Point de la situation du COVID 19 au Niger : 2 cas confirmés positifs, provisoirement 90 personnes en quarantaine, selon le ministre de la Santé Publique

Point de la situation du COVID 19 au Niger : 2 cas confirmés positifs, provisoirement 90 personnes en quarantaine, selon le ministre de la Santé PubliqueÀ la date du 22 mars 2020, le Niger compte deux cas confirmés positifs du COVID 19, placés sous traitement à l’hôpital général de référence de Niamey. Selon le ministre de la santé publique, Dr Idi Illiassou Mainassara, qui intervenait sur la télévision nationale, dimanche soir, le premier cas enregistré, trois jours auparavant est dans un état stable, et une nette amélioration a été relevée chez le deuxième patient. Au total ce sont 90 personnes ayant eu de contact direct et ou indirect qui sont mises en quarantaine, afin de circonscrire d’éventuelle propagation du virus, a-t-il expliqué.

Le premier patient a été hospitalisé avec une toux très intense, aujourd’hui «elle est complètement légère. Il a une température de 37°4. Il n’a plus de dyspnée (difficulté respiratoire) ni d’autres plaintes. Son état est stationnaire. Le deuxième cas a une nette amélioration de son état. Sa fièvre est à 36°3. Il y a une amélioration de son asthénie (fatigabilité) et il n’a également pas d’autres plaintes. Leur état est globalement satisfaisant», assure le ministre de la santé publique, Dr Idi Illiassou Mainassara. Le premier patient a été en contact avec 76 personnes. 11 parmi ces derniers sont en quarantaine à l’hôtel Gaweye de Niamey et les 65 autres ont préféré l’être chez elles (une grande maison cour commune) sous la vigilance d’un positionnement de surveillance des forces de l’ordre et le suivi régulier des agents de santé affectés à cet effet. «Il n’y a pas d’entrée ni de sortie, jusqu’au bout des quatorze (14) jours», a-t-il mentionné. D’après le ministre, l’Etat a réquisitionné l’hôtel Gaweye pour des confinements, avec une capacité de 200 lits et la prise en charge des cas suspects est assurée par l’Etat à 100%.

En ce qui concerne l’humanitaire italien de 51ans détecté le 21 mars dernier, il a, à sa résidence 4 «personnes contacts». En plus, au niveau d’un restaurant, le malade était en contact avec 3 autres personnes dont le promoteur. A son bureau trois de ses proches sont confinés. Chez eux mais seront très bientôt transférés à l’hôtel Gaweye, apprend-on. En dehors de son service il a également été en contact avec 4 personnes d’une autre ONG. Dans son dossier, ce sont donc 14 personnes qui ont été immédiatement mises en quarantaine. Au-delà, «le restaurant sera fermé, et l’ONG également. Il y’a d’autres ONG où il a été vraiment en contact direct avec des gens. S’il y a d’autres organisations où il a été aussi en contact direct, où il a eu à tenir des réunions, ces ONG seront fermées. Et nos équipes sont en train de faire l’évaluation de la situation, ils seront tous confinés», a expliqué le ministre de la santé publique. Dr Idi Illiassou Mainassara ajoute que «le président de la République, Chef de l’Etat suit cette situation, au jour le jour, sur toute l’étendue du territoire national. Le comité qui est là au ministère travaille 24h/24h. Ce sont des équipes qui se relèvent, de telle sorte qu’à n’importe quel moment les alertes peuvent être reçues et avoir des réponses».

Avec les deux cas confirmés à Niamey, une stratégie dite de «recherche active des cas suspects » est en cours dans la région. Le mécanisme devait être affiné au niveau de chaque commune de la ville, au plus tard en fin de la journée d’hier lundi 23 mars, selon le ministre. C’est un dispositif qui consiste à placer des ambulances pour la prise en charge rapide des cas suspects, c'est-à-dire faire des tests sur place. «Plus on prend la personne ou qu’elle se déclare très précocement, on a vraiment un pourcentage élevé de chance de la sauver», a affirmé le ministre.

Au sujet de «ce qui se raconte sur les réseaux sociaux»

La tragédie de la pandémie de Coronavirus ou COVID19 qui sévit un peu partout dans le monde, domine l’actualité nationale et internationale, effraie les populations et préoccupe les autorités au point de prendre des mesures drastiques de confinement ou de prévention à des degrés différents selon les moyens et les risques de propagation du virus dans les pays. Au Niger, les vagues de rumeurs et intoxications qui se propagent sur les réseaux sociaux, brouillent les messages de sensibilisation pour le respect des mesures de prévention. Le ministre Idi Illiassou Mainassara conteste « ce qui se raconte» sur les réseaux sociaux. «Le gouvernement est conscient de la situation et tient à respecter et faire respecter toutes les recommandation de l’OMS, tout ce qui est inscrit dans le règlement sanitaire international. Nous n’avons rien à cacher. Et depuis le début de cette pandémie, le gouvernement a toujours fait ce qu’il doit faire», a déclaré le ministre de la santé publique, Dr Idi Illiassou Mainassara.

De la responsabilité de tous et de chacun à circonscrire la propagation de la pandémie au Niger

« Il faut que les gens respectent les consignes. Lorsqu’on demande aux gens de ne pas aller dans les mosquées, c’est pour éviter la propagation du virus. Une seule personne qui a été en contact direct ou de manières indirecte avec un cas de COVID 19 risque de contaminer un millier de personnes dans une mosquée », prévient Dr Idi Illiassou Mainassara. Raison pour laquelle l’Etat appelle à la responsabilité de tous et de chacun quant au respect des mesures prises. «Ce n’est pas de gaieté de cœur que le gouvernement a pris ces mesures. Mais c’est pour protéger la population», a-t-il ajouté, confiant que l’Etat se donnera les moyens pour le respect desdites dispositions.

Les mains sont les premiers facteurs de propagation de coronavirus, à l’instar de plusieurs autres maladies, a souligné le ministre de la santé publique. D’où essentiellement la prévention, les règles d’hygiène de ne pas se saluer par poignée de main; de se laver les mains à l’eau et au savon, fréquemment. Ensuite tousser dans le coude du bras ou dans un mouchoir à usage unique, porter des bavettes. Même si la personne n’a pas les moyens d’acheter du gel alcoolisé dont le prix fait l’objet de spéculation, elle peut se protéger les mains avec simplement l’eau et du savon. Quant au port des bavettes, selon le ministre Dr Idi Illiassou Mainassara, l’essentiel est que l’on soit à l’abri des gouttelettes flux quand quelqu’un parle ou tousse à coté ou en face. C’est pourquoi il est d’ailleurs recommandé en plus, la distance d’au moins un mètre entre les personnes. «La transmission se fait par voie aérienne», faut-il le rappeler.

Ismaël M. Chékaré(onep)

24 mars 2020
Souce : http://www.lesahel.org/

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