Niger : l’instabilité d’Internet exaspère les usagers, le silence des opérateurs pointé du doigt
Au Niger, la qualité du réseau Internet atteint un niveau de dégradation inédit, plongeant les utilisateurs dans un “calvaire” quotidien. C’est le constat alarmant dressé par Le Nouveau Républicain, qui dénonce une situation devenue intenable pour les ménages, les entreprises, les étudiants et l’ensemble des acteurs dépendants du numérique.
Un service instable, sans explications ni solutions
Depuis plusieurs mois, les coupures répétées, la lenteur extrême et les fluctuations du réseau compromettent la productivité et perturbent profondément la vie sociale et économique.
Ce qui choque davantage encore, relève le journal, c’est le mutisme total des compagnies de téléphonie mobile, incapables – ou peu enclines – à fournir la moindre explication, encore moins un plan d’amélioration.
Des pratiques assimilées à “escroquerie” et “arnaque”
Le Nouveau Républicain ne mâche pas ses mots : la qualité de service fournie, sans justification ni compensation, s’apparente à de la tricherie, voire à une arnaque.
Les abonnés, qui payent leurs forfaits plein tarif, estiment ne pas recevoir la prestation promise et dénoncent une rupture manifeste du contrat de confiance.
L’ARCEP au centre des attentes nationales
Dans ce contexte de mécontentement généralisé, les regards se tournent désormais vers l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP), sommée de jouer pleinement son rôle. Les Nigériens attendent d’elle qu’elle recadre fermement les opérateurs, impose des standards de qualité conformes aux exigences du service public et protège les consommateurs contre les pratiques abusives. Plus largement, l’ARCEP est appelée à garantir un accès Internet fiable et continu, devenu un enjeu majeur pour le développement économique, social et technologique du pays.
Un enjeu de souveraineté numérique
À l’heure où le Niger accélère sa transformation digitale et renforce sa souveraineté technologique, l’accès à un Internet stable n’est plus un luxe mais un pilier stratégique.
L’interpellation du Nouveau Républicain met en lumière une question centrale : sans régulation ferme, les ambitions numériques du pays risquent d’être freinées par l’inaction d’acteurs privés et le manque de transparence du secteur.
Asy Hama (Nigerdiaspora)