Mobilisation générale décrétée par le Président : le CCR à la rencontre des forces vives à Tahoua, Dosso et Tillabéri

Du fleuve Niger à l’Ader, en passant par le Boboye, le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) a engagé une vaste mission d’information et de sensibilisation sur la mobilisation générale décrétée par le Président de la République le 26 décembre 2025. À Tahoua, Dosso et Tillabéri, les délégations du CCR ont multiplié les rencontres avec les autorités administratives, coutumières, religieuses et les différentes couches socioprofessionnelles afin d’expliquer le rôle de l’institution et de renforcer l’adhésion citoyenne.
Tahoua, « capitale de la refondation », réaffirme son engagement
Séjournant dans la région depuis le 25 février 2026, la mission conduite par la 7ᵉ vice-présidente du bureau du CCR, Pr Saddi Nana Aïcha, a rencontré le 26 février les autorités régionales et les représentants des forces vives à l’Hôtel de Ville de Tahoua.
Le Gouverneur de la région, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, s’est félicité d’accueillir cette délégation « dans la capitale de la refondation ». Il a rappelé que, depuis l’annonce de la mobilisation générale, Tahoua s’est levée « comme un seul homme » pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS), engagées sur le terrain pour garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Qualifiant la mission du CCR d’« historique, pédagogique et unificatrice », le Gouverneur a insisté sur l’union sacrée autour de la défense nationale, soulignant que celle-ci ne relève pas uniquement des militaires mais de l’ensemble des citoyens. Il a également attiré l’attention sur les dangers de la désinformation.
Prenant la parole, Pr Saddi Nana Aïcha a transmis les salutations des plus hautes autorités et rappelé la vision de la refondation portée par le Chef de l’État, avec l’appui du CNSP. Selon elle, la mobilisation générale n’a pas vocation à inquiéter ou contraindre, mais à informer, organiser et anticiper les menaces, dans le respect de la souveraineté, de la paix et de l’unité nationale.
Elle a défini le CCR comme une institution au rôle pédagogique et rassembleur, « qui parle au nom de l’État avec le langage du peuple », mobilisant sans diviser et informant sans créer la psychose.
À Dosso, la mobilisation présentée comme un « contrat social »
Le même jour, à Dosso, une mission conduite par Dr Cheik Hassane Abdoulaye, secrétaire de la commission Justice et Droits de l’Homme du CCR, a animé une réunion de sensibilisation en présence des autorités administratives, coutumières, religieuses et des structures de jeunesse.
Le Gouverneur de la région, le Colonel-Major Bana Alhassane, a présenté la mobilisation générale comme un véritable contrat social engageant chaque citoyen à contribuer à la protection de l’intégrité du territoire et des intérêts vitaux de la nation. Il a salué le professionnalisme des FDS, évoquant notamment la mise en échec d’une tentative d’infiltration de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey en janvier dernier.
Mme Salifou Safiatou, conseillère au CCR, a détaillé la composition de l’institution, forte de 194 conseillers issus de toutes les régions, dont 38 femmes. Elle a insisté sur la vigilance citoyenne et le renseignement responsable, mettant en garde contre les rumeurs et les discours de division. La cohésion sociale, a-t-elle souligné, ne doit en aucun cas se transformer en suspicion entre communautés.
Les échanges avec l’assistance ont permis de clarifier les modalités de la mobilisation et de dissiper certaines inquiétudes, notamment sur les questions de réquisition et d’indemnisation. Plusieurs participants ont exprimé leur volonté de relayer les messages du CCR au sein de leurs communautés.
Tillabéri : renforcer le lien entre l’État et les citoyens
À Tillabéri, la mission du CCR a rencontré les autorités administratives, les chefs traditionnels et religieux, les responsables des FDS, ainsi que les représentants de la société civile et de la jeunesse.
Le président de la Commission Économie et Développement durable du CCR, Dr Abdoul Karim Dodo Boukari, a rappelé que l’institution, créée par ordonnance le 10 avril 2025, a pour mission de donner des avis au Gouvernement et au CNSP sur les projets de textes, et peut également s’auto-saisir de toute question d’intérêt national.
Il a mis en avant la place centrale du CCR dans l’architecture institutionnelle actuelle, en tant que cadre d’expression des différentes composantes de la société. Les recommandations issues de ses travaux, a-t-il précisé, contribuent à l’amélioration de l’action publique et au renforcement d’une gouvernance plus inclusive.
Le 1er vice-président du CCR, Pr Issoufou Katambé, a rappelé que la mission vise à faire connaître l’institution et à préparer, avec les populations, les conditions d’une mobilisation effective. « Nous sommes venus vous écouter », a-t-il déclaré, insistant sur l’adhésion à la base comme condition de réussite.
Le Gouverneur de Tillabéri, le Colonel Maïna Boukar, a salué cette initiative et réaffirmé l’engagement de la région à relayer le message jusqu’au dernier village.
Une mobilisation présentée comme préventive et collective
Dans les trois régions, le message central demeure le même : la mobilisation générale est une mesure préventive et exceptionnelle, visant à anticiper les menaces et à coordonner les efforts nationaux pour préserver l’intégrité du territoire et consolider la souveraineté nationale.
Au-delà des discours officiels, ces rencontres ont servi de cadres d’échanges directs avec les populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et informationnels. Le CCR entend ainsi renforcer le dialogue entre l’État et les citoyens, en promouvant discipline civique, vigilance et solidarité nationale.
À l’issue des différentes rencontres, les autorités régionales ont insisté sur la responsabilité partagée de chaque Nigérien dans la réussite de la refondation : « Chaque citoyen est une sentinelle de la patrie ».
Avec l’ANP
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)