Niger : l’Algérie envoie Ahmed Attaf à Niamey avec une lettre de Tebboune au Général Tiani

Le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, a remis mercredi 4 novembre au Général d’armée Abdourahamane Tiani un message écrit du Président Abdelmadjid Tebboune. Reçu à Niamey en qualité d’envoyé spécial, il a salué l’essor de la coopération entre les deux pays et plaidé pour une action commune en faveur de la stabilité du Sahel. Le ministre nigérien du Pétrole et la directrice générale de la SONIDEP ont pris part à ses entretiens avec son homologue Bakary Yaou Sangaré.
Tebboune se dit satisfait du niveau des relations avec Niamey
C’est dans l’après-midi que le Président Tiani a reçu Ahmed Attaf, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines. La lettre qu’il apportait exprime la satisfaction du chef de l’État algérien face au niveau atteint par les relations bilatérales, dans leurs différents domaines. Abdelmadjid Tebboune y réaffirme sa détermination à poursuivre, avec son homologue nigérien, le travail de consolidation et d’approfondissement de ces liens.
Autour du chef de l’État siégeaient le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, le ministre directeur de cabinet du Président et porte-parole du Gouvernement, Dr Boubacar Soumana, ainsi que le conseiller diplomatique Adani Illo. Deux sujets ont dominé les échanges : la coopération bilatérale et la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien.
« Une grande partie de l’audience qui m’a été accordée par son excellence a été consacrée à nos relations de coopération », a indiqué Ahmed Attaf, qui a présenté la lettre comme venant du Président Tiani « de la part de son frère, le Président Abdelmadjid Tebboune ».
Depuis la visite de Tiani à Alger, une coopération en accélération
Pour le ministre algérien, la visite d’État du Président Tiani à Alger a servi de déclencheur. Depuis, a-t-il affirmé, la coopération entre les deux voisins connaît une dynamique sans précédent, et les possibilités ouvertes sont désormais exploitées concrètement « à l’avantage de nos deux pays et au bénéfice de nos deux peuples frères ».
Cette lecture algérienne confirme le rapprochement engagé entre Niamey et Alger, deux pays qui partagent une longue frontière saharienne et des intérêts directs dans la sécurisation de cet espace.
Pétrole : le ministre Hamadou Tini et la SONIDEP à la table
Au ministère des Affaires étrangères, l’entretien entre Ahmed Attaf et Bakary Yaou Sangaré a porté sur l’amitié et la coopération entre les deux pays, et sur les pistes de renforcement dans plusieurs domaines d’intérêt commun. La composition de la délégation nigérienne mérite attention : le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, et la directrice générale de la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), Mme Oumarou Fatoumata Marafa Salifou, y assistaient, aux côtés de l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Saadi Ahmed.
Leur présence laisse penser que le secteur pétrolier figure parmi les chantiers discutés, même si aucun détail n’a été rendu public sur d’éventuels engagements dans ce domaine.
Faire du Sahel un « centre de prospérité » plutôt qu’un foyer de crises
Sur le plan régional, Ahmed Attaf a placé la sécurité au cœur de la convergence entre les deux capitales. Le Sahel, a-t-il rappelé, reste traversé par des foyers de tension, de crise et des conflits. Face à cette situation, le Niger et l’Algérie partagent selon lui la même volonté d’apporter « leur contribution sincère, leur contribution en confiance à la stabilité, à la sécurité » de cet espace qu’il qualifie de « sphère d’appartenance ».
L’objectif affiché par le diplomate est de transformer cette zone « de foyer de crises en foyer de paix » et de la sortir du dénuement et de la précarité pour en faire un « centre de prospérité et centre de développement ».
« Le Niger et l’Algérie se rejoignent sur beaucoup de questions communes, de défis communs, et d’ambitions communes », a-t-il ajouté, invoquant une « histoire glorieuse » que les deux pays entendent prolonger ensemble.
Concertation renforcée sur les dossiers régionaux et continentaux
Au-delà des déclarations, Niamey et Alger affichent la volonté de mieux coordonner leurs positions sur les questions régionales et continentales. Reste désormais à voir comment cet élan se traduira en accords concrets, notamment dans l’énergie et la sécurité frontalière, deux domaines où les intérêts des deux voisins se rejoignent le plus directement.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

