Niger - Nations Unies : le PNUD réaffirme son soutien aux priorités de la Refondation

La visite à Niamey de Haoliang Xu, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Administrateur adjoint du PNUD, a donné lieu à des échanges avec les autorités nigériennes sur la coopération au développement et la cohésion sociale. Reçu par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, le haut responsable onusien a réaffirmé la volonté des Nations Unies d’aligner leur accompagnement sur les priorités nationales définies notamment dans le Programme de la Refondation de la République 2025-2029.
Coopération et priorités nationales au menu des échanges
Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a reçu, mardi 11 août 2026 à Niamey, une délégation du système des Nations Unies conduite par Haoliang Xu, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Administrateur adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Élargie à plusieurs membres du gouvernement, la rencontre a permis de passer en revue la coopération entre le Niger et le système des Nations Unies, mais également les avancées enregistrées et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des priorités nationales.
À l’issue des échanges, Haoliang Xu a notamment insisté sur la nécessité d’aligner l’appui international sur les orientations définies par le Niger. Il a réaffirmé l’engagement du système des Nations Unies à accompagner le pays dans la réalisation de ses propres choix de développement.
Cette orientation rejoint la volonté des autorités nigériennes de placer les partenariats extérieurs dans le cadre des priorités établies par le Programme de la Refondation de la République (PRR) 2025-2029.
Une dynamique économique également évoquée
Les discussions ont également porté sur la situation économique du Niger. Haoliang Xu a relevé les progrès enregistrés en matière de mobilisation des ressources intérieures ainsi que les investissements engagés, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.
Le responsable onusien a également souligné la vigueur de la croissance économique. Les dernières projections du Fonds monétaire international publiées en juin 2026 situent celle-ci à 7 % en 2026, après 6,9 % en 2025, principalement sous l’effet de l’agriculture et du secteur extractif.
Le FMI souligne toutefois que les perspectives économiques restent exposées à plusieurs risques, notamment sécuritaires et climatiques.
La cohésion sociale au centre d’une seconde séquence
La présence de Haoliang Xu à Niamey a également coïncidé avec la tenue d’une table ronde consacrée au renforcement de la cohésion sociale, initiée par le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Cette rencontre s’inscrit dans la préparation d’un programme national de cohésion sociale, avec la perspective d’une feuille de route triennale. L’objectif affiché est de mieux coordonner les interventions de l’État et de ses partenaires plutôt que de multiplier les initiatives isolées.
Les discussions ont notamment porté sur la possibilité de mettre en place une architecture de partenariat de type fonds commun multipartenaire. Le mécanisme envisagé devrait permettre une meilleure programmation des interventions ainsi qu’un suivi des ressources mobilisées, avec des dispositifs d’audit, de reddition des comptes et de retour d’information.
Il s’agit donc, à ce stade, d’une démarche en construction et non d’un fonds déjà opérationnel.
Prévenir les fractures sociales
Selon les informations présentées lors de la table ronde, la démarche s’appuie notamment sur une étude pilote consacrée à la perception de la cohésion sociale dans les régions de Tahoua, Tillabéri et Maradi.
Pour les autorités, l’enjeu consiste à renforcer la prévention des fractures sociales plutôt que d’avoir à en gérer ultérieurement les conséquences. Le gouvernement entend assurer le portage politique du futur programme et favoriser son intégration progressive dans la planification de l’État, tout en associant les collectivités territoriales.
Les interventions ont également mis l’accent sur les jeunes, les femmes et les populations affectées par les déplacements, dans un contexte où les vulnérabilités sociales et économiques peuvent accentuer les tensions au sein des communautés.
Au-delà de la mobilisation des financements, les échanges de Niamey posent ainsi la question centrale de la coordination entre priorités nationales et coopération internationale. La prochaine étape sera de traduire les orientations annoncées en mécanismes opérationnels, avec des résultats mesurables et une traçabilité des ressources engagées.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

