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Regards croisés : À Bamako, des interrogations autour du rapprochement Niger - Algérie

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niger mali abdourahamane tiani et assimi goita reaffirment la dynamique de la confederation des etats du sahel 1
Dans les cercles d’observation politique à Bamako, le récent déplacement des autorités nigériennes à Alger suscite commentaires et interrogations. Sans provoquer de réaction officielle, cette séquence diplomatique nourrit néanmoins un débat feutré parmi certains analystes et citoyens maliens attentifs aux équilibres régionaux.

Le Niger, engagé au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Mali et du Burkina Faso, multiplie depuis plusieurs mois les initiatives diplomatiques. Présentée à Niamey comme une stratégie de diversification des partenariats, cette dynamique est parfois perçue différemment dans la capitale malienne.

Une lecture influencée par les tensions Mali–Algérie
Pour plusieurs observateurs, ces interrogations s’inscrivent dans un contexte sécuritaire encore sensible. En 2025, une grave crise diplomatique a opposé le Mali et l’Algérie après qu’un drone militaire malien a été abattu près de Tin Zaouatine, à proximité de la frontière algérienne — un incident dont Bamako conteste toujours l’interprétation.

Cet épisode avait entraîné le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque de l’espace aérien ainsi que des accusations maliennes d’« ingérence » ou de complaisance supposée envers des groupes opposés aux autorités de Bamako.

En septembre 2025, le Mali avait saisi la Cour internationale de justice (CIJ), qualifiant l’incident d’« agression ».

Entre souveraineté diplomatique et cohérence régionale
Dans ce climat encore marqué par la méfiance, la réactivation visible des liens entre Niamey et Alger interroge certains analystes maliens. Non pas tant sur le principe — la diplomatie demeurant l’expression légitime de la souveraineté des États — que sur ses implications potentielles au sein de l’AES.

Certaines voix évoquent le risque de lectures divergentes des priorités stratégiques régionales, à un moment où l’alliance sahélienne s’efforce d’affirmer une ligne politique et sécuritaire cohérente.

Des analyses plus nuancées
D’autres observateurs appellent toutefois à relativiser ces inquiétudes. Ils rappellent que la stabilité régionale repose aussi sur la multiplication des canaux de dialogue et des partenariats. Dans cette perspective, l’Algérie, acteur central du Maghreb et du Sahel, demeure un interlocuteur diplomatique et sécuritaire difficile à contourner.

Un débat révélateur des recompositions sahéliennes
Entre prudence et scepticisme, le débat reste discret mais révélateur d’une réalité plus large : au Sahel, chaque initiative diplomatique est désormais scrutée à l’aune des recompositions géopolitiques en cours.

Au-delà des perceptions, une certitude s’impose : l’évolution des relations entre États voisins continue de redessiner les lignes d’équilibre d’une région en quête de stabilité durable.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

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