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Agriculture et élevage au Niger : ce que révèle le bilan officiel de la campagne agropastorale 2025

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Shorgho NigerRéunis à Maradi à l’occasion de l’atelier national de pré-évaluation de la campagne agropastorale 2025, les acteurs du monde rural ont dressé un bilan détaillé d’une campagne marquée à la fois par une installation globalement satisfaisante, des performances contrastées selon les régions et des défis structurels persistants. Les travaux, étalés sur trois jours, ont réuni des participants venus des huit régions du pays, incluant cadres techniques régionaux, départementaux et communaux, responsables de projets, ONG, partenaires techniques et financiers.

Présentant les conclusions, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mamane Elhadj Ousmane, a souligné que la campagne 2025 « a démarré dans des conditions globalement normales », tout en appelant à une consolidation des acquis.

Une installation agricole largement effective malgré des poches de vulnérabilité
Au 31 juillet 2025, l’installation définitive de la campagne agricole était effective dans 99 % des villages agricoles suivis. Toutefois, 149 villages n’ont pas connu de semis : 126 pour des raisons d’insécurité dans les régions de Tillabéri et de Diffa, et 23 dans la région d’Agadez en raison de l’insuffisance des écoulements d’eau dans les koris.

Appuis publics et partenaires : des moyens significatifs mobilisés
Afin de soutenir les producteurs et productrices, l’État et ses partenaires ont déployé d’importants appuis : 2 382 tonnes de semences améliorées toutes espèces confondues, près de 5 000 tonnes d’engrais, 37 000 litres de pesticides, ainsi que divers matériels agricoles. Pour le sous-secteur pastoral, 2,5 tonnes de semences et 28 tonnes d’engrais pour les cultures fourragères ont été distribuées, auxquelles s’ajoutent 3 750 tonnes d’aliments composés pour le bétail et 13,5 millions de doses de vaccins.

Pression parasitaire en recul et lutte phytosanitaire renforcée
Sur le plan phytosanitaire, la campagne 2025 a été caractérisée par une pression parasitaire moins importante que celle de 2024, et inférieure à la moyenne des dix dernières années. La lutte biologique contre la mineuse de l’épi du mil a permis de protéger plus de deux millions d’hectares, traduisant une amélioration notable des dispositifs de prévention et d’intervention.

Inondations : des impacts lourds sur les infrastructures et les moyens de subsistance
La campagne a néanmoins été durement affectée par de fortes inondations, qui ont causé des dégâts considérables sur les infrastructures hydrauliques, les habitations, les jardins, les champs de cultures et le cheptel, entraînant malheureusement des pertes en vies humaines. Ces événements rappellent la nécessité de renforcer la résilience climatique du secteur.

Bilan agricole : excédents régionaux mais déficit national
Au plan agricole, quatre régions : Dosso, Maradi, Tahoua et Zinder enregistrent des excédents. Les autres régions présentent un déficit traduisant une faible couverture des besoins céréaliers de leurs populations. Le disponible céréalier issu de la production pluviale est estimé à 4 547 213 tonnes, pour un besoin de 4 854 431 tonnes, soit un déficit de 307 239 tonnes.

Le ministre a toutefois mis en avant une dynamique positive dans certaines filières, notamment le riz, dont la production a progressé de plus de 30 % par rapport à 2024, malgré les contraintes climatiques, économiques et logistiques.

Pastoralisme : excédents localisés et déficit fourrager global
Sur le plan pastoral, l’installation de la campagne a été observée dès la première décade de juin avec l’apparition du tapis herbacé, bien que des zones à faible production aient été relevées sur l’ensemble de la zone pastorale. Trois régions – Agadez, Maradi et Zinder – affichent un bilan fourrager excédentaire, tandis que les cinq autres demeurent déficitaires. Le disponible fourrager est estimé à 35,4 millions de tonnes de matière sèche, pour un besoin de 38,1 millions de tonnes, soit un déficit d’environ 2,75 millions de tonnes.

Les campagnes de vaccination ont permis de couvrir 7,35 millions de bovins, 17,29 millions de petits ruminants et 208 287 camelins contre la PPCB, la PPR et la pasteurellose cameline.

Cultures irriguées et Loi de finances 2026 : cap stratégique affirmé
Face au déficit céréalier, le gouvernement a officiellement lancé la campagne des cultures irriguées, avec la mise à disposition de près de 15 000 tonnes d’engrais minéraux, d’autres intrants et de matériels agricoles, visant une production brute de plus de 8 millions de tonnes.

Cette orientation est confortée par l’ordonnance portant Loi de finances 2026, examinée en Conseil des ministres le 31 décembre, qui consacre le secteur agropastoral comme levier majeur du développement économique et social en Niger. Le texte met l’accent sur trois priorités : le dynamisme du secteur à travers le programme de soutien à la campagne agricole et agropastorale et l’intensification des cultures irriguées ; la poursuite des grands projets structurants ; et le développement des zones agro-industrielles, notamment à Niamey et Maradi.

Consolider les acquis et renforcer l’impact
Les autorités ont appelé à consolider les acquis par une meilleure valorisation des ressources financières allouées, le renforcement des capacités techniques des producteurs et des cadres, l’amélioration des infrastructures rurales et un meilleur accès aux intrants et aux marchés.

Le ministre a enfin exprimé sa gratitude aux autorités administratives et traditionnelles, aux producteurs et productrices, aux partenaires techniques et financiers, saluant leur contribution déterminante à la sécurité alimentaire du pays.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

 

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