Mines au Niger : souveraineté, diversification et transformation au cœur de la vision du ministre Ousmane Abarchi

À travers son intervention dans Le Grand Entretien de la Radio Télévision du Niger (RTN), le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane, ministre des Mines, a livré une intervention dense et structurée, revenant sur près de deux années d’actions à la tête de son département. Entre affirmation de la souveraineté nationale, diversification des ressources et ambition de transformation locale, cette prise de parole s’inscrit dans une dynamique de refondation du secteur minier nigérien.
Dès l’entame de son intervention, le ministre a tenu à replacer la question minière dans une perspective globale, soulignant que le sous-sol nigérien constitue une véritable bénédiction. Des massifs du Liptako aux bassins sédimentaires du Nord, le Niger dispose d’un potentiel exceptionnel en uranium, en or, en charbon, en fer, en phosphates, en cuivre et en lithium. Toutefois, il a reconnu que cette richesse reste encore insuffisamment valorisée, en raison notamment d’un déficit historique dans la connaissance du potentiel minier.
Dans son analyse, le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane a insisté sur une rupture engagée depuis 2023, visant à renforcer la souveraineté du Niger sur ses ressources naturelles. Cette orientation se traduit par une réforme du cadre légal, une meilleure mobilisation des recettes et une présence accrue de l’État dans la gestion du secteur. Il a ainsi indiqué que les recettes directes issues des activités minières ont connu une progression significative, passant de 6,2 milliards de francs CFA en 2024 à plus de 18 milliards en 2025, traduisant une amélioration de la gouvernance.
Au cœur de cette stratégie, la question de la diversification occupe une place centrale. Longtemps dominé par l’uranium, le secteur minier nigérien amorce une ouverture vers d’autres ressources, notamment l’or, le cuivre, le charbon et les phosphates. Le ministre a souligné que cette diversification est indispensable pour réduire la dépendance du pays et renforcer sa résilience économique. L’or, en particulier, apparaît comme un levier immédiat, avec une production déclarée de plus d’une tonne et demie en 2025, pour une valeur estimée à plus de 100 milliards de francs CFA.
Parallèlement, l’intervention du ministre a mis en lumière une ambition structurante : celle de transformer localement les ressources minières. Il a annoncé la mise en place prochaine d’une raffinerie d’or, accompagnée d’un projet de transformation en bijoux et en produits à valeur ajoutée. Cette orientation marque un tournant stratégique, visant à rompre avec un modèle d’exportation brute des matières premières et à inscrire le Niger dans une logique industrielle.
Le ministre a également abordé la question sensible de l’orpaillage et de l’exploitation artisanale. Il a reconnu l’importance économique de ce secteur, qui génère des milliers d’emplois, tout en soulignant la nécessité de mieux l’encadrer. La mise en place de comptoirs d’achat officiels et la réflexion sur un guichet fiscal unique visent précisément à capter une plus grande part des ressources qui échappent encore au circuit formel.
Sur le plan des défis, le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane a identifié plusieurs axes majeurs, notamment la gouvernance, la connaissance du potentiel minier, la transformation des ressources et la préservation de l’environnement. Il a particulièrement insisté sur les enjeux environnementaux liés à l’exploitation passée, affirmant que de nouvelles exigences ont été introduites, notamment l’obligation de constituer des fonds de réhabilitation avant toute exploitation.
L’intervention a également mis en avant les efforts consentis en matière de formation et de renforcement des capacités nationales. La réhabilitation de l’École des Mines de l’Aïr et les projets de création de nouveaux centres de formation traduisent une volonté de préparer une nouvelle génération de cadres capables de porter le développement du secteur.
Dans une perspective régionale, le ministre a évoqué la coopération avec les pays de l’Alliance des États du Sahel, notamment en vue d’harmoniser les législations minières et de développer des projets communs. Cette approche traduit une volonté de mutualiser les expériences et de renforcer le poids stratégique de la région sur la scène internationale.
En conclusion de son intervention dans Le Grand Entretien de la RTN, le ministre des Mines a lancé un appel à la confiance et à l’engagement des Nigériens, en particulier des jeunes et des opérateurs économiques. Il a insisté sur la nécessité pour le Niger de compter sur ses propres forces et de transformer son potentiel minier en véritable moteur de développement économique et social.
Dans cette dynamique, la vision portée par le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane s’inscrit dans une volonté affirmée de rupture avec les pratiques passées, avec pour ambition de faire des ressources naturelles un levier durable de souveraineté et de prospérité nationale.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)
Pour approfondir cette analyse, retrouvez l’intégralité de l’entretien du Ministre.

