L’encens ‘’Touraren Wouta’’ ou ‘’Dougou’’ : Mariama Abdou livre le secret du produit

L’encens ‘’Touraren Wouta’’ ou ‘’Dougou’’ : Mariama Abdou livre le secret du produitL’encens, communément appelé ‘’touraren wouta’’ en haoussa ou ‘’Dougou’’ en Djerma est un produit très apprécié et utilisé par les femmes nigériennes, particulièrement chez les kanouri. C’est un ingrédient précieux pour la femme, il embaume l’environnement dans lequel il est utilisé. Mme Maï Mariama âgée d’une soixantaine d’année connaît les secrets de ce produit. Enseignante à la retraite au quartier Niamey 2000 (cité Salou Djibo), elle est dans la fabrication et la vente de l’encens depuis plus de 20 ans.

Dès l’entrée de la maison de Mme Maï Mariama, le visiteur en découvre la passion de cette courageuse et dynamique femme pour son métier. En effet, il y est exposé un peu les différents types de bois utilisés pour la fabrication du ‘’Touraren Wouta’’. Il s’agit de Al ’out, sandale, Jiji, tafartché, Abba Malan, gagab, drousse, farcé, sable de Médine et dollars, pour ne citer que ceux-là.

Parlant de la provenance de ces bois, Mme Maï Mariama confie qu’ils viennent de Doubaï, du Nigeria, du Tchad, du Soudan, de l’Ethiopie etc. «Ici au Niger, précisément à Niamey, on les trouve notamment au marché de Wadata, au grand marché et aux alentours de l’ex petit marché», a-t-elle fait savoir. Le processus de la préparation de tous ces bois se fait selon Mme Maï Mariama de la même manière. Il suffit juste de mélanger le bois d’encens avec de l’eau de Cologne (de son choix) dans un seau et le laisser fermer pendant une semaine voire dix (10) jours. On y ajoute ensuite les parfums concentrés tels que : Sandal, Paris, Rexonas, Lexus, Nada, Aba rai dadi, kafin kafin, Royal bouquet, Altes, Sarkin touraré, Maina, Kafi rose, Mai bounsourou.

«Et pour rendre l’odeur beaucoup plus agréable on ajoute le Jawi (transformer en poudre accompagné un peu d’eau de Cologne, placé sur le feu doux pendant 2 à 5 minutes pour obtenir une solution unique. On y ajoute ensuite les parfums concentrés et les poudres de Musk de Mountaqa, de Farcé rouge et noir, et Firgamé. On ferme ensuite le produit et qu’on laisse mijoter pendant 24h. C’est comme cela qu’on obtient de l’encens de bonne qualité avec une senteur très agréable», explique Mme Maï Mariama qui se dit fière de pratiquer cette activité. «Grâce à ce métier j’ai effectué le pèlerinage à la Mecque et j’ai construit ma propre maison», se réjouit-elle.

Malgré, les divers ingrédients utilisés et le long processus de fabrication, les articles de Mme Maï Mariama sont abordables et accessibles à toutes les bourses. «Nous vendons de 500 à 5000f voire souvent pour des commandes à des dizaines de milliers de CFA», confie-t-elle.

Les clientes sont très fans de ce produit. C’est le cas de Sakina. «J’utilise en permanence de l’encens, j’aime la bonne odeur dans ma chambre, au niveau de mes habits», dit-elle. Halima une autre cliente de préciser «j’achète de l’encens dès que j’ai l’occasion pour plaire à mon mari, parce qu’il l’apprécie beaucoup. Je utilise de l’encens chaque jour dans mes chambres», renchérit-elle. Fatimé, une autre cliente apprécie les bienfaits de cet ingrédient si indispensable dans la bonne marche du foyer. «Mais, je suis obligée de l’utiliser très rarement car son mari ne supporte pas la fumée de l’encens», confie-t-elle.

Maï Moussa Mariama

18 février 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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