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Niger : le gouvernement accuse le Tchad d’une frappe de drone à Agadez

Abari Amitti Aboubacar niger le gouvernement accuse le tchad dune frappe de drone a agadez
Le gouvernement nigérien accuse le Tchad d’avoir mené, avec l’appui de la France, une frappe de drone sur la zone d’Emi Loulou, dans la région d’Agadez, dans la nuit du 24 octobre 2026. Bilan : deux civils tués, des blessés et des véhicules endommagés. Niamey convoque l’ambassadeur tchadien, saisit l’ONU et l’Union africaine, réclame une enquête internationale indépendante et, invoquant l’article 51 de la Charte des Nations unies, se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre le territoire.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité du communiqué ainsi que la vidéo de sa lecture sur les antennes de la Télévision nationale (RTN) lu par le journaliste Abari Amitti Aboubacar.

Communiqué officiel du gouvernement de la République du Niger portant agression contre l’intégrité territoriale de la Nation
Le gouvernement porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que, le 24 octobre 2026, vers 1 heure du matin, le territoire national a été la cible d’une frappe aérienne par drone, menée depuis le territoire du Tchad, dans la zone d’Emi Loulou, région d’Agadez, avec l’appui d’une puissance étrangère, la France.

Cette frappe a causé la mort de deux civils et fait des blessés. Elle a également endommagé des véhicules.

Le gouvernement s’incline devant la mémoire des victimes, présente ses condoléances émues à leurs familles et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Les investigations conduites par nos Forces de défense et de sécurité et par les autorités judiciaires ont permis d’établir, sur la base d’éléments matériels et techniques concordants, l’origine de cette frappe. Ces éléments seront mis à la disposition des instances internationales compétentes.

Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cet acte d’agression, qui constitue une violation flagrante de la souveraineté nationale, de l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies et des principes fondateurs de l’Union africaine.

Cet acte ne saurait être dissocié d’un contexte connu de tous. Depuis plusieurs mois, le Tchad s’est inscrit dans une démarche hostile à l’égard de notre pays et offre une profondeur stratégique à des mercenaires qui s’attaquent à nos populations ainsi qu’à nos infrastructures stratégiques et énergétiques.

Le gouvernement dispose d’éléments attestant que cette entreprise de déstabilisation bénéficie du soutien de certaines puissances étrangères, et attend des États concernés des clarifications publiques et sans ambiguïté.

En conséquence, le gouvernement a décidé :

  1. De convoquer l’ambassadeur du Tchad pour lui notifier une protestation solennelle ;
  2. De saisir le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ;
  3. De demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, à laquelle il apportera son plein concours ;
  4. D’informer ses partenaires et alliés et de les appeler à la solidarité que commande leur engagement ;
  5. De renforcer le dispositif de surveillance et de protection de l’espace aérien et des zones frontalières.

Le gouvernement tient le Tchad pour entièrement responsable de cet acte et de ses conséquences. Il exige la cessation immédiate de toute action hostile et la réparation des préjudices subis.

Fidèle à sa tradition de paix et de bon voisinage, notre pays ne cherche pas l’affrontement. Il distingue clairement le peuple frère du Tchad, auquel il reste attaché, des choix de ses dirigeants. Mais qu’il soit entendu pour tous que la retenue n’est pas la faiblesse.

Conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies, notre pays se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa population, son territoire et ses intérêts vitaux.

Le gouvernement prend à témoin la communauté internationale : le silence face à une agression caractérisée serait une complicité de fait. Il appelle tous les États attachés au droit international à condamner sans équivoque ces actes.

Le gouvernement invite la population au calme, à la vigilance et à l’unité nationale autour des Forces de défense et de sécurité, dont il salue l’engagement. Il appelle chacun à ne relayer que les informations officielles.
La souveraineté de la Nation n’est pas négociable.


Source : RTN 
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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