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CNPC, SORAZ et WAPCO/NIGER : Finalement, le modèle chinois de coopération économique est-il si différent de celui de l’Occident impérialiste ?

Mines et petrole NigerLongtemps, en Afrique, en général, au Niger en particulier, l’on n’avait cessé de pourfendre le modèle occidental de coopération économique qui reposait sur une forme déguisée de pillage de masses des ressources naturelles du continent africain. C’était, en quelque sorte, la transposition du capitalisme bourgeois du 19ème siècle que dénonçait le génial Karl Marx dans son monumental ouvrage, ‘’Le Capital’’, à l’échelle planétaire, entre les nations dites ‘’Have’’ (riches) et les nations appelées ‘’Have not’’ (pauvres). C’est cette forme d’exploitation capitaliste que l’Occident va imposer aux pays africains dans le pillage des immenses et variées ressources naturelles au profit de ses industries manufacturières. On a vu ce que tout cela a pu causer sur le continent en termes de pauvreté et de dégradation de l’environnement. Alors, les regards africains se sont tournés vers de nouveaux modèles de partenariat économique, principalement le modèle chinois qui prétendait se fonder sur le principe du ‘’Win-Win’’ (Gagnant-Gagnant). Au Niger, les richesses du sous/sol du pays ont été livrées aux investisseurs chinois dans le secteur pétrolier. Après plus d’une décennie d’exploitation pétrolière, le constat final qui se révèle est au désenchantement du peuple nigérien, car, au bout du compte, l’on se rend compte que les Chinois ne sont pas si différents des Occidentaux dans leur rapport aux ressources naturelles nationales. En plus avec l’exploitation de l’or noir par des sociétés chinoises, aucune avancée majeure pour le Niger en termes de bienêtre social individuel et collectif. Pire, l’investisseur chinois se sera montré plus prédateur que son prédécesseur occidental en concentrant tout sur lui, y compris l’eau minérale produite par la SORAZ et commercialisée localement. Tout vient de Chine et tout retourne à la Chine ! Sur les chantiers de construction confiés à des entreprises chinoises, seuls des manoeuvres sont recrutés et pas un seul ingénieur local. Sur le plan fiscal, les entreprises comptent parmi les plus frauduleuses, dont la SORAZ qui communiquait des déclarations fiscales erronées. Or, par exemple, une société comme la SATOM, bien que française, s’est débarrassée, depuis des années, de cette préférence hexagonale en recrutant des cadres nigériens sur des chantiers locaux. Mais, jamais, dans les sociétés chinoises, l’on ne voit pas des Nigériens à de hauts postes de responsabilités, et même quand c’est le cas très rarement, au niveau de la rémunération, les écarts sont énormes avec leurs homologues chinois. Le ministre nigérien du pétrole, Sahabi Oumarou, avait d’ailleurs fustigé cette discrimination salariale criarde à la SORAZ Au bout du compte, la coopération chinoise n’est pas si différente de sa consoeur occidentale, comme le prouve la situation de la CNPC, la SORAZ, WAPCO/NIGER et SOLUX Hôtel au Niger. Bien au contraire, dans certains aspects, la coopération est encore meilleure en termes d’humanisme, car avant tout, l’Occident est héritier des valeurs judéo-chrétiennes. C’est pourquoi, à long terme, le Cnsp devrait revoir toutes les conventions signées avec les investisseurs chinois, comme il l’a fait avec les Occidentaux !
Halidou Maiga (Le Monde d'Aujourd'hui)