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Grande irrigation au Niger : l’ONAHA dénonce un acte illégal sur l’aménagement hydro-agricole de Saga

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grande irrigation au niger lonaha denonce un acte illegal sur lamenagement hydro agricole de saga 1À Saga, dans le 4e arrondissement communal de Niamey, un incident grave vient rappeler la fragilité des aménagements hydro-agricoles face aux pratiques illégales. Sur une parcelle de 0,25 hectare, intégrée à l’aménagement hydro-agricole de la zone, une activité d’extraction de gravier a été menée au point de transformer l’espace cultivable en véritable carrière. Pour l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA), il s’agit d’une atteinte directe à la vocation agricole du site et d’un acte aux conséquences lourdes pour les exploitants voisins.

Le constat a été effectué lundi 2 mars 2026, lors d’une visite de terrain conduite par le Directeur de l’Exploitation et le Directeur régional de l’ONAHA, venus mesurer l’ampleur des dégâts. Sur place, les responsables ont observé une dégradation avancée de la parcelle concernée, mais aussi des effets collatéraux sur l’environnement immédiat de l’aménagement.

Au-delà de la surface directement touchée, les dommages relevés concernent également les parcelles voisines. Selon les responsables de l’ONAHA, l’excavation réalisée a modifié l’écoulement de l’eau, provoquant une convergence des eaux vers le bassin artificiellement créé. Une telle perturbation affecte non seulement l’équilibre de l’aménagement, mais compromet aussi le fonctionnement agricole de plusieurs parcelles environnantes. À cela s’ajoute une altération de la structure du sol, aggravée par le passage répété d’engins lourds et de camions sur un espace initialement destiné à la production.

Pour les responsables de l’Office, cette situation intervient à un moment particulièrement sensible. Alors que le programme de grande irrigation est présenté comme un levier central pour renforcer la production agricole et soutenir l’objectif de souveraineté alimentaire, la transformation d’une terre aménagée en zone d’extraction minérale apparaît comme une rupture grave avec la finalité même de ces investissements publics.

Le Directeur d’exploitation de l’ONAHA, Sabiou Ibrahim, a dénoncé sur place une action de destruction visant un espace dont la vocation est clairement agricole. Dans son appréciation, l’utilisation d’une pelle hydraulique pour extraire du gravier constitue une pratique en contradiction avec les efforts engagés pour réhabiliter les anciennes terres aménagées et développer de nouveaux périmètres. Son propos replace l’affaire dans un cadre plus large : celui d’un pays engagé dans une politique de consolidation de sa base productive agricole, où chaque hectare aménagé représente un enjeu économique et social concret.

Même tonalité du côté du Directeur général de l’ONAHA/Niamey, Abdourahamane Roufaï, qui évoque une pratique réalisée par un exploitant en lien avec un extracteur de gravier, avec l’accord du président de la coopérative et du président de la section 3. Dans ses explications, il insiste sur la gravité des dégâts déjà visibles : déformation du terrain, désorganisation hydrique, dégradation de la structure du sol et changement complet de l’usage du site. Ce qui devait relever d’une activité agricole a, selon lui, été détourné vers une logique d’exploitation minière informelle.

L’élément le plus préoccupant, dans cette affaire, réside aussi dans les conditions du démarrage de l’activité. Selon les informations communiquées, l’extraction aurait commencé le 12 février 2026, à l’insu de la direction générale de l’ONAHA. Cette durée d’exploitation, même relativement courte, aura donc suffi à provoquer des dommages suffisamment visibles pour alerter les autorités techniques.

Le dossier met en lumière une tension majeure : celle qui oppose l’effort de mise en valeur agricole à des pratiques opportunistes qui détournent les terres de leur vocation. Dans un contexte où les aménagements hydro-agricoles sont conçus pour soutenir les ménages, sécuriser la production et améliorer les rendements, toute dégradation de ce type dépasse le simple cadre d’un litige local. Elle touche à la protection des outils de production et, plus largement, à la crédibilité des politiques agricoles engagées.

L’ONAHA a d’ores et déjà pris position avec fermeté. L’institution dénonce un acte illégal et annonce que les auteurs et complices devront répondre de leurs actes devant les autorités compétentes. Le message est clair : il s’agit d’empêcher que de telles pratiques ne s’installent ou ne se banalisent sur des terres aménagées au prix d’efforts importants.

L’affaire de Saga pose ainsi une question de fond : comment protéger durablement les infrastructures et les périmètres hydro-agricoles contre les détournements d’usage ? Car derrière une parcelle de 0,25 hectare, c’est toute la logique de préservation des terres productives qui est interpellée. Lorsque des espaces destinés à nourrir, produire et faire vivre des ménages sont transformés en carrière de gravier, c’est la fonction même de l’aménagement qui vacille.

À Saga, le constat dressé par l’ONAHA sonne donc comme un avertissement. La défense des aménagements hydro-agricoles ne relève pas seulement de la technique ou de l’administration. Elle engage aussi la responsabilité collective face à un impératif devenu central : préserver les terres utiles à la production, à l’emploi rural et à l’avenir agricole du Niger.
Boubé G. (Nigerdiaspora)

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