Répartition du fonds d’aide à la presse : Le CSC instaure une moyenne éliminatoire sur la base de critères subjectifs

cscSur demande des organes de presse non bénéficiaires du fonds d’appui à la presse au titre de l’année 2018, le Conseil supérieur de la communication (CSC) est en train de délivrer les fiches de notation sur la base desquelles lesdits organes ont été disqualifiés. Lorsqu’on parcourt la fiche pour s’imprégner des critères, l’on a vite fait de déceler le caractère pernicieux du travail effectué par le comité technique mis en place par le CSC sur la base d’une délibération interne, qui n’a pas été communiquée aux promoteurs des médias qui ont été délibérément disqualifiés de la course, car il n’est pas évident que les organes qui en ont bénéficié remplissent aussi tous les critères dans les détails près. A ce niveau déjà, la transparence n’a pas prévalu. C’est clair ! Les organes ont déposé des dossiers qui ont été acceptés par le CSC sur la base des critères traditionnels. Pourquoi changer les règles du jeu au moment de la répartition du fonds ? Voici les conditions d’éligibilité qui ont servi de base de notation des organes : avoir comme directeur de publication un journaliste professionnel détenteur d’un contrat de travail visé par l’ANPE et de la carte de presse ; paraître régulièrement ; faire le dépôt légal et ours du journal à jour ; être à jour de ses obligations fiscales ; disposer d’un siège permanent et fonctionnel ; et assurer à son personnel permanent une protection sociale légale (CNSS). Ce n’est pas tout, il y a aussi des critères de performance, qui se déclinent comme suit : respecter l’éthique et la déontologie du métier ; tenir une comptabilité régulière certifiée ; consacrer 65% de sa production à l’information politique, sociale, culturelle ou sportive ; disposer d’une capacité de production et enfin avoir une équipe rédactionnelle composée d’au moins cinq (5) journalistes professionnels détenteurs de la carte de presse et d’un contrat de travail visé par l’ANPE. L’ensemble de ces critères, qui ne sont pas tous pertinents (il faut le souligner au passage), totalise 55 points. Nous sommes tous d’accord qu’un directeur de publication doit être un professionnel du secteur reconnu par ses pairs. Mais cette détention obligatoire d’une carte de presse en cours de validité sert finalement à quoi ? Quelle facilité assure-t-elle à ses détenteurs dans l’exercice du métier ?

Absolument pas grand-chose en dehors bien évidemment du titre ! La détention de la fameuse carte ne facilite pas aujourd’hui l’accès aux sources d’information par les journalistes. Elle ne les met pas non plus à l’abri des abus de la force publique à l’occasion des manifestations de rue qu’ils tentent de couvrir. Par rapport à la répartition des points, le comité technique a davantage mis l’accent sur ce précis auquel il a adjoint le contrat de travail (8 points). Et les critères relatifs au respect de l’éthique et la déontologie (12 points) ainsi que les contenus informatifs (12 points) dont l’appréciation requiert une analyse approfondie. A coup sûr, les membres du comité n’ont certainement pas procédé à ce travail fastidieux. Parlons aussi de la capacité de production. Comment un journal peut-il paraître régulièrement durant toute l’année sans une capacité de production ? Ce critère est noté sur 5 points. L’hebdomadaire ‘’Le Monde d’Aujourd’hui’’, par exemple, a eu 2,5 points sur 5. Concernant la disponibilité d’un siège, estce que les membres du comité se sont seulement donné la peine de procéder à une vérification de terrain ? On peut à souhaiter disserter sur toutes les conditionnalités pour mettre à nu la forfaiture. Un confrère encore en exercice, doyen de la presse, a écrit suite à la publication de la liste des bénéficiaires qu’il ne s’agit pas d’un concours avec note éliminatoire. Hélas le travail auquel a procédé le comité n’a rien à envier à un concours de recrutement. Sur 55 points, ‘’Le Monde d’Aujourd’hui’’ en a recueilli 25, d’où sa disqualification. Allez savoir pourquoi ?  

Tawèye

15 février 2020
Publié le 05 février 2020
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Imprimer E-mail

 #findesviolencesfaitesauxfemmes#findesviolencesfaitesauxfemmes

 

Société