Amères vérités : Affaire BOA suite en attendant le réveil des ‘’morts’’…

images/Bank-Of-Africa-Niger.jpgUne vérité à moitié dite n’est, certes, pas un mensonge, mais elle n’est pas non plus toute la vérité. Et comme il est admis que la vérité à beau être amère, elle est préférable au mensonge et au silence complice, Le Canard va claquer de nouveau la langue à propos des rapports insolites que la banque of Africa (BOA) entretient avec ses clients.

Savez-vous que le tableau brossé, la semaine dernière, ne reflète que la face visible de l’Iceberg ?

Savez-vous qu’il n’y a pas qu’à Niamey où les premiers responsables de la BOA ont décidé de faire souffrir les clients de la banque en fermant la plupart des agences, le samedi ?

Savez-vous que l’inaccessibilité de la BOA à la clientèle, le samedi, s’étend à toutes les régions de l’intérieur ? Dans une proportion des fois tragique et inadmissible ?

À bien regarder, Niamey n’a pas la situation la plus pénible, le samedi. Une seule agence pour tout Zinder ; une, aussi, pour Maradi, une pour Tahoua, etc. À Tillabéry, c’est pire puisque si vous y résidez, le samedi, il vous faut, pour accéder aux services de votre chère banque, consentir un déplacement à Niamey. Aucune agence ouverte. Il faut payer le transport Tillabéry-Niamey et Niamey-Tillabéry pour accéder à la BOA et pouvoir, après un parcours de combattant, «toucher» son salaire, comme on dit.

L’explication des mesures décidées tient à la volonté des premiers responsables de la BOA de réduire les charges de la banque, faire d’énormes économies, soit-il au détriment des clients. Et c’est ce qui se fait.

Vous imaginez les économies réalisées par la BOA, avec la climatisation arrêtée, les ampoules éteintes, les ordinateurs et autres appareils en «hibernation», etc., durant un mois, soit quatre samedis ? Le sort de la clientèle ? On s’en fiche éperdument.

La BOA fait ainsi des économies, sans tenir compte du sort fait à ses clients.

On contraint un résident de Tillabéry, le samedi, à faire un voyage jusqu’à Niamey, ignorant qu’on lui fait faire des dépenses dont il doit être épargné. Mais, dépenser est bien trop petit, comme disent nos amis ivoiriens, au risque d’un accident de la route qu’on fait courir au client. Et même dans le cas où le client est sur place, à Niamey, la concentration de clients pressés d’avoir leurs salaires, accroît considérablement les risques de vol, d’étouffement, particulièrement en cette période de chaleur torride où l’on atteint régulièrement 44 degrés à 45 degrés. Avoir accès à son salaire doit-il être un «enfer» ? La banque doit-elle être «l’enfer» pour ses clients ?

Avez-vous pris la peine de faire un tour au siège de la BOA, le samedi, en fin de mois ? Le spectacle est carrément désolant. Un monde fou ! Le stress est là, palpant. L’intervention de la police s’impose souvent – je dis bien souvent et non parfois – pour mettre un peu d’ordre et de discipline. En cette période de COVID 19, les choses se compliquent davantage, ralentissant les procédures, ce qui s’ajoute au calvaire des clients de la BOA. Les … ? Rares sont celles qui sont alimentées régulièrement, rendant presque inutiles la détention d’une carte sésame. C’est la seule banque, au Niger, qui traite ainsi ses clients.

En vérité, dès l’arrivée des actuels responsables de la BOA, l’on a constaté de nouvelles mesures en vigueur sur lesquelles personne ne pouvait se tromper. Ces mesures ont de toute évidence tendu à minimiser au maximum les charges de la BOA, ce qui est à la fois légitime et méritoire pour les gestionnaires qu’ils sont. Mais, peuventils et doivent-ils le faire au détriment de la clientèle ? Il est certain que le succès de l’entreprise tient en particulier à la satisfaction de la clientèle. Mais à la BOA, les premiers responsables semblent avoir une autre compréhension du succès de l’entreprise qui peut manifestement rendre la vie impossible à ses clients et tirer tout de même son épingle du jeu. Extraordinaire !

Aussi, pour faire gagner de l’argent à la BOA, ils ont pris des mesures d’économie drastique ; des mesures sévères qui ont continuellement compliqué les procédures et les usages. Et pourtant, les procédures et les usages remis en cause ont donné d’excellents résultats. Tout, absolument tout, a été mis en oeuvre afin de permettre à la BOA Niger de faire des économies sur le dos de la clientèle. La fermeture des agences, le samedi, s’inscrit dans cette logique. Au souci managérial qui veut que l’on donne satisfaction au client afin de l’attirer et/ ou de le fidéliser s’est substitué celui de faire moins de charges de fonctionnement. Les clients ? Ils ne se plaignent jamais et semblent prêts à accepter l’inacceptable.

L’inaccessibilité de la BOA, le samedi, est, donc, loin, très loin, d’être l’unique mesure prise au détriment des clients de la banque. Si elle est déjà suffisante pour pousser les plus téméraires à bout, cette mesure n’est toutefois, pas isolée. Les premiers responsables de la BOA sont peut-être des gestionnaires, mais ils n’ont rien de managers. La nuance est d’importance.

Vérité pour vérité, il faut reconnaître que c’est l’inertie et l’indifférence des clients à leurs propres misères qui sont à la base de ces mesures de leur banque. Des mesures contraignantes, pénibles et désagréables sur lesquelles Amères vérités se penchera prochainement en profondeur. Pour le moment, disons que la complication des procédures, malheureusement, n’a jusqu’ici suscité que récriminations et complaintes dans les rangs des clients qui ignorent la force qu’ils représentent.

Ce sont eux qui font la prospérité de la BOA ? Ils ne le comprennent pas, donnant l’impression, en acceptant, sans broncher, toutes les mesures édictées par la banque, qu’ils quémandent ce qu’ils obtiennent de la BOA. Or, une entreprise commerciale, c’est sa clientèle sa raison de vivre. Autrement, elle met tout de suite la clé sous le paillasson. En attendant le réveil des morts…

BONKANO 
10 mai 2020
Source : Le Canard En Furie

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