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À Niamey l’État récupère 66 hectares de réserves foncières illégalement occupées

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Le jeudi 08 janvier 2025, le Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, le colonel-major Abdoulkadri Amadou Daouda, a animé un point de presse consacré à l’opération de recensement et de récupération des réserves foncières et terrains appartenant à l’État dans la ville de Niamey. Cette intervention, organisée au sein du département ministériel, a permis de présenter au public les résultats d’une vaste opération menée de septembre à décembre 2025, ainsi que les perspectives en matière de gouvernance foncière et d’aménagement urbain.

Au cours de cette séquence, le ministre a rappelé que la sécurisation du domaine foncier public constitue une obligation régalienne de l’État et un axe stratégique dans la politique nationale de planification territoriale. Dans un contexte où les pressions démographiques et urbaines s’accentuent, où l’occupation informelle des terres progresse et où les spéculations foncières se multiplient, il s’agissait de dresser un état des lieux précis des réserves foncières de l’État, de vérifier leur statut juridique, d’identifier les occupations irrégulières et d’engager les procédures nécessaires à leur récupération.

La première phase de l’opération, qui a concerné plusieurs lotissements de Niamey et de ses environs, a permis d’identifier cent trente-sept réserves foncières et terrains appartenant à l’État. Parmi eux, cinquante-sept ont pu être récupérés au cours des quatre mois de travaux, soit une superficie totale de six cent soixante-trois mille huit cent soixante-dix-neuf mètres carrés. Ce chiffre correspond à environ soixante-six hectares et constitue, selon le ministre, un indicateur fort de l’engagement de l’État en faveur de la préservation de son patrimoine foncier.

Les lotissements concernés par cette première phase incluent notamment la Cité 2011, la Cité 2010, Sary Koubou phases 1 et 2, la Cité SA’A, Koira Kano, Kobon Tafa, la Cité des Enseignants-Chercheurs, la Cité du Progrès, le quartier Nord Faisceau, Sonuci Renaissance, Diaspora 2, ainsi qu’un délaissé de voirie du lotissement Nord-Lazaret. Dans plusieurs de ces quartiers, l’État aura été confronté à des mutations illicites de terrain, des morcellements non autorisés, des tentatives de vente irrégulières ou encore à des occupations sans mise en valeur conforme aux textes.

Pour parvenir à ces résultats, le Ministre de l’Urbanisme a expliqué que les services techniques ont été mobilisés de manière soutenue. Dans les cas où des occupations illégales étaient constatées, des notifications ont été adressées aux contrevenants, suivies si nécessaire de mises en demeure et de déguerpissements. Dans d’autres cas, la récupération est passée par la fixation de bornes, la pose de panneaux de signalisation indiquant la nature publique des terrains ou encore la transmission de dossiers litigieux aux services juridiques du ministère en vue de poursuites éventuelles. Le ministre a insisté sur le fait qu’aucune de ces démarches n’a été improvisée et que chaque action a respecté les procédures définies par la réglementation nationale.

Au-delà du volet administratif, cette opération a demandé des travaux techniques, notamment pour délimiter avec précision certaines parcelles et rétablir des emprises de voies publiques obstruées, parfois transformées en parcelles privées ou rendues inaccessibles du fait d’aménagements illicites. Parmi les travaux évoqués, le ministre a mentionné la réouverture partielle de corridors urbains essentiels à la circulation ainsi que l’assainissement de portions de voirie dans des zones en forte densification, notamment autour de Sagia, Kouartagui et Senou-Sagia.

Selon le colonel-major Abdoulkadri Amadou Daouda, les résultats obtenus doivent être analysés à l’échelle de la ville et non uniquement au regard de la superficie récupérée. En effet, la préservation du domaine public foncier constitue un prérequis indispensable à toute politique d’aménagement urbain. Sans maîtrise du sol, l’État ne peut planifier ni infrastructures, ni écoles, ni équipements sanitaires, ni réseaux de transport. De ce point de vue, la récupération de plus de soixante-six hectares représente un gain stratégique majeur au moment où Niamey connaît une croissance rapide de sa population et s’étend vers sa périphérie.

Interrogé sur les suites de l’opération, le ministre a évoqué plusieurs perspectives. Il a notamment indiqué que la procédure d’immatriculation systématique des réserves foncières de l’État doit être accélérée, en étroite collaboration avec les services du ministère chargé des Finances et les acteurs du cadastre. Il a également annoncé le renforcement de la surveillance et du contrôle du domaine public, l’initiation d’une campagne de sensibilisation sur la protection du domaine foncier de l’État et la mobilisation de moyens juridiques supplémentaires pour poursuivre la récupération des terrains morcelés ou détournés. À moyen terme, l’objectif affiché est de consolider une gestion modernisée des données foncières, afin de garantir transparence, efficacité administrative et anticipation dans la planification urbaine.

Le ministre a salué le travail des équipes techniques engagées dans cette opération, notamment les agents de la Direction générale des domaines de l’État, ceux de la Ville de Niamey, de la Direction des Affaires Cadastrales et Domaniales, ainsi que les populations riveraines qui ont collaboré avec les autorités. Il a rappelé que les réserves et les terrains de l’État sont destinés au service du peuple et que leur protection relève d’un devoir collectif. Selon lui, seule la coordination entre les institutions, les collectivités locales, les acteurs du foncier et les citoyens permettra de garantir une urbanisation maîtrisée, conforme à l’intérêt général et au développement durable de la capitale.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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