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Quand les réseaux sociaux fabriquent le mensonge : un article d’Assane Soumana plus actuel que jamais

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ASSANE SOUMANALes fausses informations autour du coup d’État au Bénin qui ont envahi la toile ces dernières heures rappellent, avec une acuité saisissante, l’analyse visionnaire du journaliste nigérien Assane Soumana. À l’heure où les réseaux sociaux fabriquent des “événements” avant même que les faits ne soient établis, nous republions cet article majeur, paru le 4 octobre 2019, tant il demeure d’une actualité brûlante. Un texte qui dénonçait déjà les dérives, les manipulations et les dangers des fake news et qui, aujourd’hui plus que jamais, résonne comme une mise en garde nécessaire.

L'air du temps : La toile et les ‘’accro’’ du sensationnel - Par Assane Soumana

De nos jours, nous sommes submergés, à longueur de journée, par un afflux d’informations de tous genres, partagées d’un interlocuteur à un autre pour s’étendre à des milliers, voire à des millions d’autres correspondants. De sorte qu’aussitôt qu’une information au relent sensationnel est ‘’balancée’’ sur les réseaux sociaux, elle enfle inéluctablement pour faire le buzz des jours et des semaines durant. Mais rien de mal à cela ! Car quoi de plus agréable que d’accéder aux échos du monde entier dans un mouchoir de poche emballé dans un smartphone ?
Le hic, c’est que, dans la quasi-majorité des cas, ces infos sont dominées par les fake news. Il s’agit de beaux mensonges cousus de tout fil, bien arrangés, souvent illustrés d’images tantôt montées tantôt piquées quelque part, agrémentés de mots ronflants, de lieux prétendument identifiés, de personnes incriminées ,le tout pour rendre une histoire vraisemblable, mais véritablement fausse sur toute la ligne.
Autant dire que certaines personnes, tapies derrière l’écran de leur ordinateur ou de leur smartphone, se sont trouvé une nouvelle vocation dans le mensonge. Leur spécialité : la divulgation de rumeurs parmi les plus folles, voire insensées, jusqu’à la limite de l’interdit. La question qui s’impose est la suivante : qu’est-ce qui fait donc courir cette nouvelle race de falsificateurs de l’info qui crèvent les écrans sur les réseaux sociaux ? Pourquoi, diantre, des gens surgis de nulle part, n’ayant ni la vocation ni l’obligation, encore moins les qualités requises, s’improvisent-ils en ‘’faiseurs d’événements’’ pour abreuver l’opinion publique de fausses informations, disons-le, de toutes sortes de broderies mensongères ?
Mais on le sait, ces questions resteront sans réponse véritable. On vous invoquera peut-être la force de la liberté d’expression consacrée par la loi fondamentale, qui veut que chacun puisse dire ce qu’il a envie de dire. Hélas, ce serait ignorer que cette même loi, consacrant la liberté d’expression, à l’image de toutes les religions révélées, condamne et fustige fermement le mensonge — vecteur par excellence de troubles et de zizanie au sein de la société.
C’est justement à ces dangers que nous exposent ces batteurs de la toile, qui jouent à manipuler l’opinion publique en ‘’fabriquant’’ des infos et des scénarios catastrophes, lesquels, dans certains cas, frisent carrément l’appel à la violence ou aux troubles publics.
Vivement l’entrée en vigueur de la réglementation des communications électroniques au Niger, actuellement en cours d’adoption !
Assane Soumana

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