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Niger : ouverture à Niamey du 1er Forum international sur les énergies renouvelables

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Niamey accueille depuis ce mardi 7 avril 2026 le premier Forum international sur les énergies renouvelables, couplé à la Journée nationale des énergies renouvelables, dans un contexte où le Niger entend accélérer sa transition énergétique pour soutenir son industrialisation et renforcer sa souveraineté. La rencontre a été officiellement lancée au Centre international des conférences Mahatma Gandhi par le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de délégations étrangères et d’acteurs du secteur énergétique.

Placée sous le thème « Quel modèle de transition énergétique pour un développement industriel durable au Niger ? », cette première édition met au cœur des échanges la question de l’accès à une énergie moderne, fiable et durable, mais aussi celle de la valorisation du potentiel national en ressources renouvelables. L’événement se veut également un hommage à la mémoire du Professeur Abdou Moumouni Dioffo, figure scientifique majeure du Niger, dont les travaux continuent d’inspirer la recherche et les politiques publiques dans le domaine énergétique.

Le choix du 7 avril comme Journée nationale des énergies renouvelables n’est pas anodin. Il renvoie à la mémoire du chercheur nigérien, disparu le 7 avril 1991, et reconnu pour son rôle pionnier dans le développement de la recherche appliquée aux énergies renouvelables au Niger. À travers cette commémoration, les autorités entendent à la fois célébrer un héritage scientifique national et encourager les jeunes générations à s’orienter vers les filières scientifiques.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a souligné que le thème retenu devait permettre de dégager, à partir d’analyses concrètes du déficit énergétique national et des ressources disponibles, des réponses réalistes et soutenables. L’objectif affiché par les autorités est clair : faire émerger des solutions capables de conduire le Niger, dans un délai raisonnable, vers une souveraineté énergétique devenue un impératif stratégique.

Ali Mahaman Lamine Zeine a rappelé que le gouvernement a déjà engagé plusieurs réformes structurantes dans cette perspective. Il a notamment cité la mise en œuvre de la stratégie nationale d’accès à l’électricité ainsi que l’adoption du Compact énergétique 2025, deux instruments présentés comme les piliers d’une politique visant à mobiliser davantage d’investissements, accélérer l’accès à l’électricité et accroître significativement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2030.

Au nom du Président de la République, chef de l’État, le Premier ministre a également lancé un appel appuyé à la jeunesse nigérienne, l’invitant à préserver et prolonger, par le savoir et l’engagement scientifique, l’héritage laissé par le Professeur Abdou Moumouni Dioffo.

Même tonalité du côté de la ministre de l’Énergie, Pr. Amadou Haoua, qui a présenté ce forum comme une étape historique dans le repositionnement énergétique du Niger. Selon elle, la rencontre offre une opportunité stratégique pour consolider l’engagement national en faveur d’un développement durable, résilient et inclusif, fondé sur l’essor des énergies renouvelables.

Pour la ministre, le message est sans ambiguïté : le Niger ne manque pas de ressources, mais doit désormais transformer son potentiel en levier concret de développement. Elle a insisté sur les atouts du pays en matière de solaire, d’éolien et de ressources hydriques, affirmant que le temps des diagnostics devait désormais céder la place à celui de l’action. Dans cette dynamique, elle a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers pour investir au Niger et accompagner la mutation du secteur.

Parmi les annonces marquantes de cette ouverture figure la création prochaine d’un organe dédié aux énergies renouvelables, destiné à mieux coordonner, accélérer et sécuriser les actions engagées dans ce domaine. Une décision qui traduit la volonté des autorités de structurer davantage la gouvernance du secteur à un moment où la transition énergétique devient un enjeu économique, industriel et géopolitique majeur.

En ouvrant cette rencontre à Niamey, les autorités nigériennes ont aussi voulu lui donner une portée régionale et diplomatique. Le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a salué les participants dans la capitale nigérienne, qu’il a présentée comme le berceau de la Confédération des États du Sahel. La cérémonie a réuni des ministres en charge de l’énergie des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que des représentants du Tchad, des ambassadeurs et plusieurs personnalités civiles et militaires.

Au-delà des discours officiels, la dimension mémorielle et éducative a fortement marqué cette séance inaugurale. Un documentaire consacré à la vie et aux réalisations du Professeur Abdou Moumouni Dioffo a été projeté à l’assistance, de même qu’un témoignage du Professeur Albert Wright sur la personnalité et l’œuvre du scientifique nigérien. Des prix d’excellence ont également été remis à des élèves du lycée scientifique des filles, du lycée d’excellence et du prytanée militaire, dans une volonté d’associer la jeunesse à cet hommage national.

Un poème et un slam dédiés au Professeur Abdou Moumouni Dioffo ont ensuite été présentés, avant que la visite des stands ne vienne clore la séance inaugurale. À travers cette première édition, le Niger cherche ainsi à poser les bases d’une réflexion plus structurée sur son avenir énergétique, en liant mémoire scientifique, ambition industrielle et impératif de souveraineté.
Avec l’ANP

Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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