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La Nigérienne de la semaine : Hamsa Adamou Anarouwa

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Comptable de profession, sportive de haut niveau et ceinture noire 4ᵉ Dan, Hamsa Adamou Anarouwa a prolongé son parcours sur les tatamis par un engagement en faveur de l’accès au sport. À l’occasion de la parution annoncée de son premier livre, Combattante au cœur du tatami - Sport, engagement et transmission, elle raconte son parcours entre le Niger et la France, ses réussites et sa volonté de transmettre aux jeunes générations.

Pour les lecteurs de Nigerdiaspora qui vous découvrent, qui est Hamsa Adamou Anarouwa ?
Je suis comptable de profession, ancienne sportive de haut niveau en taekwondo et ceinture noire 4ᵉ dan. Je suis aussi présidente fondatrice des structures « TKD UN SPORT POUR TOUS » en France et au Niger. À travers elles, je souhaite favoriser l’accès au taekwondo pour différents publics.

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J’ai grandi avec les valeurs de respect, de solidarité et d’intégrité que m’ont transmises ma famille et mon environnement au Niger. Elles continuent de guider mon travail et mon engagement associatif. Je reste attachée à mes racines et j’ai envie de contribuer, à ma manière, au développement de ma communauté et de mon pays.

Votre parcours s’est construit entre le Niger et la France. Comment avez-vous vécu cette expérience et préservé le lien avec vos racines ?
Les débuts n’ont pas été faciles. Trouver sa place dans un pays d’accueil, c’est parfois se sentir entre deux mondes. J’ai connu des doutes et des incompréhensions, mais j’ai appris à construire mes repères et à m’entourer des bonnes personnes.

J’ai toujours cherché à préserver le lien avec ma culture d’origine tout en m’ouvrant à celle du pays qui m’accueille. Avec le temps, cette double appartenance est devenue une force. Elle m’a appris à m’adapter et m’a donné envie de partager mon expérience, notamment à travers le sport et l’écriture.

Comment le taekwondo est-il entré dans votre vie ? Quels moments de votre parcours sportif vous ont le plus marquée ?
C’est grâce à mon grand frère Moussa, le premier de la famille à pratiquer le taekwondo, que j’ai découvert ce sport en 1995. En le voyant s’entraîner, j’ai eu envie de suivre ses traces et de relever, moi aussi, ce défi.

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À 16 ans, j’ai été surclassée chez les seniors. Peu après, en 1999, j’ai eu l’honneur de remporter, au Championnat d’Afrique de l’Ouest à Accra, ce qui était la première médaille d’or internationale féminine du Niger en taekwondo. Ce moment a marqué un tournant dans ma vie : il récompensait mes efforts et pouvait encourager d’autres jeunes filles.

En 2002, à 19 ans, je suis devenue la première Nigérienne à bénéficier d’une bourse olympique en taekwondo. C’était une immense fierté, mais aussi une responsabilité : celle de représenter mon pays. La création de « TKD UN SPORT POUR TOUS », en 2012, a marqué une nouvelle étape de mon parcours, tournée vers la transmission.

En tant que femme, quels obstacles avez-vous rencontrés dans le milieu sportif ?
J’ai dû faire face à des stéréotypes et à la faible représentation des femmes sur les tatamis. Il fallait souvent prouver sa valeur pour gagner sa place et la confiance des autres. Le travail, la persévérance et le soutien de ma famille, en particulier l’exemple de mon frère, m’ont aidée à avancer.

Ces expériences ont renforcé ma volonté d’ouvrir le taekwondo à davantage de filles et de femmes. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai lancé en 2012 au Niger le tournoi « Les Étoiles du Sahel ». Je souhaite que les jeunes talents puissent s’y exprimer et que les sportives gagnent en visibilité.

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Quelles valeurs apprises sur le tatami vous accompagnent aujourd’hui dans votre vie ?
D’abord, le respect : celui de ses adversaires, de ses partenaires, de ses enseignants et de soi-même. Il y a aussi la persévérance. Sur le tatami, rien n’est jamais acquis ; il faut travailler, accepter l’échec et recommencer.

La discipline, l’humilité et la solidarité m’accompagnent dans mon métier de comptable comme dans mes projets associatifs. Le sport m’a appris qu’on progresse grâce à ses efforts, mais aussi grâce aux personnes qui nous entourent.

Pourquoi avoir décidé de raconter votre parcours dans Combattante au cœur du tatami ? Que signifie pour vous le mot « combattante » ?
Je voulais partager une histoire faite de rêves et de réussites, mais aussi de doutes et d’obstacles. Chaque victoire a demandé du travail et du courage. Ce livre me permet également de donner de la visibilité aux femmes nigériennes qui s’engagent et ouvrent des portes pour les autres.

Pour moi, le mot « combattante » dépasse le cadre du sport. C’est défendre ses convictions, continuer malgré les difficultés et essayer de transmettre quelque chose à celles et ceux qui viennent après nous.

À qui s’adresse votre livre et quel message souhaitez-vous transmettre ?
Ce n’est ni un guide ni une recette à suivre. Je raconte un parcours qui n’a pas été linéaire, avec ses réussites, ses échecs et ses détours. J’aimerais que les lecteurs y trouvent une invitation à croire en leur potentiel et à tracer leur propre chemin.

Je pense particulièrement aux jeunes et aux femmes, notamment à celles qui cherchent leur place dans des domaines où elles sont encore peu représentées. Chaque parcours est différent ; l’essentiel, pour moi, est d’avancer en restant fidèle à ses valeurs.

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Quel rôle le sport peut-il jouer dans l’éducation et la confiance en soi des jeunes filles au Niger ?
Le sport leur offre un espace pour apprendre, progresser et gagner confiance en elles. Il enseigne le respect des règles, l’effort et le travail collectif. Participer à un entraînement ou à une compétition, constater ses progrès et être reconnue pour ses efforts peut changer le regard que l’on porte sur soi.

Avec « Les Étoiles du Sahel », je veux contribuer à rendre les jeunes sportives plus visibles et montrer qu’elles ont toute leur place dans le taekwondo.

La parution de votre livre est annoncée pour le 1er octobre 2026. Comment les lecteurs pourront-ils se le procurer ?
Au Niger, mon éditeur ne prévoit pas, pour le moment, de vente officielle. Les personnes intéressées pourront toutefois commander un exemplaire directement auprès de moi à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Je me chargerai de l’acheminement à Niamey.

Pour les lecteurs de la diaspora et des autres pays, la version papier devrait être proposée sur des plateformes de vente en ligne et par des réseaux de libraires. La version numérique n’est pas encore disponible. Des rencontres et des séances de dédicace sont également envisagées au Niger et en France ; les dates et les lieux seront annoncés ultérieurement.

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Quels sont vos projets après cette première publication ? Quel message adressez-vous aux lecteurs de Nigerdiaspora ?
Je souhaite poursuivre le développement de « TKD UN SPORT POUR TOUS », former davantage d’encadrants et rendre le taekwondo plus accessible, notamment aux jeunes filles et aux publics qui ont moins facilement accès au sport. Je veux aussi continuer à faire vivre le tournoi « Les Étoiles du Sahel » et partager mon expérience lors de rencontres et d’ateliers.

Aux jeunes Nigériennes et Nigériens, je dirais de cultiver leurs talents et de garder confiance en eux. Un parcours comporte des difficultés et des détours, mais chaque étape peut devenir une occasion d’apprendre et d’avancer.
Pour contacter Hamsa Adamou Anarouwa : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Réalisée par Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

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