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Assemblée de l’UIP à Istanbul : la délégation nigérienne du CCR renforce la visibilité diplomatique du Niger

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La participation de la délégation nigérienne à la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), ouverte à Istanbul du 15 au 19 avril 2026, a placé le Niger au croisement de deux dynamiques : l’implication dans les débats africains et internationaux sur les crises du moment, et le renforcement d’un dialogue bilatéral avec la Turquie sur des secteurs jugés stratégiques. Conduite par le Président du Conseil consultatif de la Refondation, qui fait office de Parlement nigérien, Son Excellence le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, la mission nigérienne s’est illustrée à la fois au sein du Groupe africain et dans les échanges de haut niveau tenus en marge de l’assemblée.

À Istanbul, le Niger n’a pas seulement pris part à une réunion multilatérale de plus. Sa présence s’est inscrite dans un cadre politique mondial où les parlements sont appelés à peser davantage dans la prévention des crises, la diplomatie de dialogue et la recherche de compromis sur des dossiers internationaux de plus en plus polarisés. L’Union interparlementaire a placé cette 152e Assemblée sous le thème de l’espoir, de la paix et de la justice pour les générations futures, dans un contexte marqué par la persistance des conflits et leurs conséquences humanitaires, notamment au Moyen-Orient.

C’est dans cette atmosphère que la délégation nigérienne, conduite par le président du Conseil consultatif de la Refondation, a participé le 14 avril 2026 aux travaux du Groupe africain, cadre de concertation qui a réuni les présidents et chefs de délégation des parlements du continent présents à Istanbul. Selon le compte rendu publié au Niger, cette réunion a été dominée par des échanges de haut niveau sur les enjeux politiques, sécuritaires et géopolitiques du moment, avant l’examen et l’adoption des rapports issus des différents groupes.

Deux questions d’urgence ont également occupé une place centrale dans les discussions. Elles portaient sur la situation sécuritaire au Moyen-Orient, dans un contexte de tensions impliquant l’Iran et certains États du Golfe, ainsi que sur un appel au cessez-le-feu soutenu par plusieurs pays avec l’appui du groupe arabe. À l’issue des délibérations, c’est le point relatif au cessez-le-feu au Moyen-Orient qui a été retenu par le président du groupe thématique géopolitique de l’UIP et adopté par l’assistance, avant la mise en place d’un groupe de rapporteurs chargé d’élaborer les recommandations destinées aux instances compétentes de l’organisation.

Cette séquence est politiquement significative pour le Niger. Elle montre que, même dans une période de recomposition institutionnelle interne, le pays entend continuer à prendre part aux espaces de délibération internationaux où se discutent les grands équilibres du moment. La présence du Conseil consultatif de la Refondation dans un forum interparlementaire de cette envergure traduit aussi une volonté de visibilité et d’insertion diplomatique, au moment où les questions de souveraineté, de sécurité et de repositionnement stratégique occupent une place centrale dans le discours politique nigérien.

Mais la portée de cette mission ne s’est pas limitée au seul cadre multilatéral. En marge de l’assemblée, le président du CCR a été reçu le 14 avril par Numan Kurtulmuş, président de la Grande Assemblée nationale de Türkiye. Cette audience a permis d’élargir le champ de la mission nigérienne à un autre registre, celui du renforcement des relations bilatérales entre Niamey et Ankara. Le responsable turc a salué la visite de son hôte et réaffirmé la solidité des liens entre les deux pays, tout en exprimant la disponibilité de la Turquie à accompagner le Niger dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la sécurité, la défense, l’éducation et l’économie.

Cet échange donne un relief particulier à la participation nigérienne à Istanbul. Il suggère que la diplomatie du Niger, à travers ses missions politiques extérieures, ne se contente pas d’une présence protocolaire dans les forums internationaux. Elle cherche aussi à transformer ces rendez-vous en occasions de consolidation de partenariats ciblés. La Turquie apparaît ici comme un interlocuteur de plus en plus important pour Niamey, à la fois en raison de son activisme diplomatique, de sa capacité d’appui dans des secteurs sensibles et de son positionnement croissant sur le continent africain.

La présence de l’ambassadrice du Niger en Turquie, Mme Salou Adama Gazibo, lors de cette rencontre souligne d’ailleurs le caractère structuré de cette démarche. Au-delà de la courtoisie institutionnelle, les discussions ont porté sur la coopération concrète et sur la volonté de renforcer les relations parlementaires avec le Conseil consultatif de la Refondation. Ce point n’est pas anodin : il montre que le Niger cherche aussi à légitimer et à densifier ses passerelles institutionnelles dans un cadre international, y compris à travers des relations interparlementaires ou assimilées.

En combinant participation active aux travaux du Groupe africain et entretien bilatéral de haut niveau avec la partie turque, la mission nigérienne à Istanbul dessine ainsi une double lecture. D’une part, le Niger veut continuer à peser dans les discussions africaines et internationales sur les crises du monde. D’autre part, il entend mettre à profit ces tribunes pour renforcer des partenariats bilatéraux jugés utiles à ses priorités stratégiques. Dans le contexte actuel, cette articulation entre multilatéralisme parlementaire et diplomatie ciblée apparaît comme l’un des ressorts les plus visibles de la projection extérieure nigérienne.

Au final, la séquence d’Istanbul confirme que la présence du Niger dans les grands rendez-vous internationaux n’est pas seulement symbolique. Elle s’inscrit dans une logique plus large : défendre ses positions dans les espaces de concertation, tout en consolidant des coopérations capables d’accompagner ses choix en matière de sécurité, d’éducation, d’économie et de réorganisation institutionnelle. Entre débats mondiaux et rapprochement avec la Turquie, la délégation nigérienne a ainsi donné à sa participation à la 152e Assemblée de l’UIP une portée à la fois politique, diplomatique et stratégique.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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