qui plombe encore le décollage du pays a été bâti année après année par des individus qui se croyaient exonérés de toute reddition de comptes. La justice, écrit-il, est le levier à partir duquel tout se construit, et il n’y a pas d’autre solution que de s’attaquer aux vestiges de l’ancien système.

Le Canard en Furie : sous le titre « La Sainte Trinité de la Refondation », l’hebdomadaire satirique estime que le Niger doit se doter d’une boussole politique et morale affranchie des contingences politiciennes. La lutte contre la corruption et l’impunité exige, selon lui, un espace de droit où la loi s’applique avec la même rigueur du sommet à la base.

L’Actualité : l’hebdomadaire dénonce les convictions politiques « qui changent au gré des circonstances ». La Refondation appartient à l’ensemble du peuple nigérien et ne saurait être confisquée par quelques acteurs habiles à changer de discours. L’heure, écrit-il, est au travail, à la transparence et à l’obligation de résultat, chacun devant être évalué sur ses actes.

Le Baobab : dans un éditorial intitulé « Coopérer sans se soumettre », l’hebdomadaire défend une seule boussole face aux anciens comme aux nouveaux partenaires : l’intérêt national, librement défini et fermement défendu.

« À tous les pays, tendons une main franche, mais gardons les yeux ouverts, la parole libre et la maîtrise de notre destin. »

Énergie nucléaire : la HANEA et l’AIEA forment les cadres nigériens
Le bihebdomadaire Niger Times (27 octobre) rend compte d’un atelier organisé par la Haute Autorité nigérienne à l’énergie atomique (HANEA) avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Objectif : doter le Niger d’outils de planification de pointe pour anticiper ses besoins énergétiques et consolider sa souveraineté. L’atelier relève du projet de coopération technique NER2007, consacré au développement des infrastructures électronucléaires. En intégrant l’ensemble des ressources nationales, notamment l’uranium, la politique énergétique nationale vise la sécurité d’approvisionnement et l’indépendance énergétique du pays.

Retour du ministre de l’Intérieur à Niamey
L’hebdomadaire Le Visionnaire salue le retour à Niamey, le vendredi 23 octobre 2026, du ministre d’État, ministre de l’Intérieur, le général de division Mohamed Toumba, au terme d’un séjour médical à l’étranger. Un retour accueilli avec soulagement au sein de l’appareil sécuritaire et administratif comme parmi les populations. Figure centrale de la transition et de la politique sécuritaire du CNSP, le général Toumba reprend les rênes d’un département névralgique à un moment charnière pour la stabilité et la souveraineté du Niger.

Santé : rétablir la confiance entre soignants et patients
Dans sa rubrique santé du 29 octobre, Niger Times se penche sur la crise de confiance dans les structures de soins, l’attitude du personnel soignant étant de plus en plus décriée sur les réseaux sociaux. Pour le Dr Amadou Abdou, la solution passe par une réappropriation rigoureuse des dimensions fondamentales de la qualité des soins. Le journal rappelle aussi les défis structurels du système, notamment le coût et la complexité de l’entretien des équipements. Dans un contexte de Refondation où les citoyens prennent davantage conscience de leurs droits et devoirs, conclut Niger Times, la quête de l’excellence et de l’humanisme dans les soins doit devenir le combat de tout le corps médical nigérien.
Source : revue de presse de RT Labari
Boubé G. (Nigerdiaspora)

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