Occupation anarchique des artères à Niamey : Les vieilles pratiques ont la peau dure !

Occupation anarchique des artères à Niamey Les vieilles pratiques ont la peau dure !“ On chasse le naturel, il revient toujours au galop’’. Cette assertion illustre bien la persistance de l’occupation anarchique des espaces publics ; établissements scolaires ; centres de formation sanitaire et institutions de la République. Le phénomène a refait surface seulement deux (2) ans après le début du lancement des différentes opérations de déguerpissement méticuleusement menées par des autorités régionales en étroite collaboration avec le premier responsable de la ville de Niamey qui en avait d’ailleurs mobilisé à l’époque d’importants moyens matériels et humains pour le rétablissement de l’ordre dans la capitale Niamey.

Ces opérations de déguerpissement ont débuté comme prévu par les autorités en charge de la question, mais elles n’ont pas été achevées conformément aux alertes indiquées à travers des croix rouges mentionnées aux kiosques ; étals et autres établissements commerciaux susceptibles d’être concernés par l’opération. Cette amorce de rétablissement de l’ordre à Niamey n’a malheureusement pas été suivie comme en témoigne le retour des déguerpis. Le constat est là. Il est tangible.

Les habitudes ont en effet la vie dure parce que les déguerpis d’hier n’ont fait qu’un repli stratégique visant à endormir et faire oublier l’Etat à travers ses structures chargées de la mise en œuvre de cette vaste opération et de son suivi pour envahir à nouveau leurs anciens lieux de commerce. Ainsi, le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat est ahurissant et relance le débat sur le changement de comportement des Nigériens pour lequel le régime actuel s’emploie beaucoup afin d’imprimer à la jeunesse une nouvelle vision pour la construction de notre cher et beau pays, le Niger.

En effet, parmi les grandes artères de la circulation de Niamey qui souffrent véritablement du problème d’occupation anarchique, on ne peut pas ne pas citer le grand marché et celui de Katako qui sont les principaux carrefours commerciaux et vitrines de l’économie de la capitale. Il est 16h 33 mn ce mardi 28 Août 2018 lorsque nous empruntons le goudron du rond point Maourey qui mène au grand marché. Juste avant l’intersection des deux voies, non loin de la mosquée Ali Mossi, le calvaire de tout usager de la circulation y compris les piétons qui se faufilent entre les petits vendeurs ambulants de charrettes ou de brouettes et les véhicules, débute. La voie publique est obstruée parce que littéralement prise d’assaut par les vendeurs d’articles divers allant des chaussures ; vêtements ; ustensiles de cuisine ; condiments et fruits.

Bref, le phénomène de l’occupation anarchique est loin d’être éradiqué à Niamey malgré les opérations de déguerpissement minutieusement menées par les autorités régionales et la municipalité (la mairie centrale et les responsables communaux des cinq arrondissements de la capitale). Ils sont nombreux les usagers qui évitent les alentours du grand marché jugés comme un véritable bouchon sciemment créé et entretenu par ces vendeurs précités. En dehors des particuliers, nombre de taximans ne veulent pas du tout se rendre au grand marché même si la proposition du client ou des clients est attirante. Et pour cause : l’éternel embouteillage fou qui consomme énormément de carburant. Ainsi, l’épreuve qu’endurent les usagers de ces voies publiques s’apparente à l’examen de la conduite pour l’obtention du permis de conduire, sinon plus que cela.

Du marché de Katako le long de l’échangeur Diori Hamani, on observe certes, une relative diminution de l’occupation anarchique. Cette situation reluisante pourrait s’expliquer par la présence des Forces de l’ordre, en l’occurrence la Police Nationale et les Forces municipales que nous avons trouvées en poste sous cette infrastructure routière. Mais le problème de la mauvaise utilisation de l’échangeur demeure. Il est facile de voir les piétons traverser allégrement la double voie express où la circulation est dense sans se soucier de leur vie qu’ils mettent en danger alors même qu’une passerelle de sécurité dédiée aux piétons est construite.

A cela s’ajoute le comportement rocambolesque des conducteurs des engins à deux roues qui, souvent, se permettent de faire demi-tour sur l’échangeur. Quelle conduite ! Fautil alors passer à la vitesse supérieure en exposant les contrevenants à des sanctions rigoureuses dans la mesure où la sensibilisation des populations n’a jusque là pas produit le résultat escompté. L’échangeur Diori Hamani se trouve ainsi détourné par la faute du comportement de certains de nos concitoyens de sa fonction première qui est celle d’améliorer la fluidité du trafic routier dans notre capitale qui s’agrandit à un rythme rapide.

Le retour des déguerpis autour de certains établissements scolaires et sanitaires de Niamey

L’administration du CEG 3 de Niamey et les agents de l’Université Abdou Moumouni travaillant dans les locaux de l’ex service de scolarité en face du marché Karam-karam assistent impuissamment au retour des déguerpis qui les dérangent dans la transmission du savoir aux élèves et la déconcentration pour les agents des services précités. Le service scolarité, comme on appelait avant, abrite aujourd’hui quatre (4) services, à savoir la Bibliothèque Universitaire Centrale (BUC) ; le Service des Equivalences des Diplômes (SED) ; la Direction des Examens du Baccalauréat (DEB) et la Faculté des Sciences économiques et de Gestion (FSEG).

Ici, c’est la cohabitation entre les commerçants du marché de Karamkaram et ces établissements de formation qui est le véritable problème. Tout au long des mûrs du service de l’Université et du CEG 3, on constate malheureusement des salons exposés en vente, des menuisiers en plein-air des bric et broc, bref, on se croirait à la campagne. Ce travail s’exécute sur fond de bruit incessant à longueur de journée, mettant ainsi à rude épreuve l’apprentissage des élèves. Selon un agent qui travaille à la direction des examens du Bac, certaines personnes étrangères à ce service de l’Université y entrent sous prétexte d’aller aux sanitaires et finissent par voler. Le même interlocuteur nous confie que plusieurs cas de vols ont été enregistrés dans la cour de cette institution.

A cela viennent s’ajouter des actes indécents auxquels se livrent certains badauds. Il s’agit entre autres des urines aux pieds du mûr des édifices publics, établissements scolaires et sanitaires ainsi que d’autres actes similaires. Les urines aux pieds des édifices publics et autres déchets sont encore observables malgré la circulaire émanant de la primature qui demandait aux responsables des Institutions de la République ; établissements scolaires et sanitaires de veiller à la propriété interne et externe des services afin de maintenir leur cadre de travail sain, gage d’un environnement salubre. Par ailleurs, les centres de formation sanitaire ne sont pas aussi épargnés du phénomène de l’occupation anarchique. Le centre de santé intégré de Foulan Koira (le quartier koira Tegui) renoue malgré lui avec une cohabitation contre nature. Les commerçants déguerpis reviennent s’installer progressivement le long du mur de clôture du CSI qui fait face à la gare des faba-fabas.

Pourtant, les raisons avancées par l’Etat et la démarche ayant abouti aux opérations de déguerpissement ont été suffisamment expliquées. Serait-il normal que l’Etat continue de croiser les bras face à l’envahissement progressif des espaces publics ou encore les établissements scolaires qui constituent le lieu par excellence de l’éducation de nos enfants ? Est-il normal que les centres de formation sanitaire où sont soignés des malades soient ceinturés par des établissements commerciaux sur fond de bruit ? Peut-on laisser l’anarchie s’installer aux alentours du grand marché et celui de Katako ? La réponse est assurément non.

Les voies publiques ; les établissements scolaires et sanitaires ne doivent pas être pris en otage. Et si rien n’est fait pour stopper l’élan avec lequel le retour de ces déguerpis est en train de se passer, on retournera à la case de départ, c’est-à-dire l’occupation anarchique autour des artères de la ville de Niamey ; les édifices publics et les établissements scolaires et sanitaires. Alors, le gouverneur de Niamey et le président de la délégation spéciale de la ville de Niamey sont hautement interpellés. En effet, les observateurs s’intérrogent sur leur laxisme à propos de cette situation qui n’a que trop duré.

L’on ne saurait ignorer que le rétablissement de l’ordre est de ce fait la chose la mieux partagée dans une capitale comme la nôtre qui a un grand rendez-vous avec l’histoire à travers la tenue de la 33ème Conférence du sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine.

Par Hassane Daouda

1er septembre 2018
Source : http://lesahel.org/

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