Niger - OIM : renforcer la coopération face aux nouveaux enjeux migratoires

Le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, a reçu, jeudi 9 juillet 2026 à Niamey, la cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Niger, Ana Fonseca. L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré.
Au cœur des échanges : le renforcement de la coopération entre le Niger et l’OIM dans les domaines de la migration et de la mobilité. Membre de l’organisation depuis vingt ans, le Niger entend consolider un partenariat qui dépasse la seule gestion des flux migratoires pour intégrer les enjeux de développement, de protection des migrants et de résilience des communautés d’accueil.
Les discussions ont notamment porté sur la poursuite d’actions concrètes dans les différentes régions du pays, en coordination avec les autorités nationales et locales, les migrants et les communautés hôtes. Pour l’OIM, la mobilité doit également être considérée comme un facteur potentiel de développement, tant les questions migratoires touchent aujourd’hui des secteurs multiples et nécessitent une réponse transversale.
Cette coopération revêt une importance particulière pour le Niger. Par sa position géographique, le pays demeure l’un des principaux espaces de passage entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, sur des routes empruntées par de nombreux migrants qui cherchent à rejoindre l’Europe par la Méditerranée. Derrière ces mouvements se trouvent des réalités complexes : manque de perspectives économiques, instabilité, insécurité, mais aussi aspiration à une vie meilleure.
L’enjeu dépasse donc le contrôle des frontières. Il consiste aussi à protéger les personnes en mobilité, à lutter contre les réseaux de trafic et d’exploitation, à développer des voies de migration régulière et, surtout, à agir sur les causes profondes qui poussent tant de jeunes Africains à entreprendre des parcours extrêmement dangereux. Pour le Niger, pays de départ, d’accueil, de retour et surtout de transit, la gouvernance migratoire reste ainsi un défi humain, économique, sécuritaire et diplomatique majeur.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

