Remaniement ministériel en perspective : Est-ce la fin des carottes pour Mohamed Bazoum et les autres ?

Remaniement ministériel en perspective : Est-ce la fin des carottes pour Mohamed Bazoum et les autres ? Dans l’air depuis quelque temps, le remaniement gouvernemental tant chanté dans la presse er sur les réseaux sociaux, tarde à se concrétiser. Pour cause, il y aurait quelques couacs que le président de la République n’arrive pas encore à gérer convenablement. Selon des informations en provenance de sources politiques crédibles, Mohamed Bazoum est pressenti pour être ministre d’Etat à la présidence de la République, un poste qu’il a déjà occupé en 2015 en vue, disait-il à l’époque, de pouvoir se consacrer pleinement et de façon efficace à la réélection du Président Issoufou. Il devrait céder son fauteuil à l’inamovible ministre du Pétrole depuis neuf ans, Pierre Foumakoye Gado, un homme de confiance de Mahamadou Issoufou. Et selon les mêmes sources, Ousmane Ango, ancien directeur de la société nigérienne de produits pétroliers (Sonidep), pourrait être son remplaçant. Enfin, Hassoumi Massoudou, longtemps annoncé à la tête du gouvernement, se verrait propulsé à un poste qui ferait de lui, à défaut de la primature, le deuxième personnage du gouvernement.

Ce réaménagement ne serait pas du goût de tout le monde. Toujours selon les mêmes sources, non seulement Mohamed Bazoum ne serait pas d’accord pour quitter aussi tôt son fauteuil, mais son remplaçant probable, Pierre Foumakoye Gado, ferait de la résistance pour quitter le Pétrole. Intervenant à quelques dix mois de la fin du second et dernier mandat du Président Issoufou, ce remaniement gouvernement intrigue les Nigériens à plus d’un titre. Aussi est-il courant d’entendre des citoyens s’étonner de ce jeu de chaises musicales qui n’est pas pour plaire en particulier à Mohamed Bazoum. Il est en droit de nourrir, en toute légitimité, dit-on, des inquiétudes de voir deux inconditionnels du Président Issoufou accéder à deux leviers de commande essentiels.

À moins d’un an du départ d’Issoufou de la présidence de la République, l’arrivée de Pierre Foumakoye Gado au ministère de l’Intérieur dans ce contexte politique et préélectoral flou, pourrait être une source valable d’angoisse pour un candidat investi, mais qui peine à faire l’unité autour de sa candidature à l’intérieur même de son parti politique. L’accession simultanée de Hassoumi Massoudou, dont l’ambition pour le fauteuil présidentiel est connue — il n’a jamais digéré sa défaite face à Bazoum — à la tête du gouvernement, ne pourrait pas rassurer le ministre de l’Intérieur et candidat investi du Pnds pour l’élection présidentielle prochaine. Bref, si certains estiment que les carottes sont désormais cuites pour Mohamed Bazoum, d’autres avancent que le gouvernement tant attendu pourrait ne jamais voir le jour du fait de fortes suspicions et de méfiance nourries de part et d’autre.

Laboukoye  
13 juin 2020
Source : Le Courrier