Nigeria : le prédicateur Yahaya Masussuka tué à Katsina, une enquête ouverte

Le Cheikh Yahaya Ibrahim Masussuka et son ami Adamu Abubakar ont été tués, lundi 26 octobre 2026, devant le domicile du prédicateur à Dutsin-Ma, dans l’État de Katsina, au nord du Nigeria. Les autorités ont ouvert une enquête. Ce meurtre rappelle aussi la place qu’occupent les prédicateurs nigérians dans la vie spirituelle de fidèles établis au Niger et au sein de la diaspora.
Selon le commandement de la police de Katsina, deux hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu sur les victimes avant de prendre la fuite. La police situe l’attaque vers 19 h 30. Transportés à l’hôpital, les deux hommes ont été déclarés morts par le médecin qui les a pris en charge.
Des équipes ont été déployées pour rechercher les assaillants et établir les circonstances du double meurtre.
Un enseignement centré sur le Coran
Installé à Dutsin-Ma, Yahaya Ibrahim Masussuka était connu pour son interprétation de l’islam privilégiant le Coran et ses critiques de certaines traditions liées aux hadiths. Ses positions avaient suscité des désaccords avec d’autres responsables religieux.
Selon le journal nigérian Premium Times, il avait également développé des activités éducatives et médiatiques, notamment à travers Qur’an TV/Radio et Masussuka International School. Il défendait la coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens.
Des enseignements suivis au-delà des frontières
Pour une partie des musulmans de la diaspora, les prêches de religieux nigérians constituent un lien régulier avec l’apprentissage et la pratique de leur foi. Écoutés à distance, notamment en haoussa, ces enseignements permettent de poursuivre une formation religieuse et de retrouver des repères familiers malgré l’éloignement.
Des personnalités comme le cheikh Aminu Ibrahim Daurawa ou le docteur Abdallah Usman Gadon Kaya comptent ainsi parmi les prédicateurs appréciés de fidèles vivant à l’étranger. Leurs auditeurs choisissent leurs enseignements selon leurs sensibilités et leurs attentes spirituelles.
Ce lien se prolonge parfois par des rencontres en Europe. Dans son édition du 21 avril 2025, Nigerdiaspora annonçait ainsi le « Belgium Tour », organisé par l’association Light of Guidance à la mosquée Masjid Fatha, à Anderlecht (Belgique). Aminu Ibrahim Daurawa figurait parmi les intervenants annoncés pour cette rencontre consacrée aux enseignements religieux et recueillement.
Ce précédent illustre la place de ces échanges dans la vie de la diaspora musulmane : les prédicateurs peuvent être des interlocuteurs suivis bien au-delà de leur pays d’origine, à travers leurs cours, leurs prêches et leurs déplacements.
Une revendication contestée par la famille
Concernant le meurtre de Masussuka, Premium Times a rapporté une revendication attribuée au groupe Ansaru. Toutefois, dans son reportage du 29 octobre, le journal précise que cette revendication n’a pas été authentifiée indépendamment et que la police n’a pas confirmé publiquement l’identité des assaillants.
De son côté, Daily Post rapporte que la famille, par la voix d’Abdurrashid Abdulkarim, conteste le message attribué au groupe et demande aux enquêteurs d’examiner les menaces antérieures visant le prédicateur. Ces déclarations restent des éléments à vérifier dans le cadre des investigations.
Le président nigérian Bola Tinubu a condamné les deux meurtres dans un communiqué publié le 27 octobre. Il a demandé à la police et aux services de sécurité d’intensifier leurs efforts pour identifier, arrêter et traduire les responsables en justice.
Boubacar Guédé. (Nigerdiaspora)

