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Niger : après le drame de Madaoua, l’État renforce le contrôle des sociétés de transport

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Quatre jours après la collision entre deux bus de STM et SONITRAV à Doukou Doukou, dans le département de Madaoua, qui a fait 22 morts et 37 blessés, le gouvernement nigérien durcit le ton sur la sécurité du transport de voyageurs. Réunis le 11 août 2026 à Niamey, les responsables des compagnies ont été appelés à renforcer le contrôle de leurs véhicules et de leurs conducteurs. Des audits et des contrôles inopinés sont annoncés, tandis que les sanctions pourront aller jusqu’au retrait de l’agrément lorsqu’une responsabilité sera établie dans un accident grave.

Après STM et SONITRAV, toute la profession interpellée
« Ce qui s’est passé ne doit jamais se reproduire. » C’est par ces mots que le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le colonel-major Abdourahamane Amadou, a interpellé les responsables des sociétés de transport de voyageurs réunis mardi 11 août 2026 à Niamey.
La rencontre intervient après le grave accident survenu le vendredi 7 août à Doukou Doukou, dans le département de Madaoua, région de Tahoua. Deux bus appartenant aux compagnies STM et SONITRAV sont entrés en collision. Le bilan communiqué par les autorités fait état de 22 morts et 37 blessés.
Les responsables des deux compagnies avaient été reçus la veille, le 10 août, par le ministre. La réunion du 11 août a élargi les discussions à l’ensemble des sociétés de transport de voyageurs exerçant sur le territoire national.
À ce stade, le fait que des véhicules de STM et SONITRAV soient impliqués dans l’accident ne signifie pas que la responsabilité de l’une ou l’autre société est juridiquement établie. Les mesures présentées lors de la rencontre concernent l’ensemble de la profession.

Le comportement humain pointé parmi les causes récurrentes
Lors de la réunion, Abdourahamane Amadou a insisté sur le poids du facteur humain dans les accidents de la circulation. Le ministre a notamment cité, de manière générale, la vitesse excessive, le non-respect des temps de repos, la fatigue au volant, les dépassements dangereux et l’indiscipline des conducteurs.
Il a également dénoncé certains comportements observés dans le secteur, notamment le fait de fumer, de préparer ou de consommer du thé pendant la conduite.
Ces déclarations portent sur les pratiques à risque dans le transport routier en général. Elles ne permettent pas, en l’absence de conclusions d’enquête communiquées, d’attribuer l’accident du 7 août à l’un de ces facteurs.
Pour le ministre, la responsabilité des entreprises ne se limite toutefois pas à l’état de leurs véhicules. Elles doivent également veiller aux conditions de recrutement, à la qualification et au contrôle de leurs conducteurs ainsi qu’au respect des temps de conduite et de repos.
« Le comportement d’un chauffeur engage la responsabilité de son employeur », a-t-il rappelé aux transporteurs.

Audit des flottes et responsable sécurité sous quinze jours
Le ministère a demandé aux sociétés de prendre plusieurs mesures immédiates.
Chaque entreprise devra procéder à un audit interne de sa flotte et de la situation de ses conducteurs, puis transmettre aux services du ministère la liste des véhicules en circulation.
Les compagnies devront également désigner sous quinze jours un responsable sécurité et signer un engagement écrit de conformité à la réglementation en vigueur.
Le ministère a parallèlement rappelé aux transporteurs leurs obligations réglementaires, notamment le maintien des véhicules en bon état technique, leur passage au contrôle technique périodique, le recrutement de conducteurs qualifiés, le respect des temps de conduite et de repos ainsi que la souscription des assurances obligatoires couvrant les passagers.
Il s’agit donc, pour plusieurs de ces dispositions, d’obligations déjà existantes dont les autorités entendent renforcer le respect et le contrôle, et non de règles entièrement nouvelles.

Des contrôles renforcés et inopinés
Le dispositif annoncé doit être accompagné de contrôles plus fréquents sur les grands axes routiers et dans les gares.
Ces opérations seront conduites conjointement par le ministère des Transports et de l’Aviation civile, l’Agence nigérienne de sécurité routière (ANISER), la Gendarmerie nationale et la Police nationale.
Le gouvernement entend ainsi vérifier plus systématiquement le respect des obligations applicables aux véhicules, aux conducteurs et aux entreprises de transport.

Des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément
Le ministre a surtout prévenu que les rappels à l’ordre ne suffiraient plus.
Selon le communiqué du ministère, toute société dont la responsabilité serait établie dans un accident graves’exposera, en fonction de la gravité du manquement constaté, à une gradation de sanctions pouvant aller de l’avertissement au retrait de l’agrément d’exploitation, sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires.
Aucune de ces sanctions n’est présentée, à ce stade, comme ayant été prononcée contre STM ou SONITRAV dans le cadre de l’accident du 7 août.
En parallèle de ce renforcement annoncé des contrôles, le ministère prévoit un cadre de dialogue régulier avec les organisations de transporteurs et la poursuite du programme national de sensibilisation à la sécurité routière. Les représentants des sociétés présents à la réunion se sont, selon le ministère, engagés à se conformer aux mesures demandées.
Après les 22 décès et 37 blessés de Doukou Doukou, l’enjeu dépasse désormais les déclarations d’intention. L’efficacité du dispositif dépendra de la régularité des contrôles, de l’application effective des obligations existantes et, lorsque des manquements seront établis, de la mise en œuvre des sanctions prévues.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

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