Région de Tillabéri : L’insécurité atteint son paroxysme

Tillaberi-Niger Depuis 2015, le Niger est régulièrement l’objet d’attaques de la part des terroristes et autres bandits armés. Leur point commun est assurément le trafic de tous genres : trafics d’armes, de drogues et mêmes d’humains. Et pour réaliser allégrement leur funeste business, ils attaquent civils et militaires, tuent, incendient, violent, prennent des otages pour la libération desquels ils demandent des rançons énormes. A Diffa, le modus vivendi est présentement à l’enlèvement de paisibles citoyens et leur libération contre paiement de lourdes rançons. A Tillabéri plusieurs villages sont le joug des voyous à qui ils paient impôts et taxes sous le nez et la barbe des institutions républicaines. D’aucuns n’hésitent pas à dire que nous sommes en guerre.

Ce fut d’abord l’est du pays, notamment la région de Diffa avec Bokko Haram, né au Nigéria et qui a débordé des frontières nigérianes pour frapper le Niger, le Tchad, le Cameroun. Le bilan économique est inestimable, celui humain est macabre. La région est économiquement meurtrie et peine à se remettre. C’est aujourd’hui autour de la région de Tillabéry de vivre au quotidien les affres des attaques des terroristes et autres trafiquants sanguinaires de grand chemin. Voisine du Mali, où des zones entières échappent au contrôle de l’armée régulière, la région de Tillabéry subit les mêmes assauts meurtriers, sinon pires. Des villages sont sous le contrôle des bandits à qui ils paient désormais tribut pour avoir la vie sauve. Les populations civiles, terrorisées, sont parfois tout simplement tuées, des chefs de villages assassinés. Ils sont nombreux aujourd’hui, les chefs de villages et de cantons dans la région qui ne passent pas la nuit sur place. Les terroristes sont d’ailleurs passés à une vitesse supérieure avec une puissance meurtrière des plus terrifiantes, de 2019 à ce début 2020. Coup sur coup, deux (2) postes militaires avancés, proches de la frontière du Mali, ont été la cible d’attaques dont les bilans humains dépassent l’entendement, par des bandits dont le moyen de déplacement serait des motos. Des motos ? Le doute est permis, car il est difficile d’admettre que de simples motocyclistes puissent massacrer des camps militaires entiers. Et c’est le cas des attaques des deux camps dans la région de Tillabéri. La première attaque, visant le camp militaire d’Inates le 10 décembre 2019, a fait officiellement 71 morts parmi les FDS.

Quant à la seconde, l’attaque du camp de Chinagoder du 9 janvier 2020, le bilan est encore plus lourd même officiellement, soulignons-le encore. D’abord de 25 morts parmi les FDS, et 63 parmi les bandits, il est passé à 89 morts dans les rangs des FDS, selon le communiqué du gouvernement issu du Conseil des ministres du dimanche 12 janvier2020. L’opinion nationale, endeuillée et encore abasourdie, peine à comprendre la situation. Certains se demandent même si les bandits n’ont pas de soutiens invisibles pour s’attaquer à des camps militaires entiers, tant notre pays, est objet de convoitises en raison de sa position stratégique et de ses richesses inestimables du sous-sol. Le peuple nigérien sait que son armée est valeureuse, avec des hommes téméraires, dont la bravoure légendaire a dépassé les frontières nationales. Ils ont fait leurs preuves sur tous les champs de combats. Il est vrai que le gouvernement a dû cette fois-ci prendre la mesure de l’ampleur de la situation. C’est ainsi qu’à l’issue du Conseil des ministres extraordinaire du lundi 13 janvier, soit un jour après la réunion du Conseil de guerre, le chef d’Etat-major général des armées, le chef de l’Etat de l’armée de terre ainsi que le secrétaire général du ministère de la défense ont été relevés de leurs fonctions. Les nigériens attendaient plus, entre autres les résultats de l’inspection au ministère de la défense où des centaines de milliards auraient été carottés. Mais ils font avec pour le moment. Le plus dur reste à faire : doter l’armée des moyens qu’il faut pour que les FDS accomplissent leurs missions, ce qui mettra en confiance les populations victimes des exactions pour une meilleure collaboration. Il le faut car la dernière mesure prise par le gouvernement d’interdire la circulation des motos a fini par mettre à terre une région déjà à genoux. Les activités économiques et même administratives sont au ralenti, le moral des populations, se sentant abandonnées, est au talon, avec l’impression que l’Etat sensé les protéger a cessé d’exister.

BISSO 

08 février 2020
Source : Le Courrier

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