8 mars 2026 : droits, justice et autonomisation au cœur des politiques en faveur des femmes au Niger
Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.
À l’instar de la communauté internationale, le Niger célèbre ce dimanche 8 mars 2026 la 35ᵉ Journée internationale des droits des femmes. À la veille de cette commémoration, la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a présenté le bilan des actions menées par son département en faveur de la promotion des droits et de l’autonomisation des femmes.
Placée au niveau international sous le thème « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », cette édition vise, selon la ministre, à traduire les engagements pris en résultats concrets. Au Niger, la célébration s’inscrit dans un cadre national défini par le thème « Protection des droits des femmes et des filles dans un contexte de refondation, gage d’une paix durable ».
L’égalité de genre au cœur des priorités nationales
Pour la ministre, ce thème national reflète les orientations des autorités du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui placent la justice et l’inclusion sociale au centre de l’action publique.
Elle a rappelé que les femmes représentent plus de la moitié de la population nigérienne, ce qui rend leur participation au développement national indispensable. Si le Niger a ratifié la plupart des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits des femmes, les progrès enregistrés restent encore insuffisants.
Dans cette perspective, la ministre a souligné que l’égalité de genre ne doit pas être perçue uniquement comme un objectif social, mais comme un levier stratégique pour la consolidation de la paix et le renforcement de la résilience nationale.
Des résultats concrets dans l’autonomisation économique
Le bilan présenté par le ministère met en avant plusieurs actions menées pour améliorer l’autonomie économique des femmes, notamment dans les zones rurales.
Ainsi, plus de 5 000 femmes entrepreneures rurales ont bénéficié d’un accès facilité au crédit et à des intrants productifs, favorisant leur insertion dans les chaînes de valeur locales.
Dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin, l’année 2025 a également été marquée par la mise à disposition de plateformes multifonctionnelles, de 450 machines à coudre et de centaines de kits de cuisson, avec l’appui du ministère de l’Énergie.
Sur plusieurs années, ces initiatives se sont traduites par la distribution de milliers d’équipements productifs, notamment des plateformes multifonctionnelles, des machines de transformation agroalimentaire, des équipements de confection tels que les machines à coudre ou de tissage, ainsi que des kits de cuisson fonctionnant au gaz ou au charbon.
Formation et insertion socio-économique des adolescentes
Le ministère a également mis l’accent sur les programmes destinés aux jeunes filles. Selon la ministre, 195 000 adolescentes ont bénéficié d’actions de formation et de réinsertion socio-économique, visant à renforcer leurs compétences et à faciliter leur accès aux activités génératrices de revenus.
Dans cette dynamique, douze Centres de promotion de la femme (CPF) ont été réhabilités et équipés à travers le pays. Ces infrastructures offrent désormais des espaces modernes de formation aux métiers porteurs et constituent des outils importants pour renforcer l’autonomie économique des femmes.
Sensibilisation aux droits et accès à la justice
Sur le plan de la justice et de la promotion des droits, le ministère a mené des campagnes de sensibilisation et de vulgarisation des textes juridiques à travers différentes localités du pays.
Ces actions ont permis de toucher plus de 150 000 personnes grâce à des activités de sensibilisation de proximité destinées à renforcer la connaissance des droits des femmes et à encourager leur appropriation au niveau communautaire.
Une mobilisation collective pour les droits des femmes
La ministre a enfin appelé l’ensemble des acteurs, institutions publiques, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers à conjuguer leurs efforts afin de transformer les engagements en actions mesurables.
Elle a également invité les partenaires au développement à renforcer leur soutien aux initiatives gouvernementales visant à promouvoir les droits des femmes et à améliorer leur participation à la vie économique et sociale du pays.
Une journée ancrée dans l’histoire du mouvement pour les droits des femmes
La Journée internationale des droits des femmes, proclamée par l’Organisation des Nations unies en 1975, trouve son origine dans les mobilisations ouvrières du début du XXᵉ siècle, notamment les marches organisées en 1907 et 1908 pour revendiquer l’égalité des droits.
Au Niger, cette commémoration constitue chaque année un moment privilégié pour dresser le bilan des progrès réalisés, tout en rappelant les défis encore à relever pour garantir pleinement les droits des femmes et des filles.
Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)