Libération de l’activiste Ali Idrissa

aAli Idrissa a regagné son domicile le mardi 14 avril 2020, après avoir passé quatre nuits dans les locaux de la police judiciaire. Ali Idrissa, coordonnateur exécutif national du ROTAB et membre du cadre de Concertation et d’actions de la société civile, également directeur général du groupe de presse Labari a été présenté hier devant un juge d’instruction au tribunal de grandes instances hors classe de Niamey dans l’affaire du détournement de plusieurs milliards de FCFA au ministère de la défense nationale. Après avoir été entendu par le juge en charge du dossier, l’activiste nigérien et fervent défenseur de droit de l’homme et de la démocratie a été libéré.

Pour rappel, le coordinateur du ROTAB a été interpellé suite à deux plaintes déposées contre lui. La première plainte émanait de la femme de l’ancien chef d’étatmajor général de l’armée et la seconde de l’ancien secrétaire général du ministère de la défense nationale, dans le cadre de l’affaire de détournement au ministère de la défense nationale. Depuis l’arrestation de ces camarades activistes de la société civile nigérienne, Ali Idrissa est resté très actif sur les réseaux sociaux, dans le cadre des dénonciations sur ce dossier depuis son retour au pays après un séjour à l’extérieur pour des raisons personnelles. Mais, c’est une publication dans laquelle il cite nommément des prétendus responsables de ces détournements qui lui a valu cette interpellation.

Incarcération des activistes de la société civile

Plusieurs voix s’élèvent pour exiger la libération de ses autres camarades qui gardent prison depuis le 19 Mars dernier dans les prisons civiles de la région de Tillabéry, à la suite d’une manifestation pacifique le 15 Mars 2020 pour exiger une suite judiciaire de l’audit du ministère de la défense nationale. Les cinq activistes et le président du Syndicat des commerçants du Niger. Il s’agit notamment, du journaliste et coordonnateur du mouvement TLP Niamey, Moudi Moussa, du coordinateur de TLP Niger Maikoul Zodi, de Moussa Tchangari de Alternative Espaces Citoyens et membre actif du cadre de Concertation et d’actions de la société civile nigérienne, de Mounkaila Halidou de la confédération Nigérienne du Travail et membre du cadre, de Habibou Soumaila du mouvement Tournons la Page TLP Niger et du président du Syndicat des commerçants du Niger.

Au pays, tout comme au plan international, des activistes, lanceurs d’alertes, simples citoyens, dénoncent l’arrestation arbitraire de ces activistes incarcérés depuis la mi-mars. Ils exigent tous leur libération immédiate. C’est aussi le cas du Front Patriotique, un front de l’opposition politique nigérienne qui a lancé un appel à manifester sur l’ensemble des réseaux sociaux pour demander la libération des acteurs de la société civile emprisonnés. Ce genre d’appel à manifester, une première du genre au Niger fait suite aux mesures d’interdictions des rassemblements liées à la pandémie du covid19. Une belle initiative qui a été saluée et bien suivie par plusieurs internautes nigériens sur leurs pages facebook, twitter et statuts whatsapp, instagram ou encore télégram.

D’autres interpellations ont suivi Au moment où des voix s’élèvent pour exiger la libération des acteurs de la société civile incarcérés depuis le 19 Mars, d’autres interprétations d’activistes et acteurs de la société civile ont suivi, ces deux dernières 24 heures. Il s’agit notamment de celle de Dr Mallah Toudjani et de Nassirou Saidou, président de l’association « La voix des sans voix ». Dr Mallah Tidjani est interpellé pour un audio qu’on lui attribue et qui a fait le tour des groupes whatsapp depuis 48h. Une audio dans laquelle il parle de la gestion de la situation née de la pandémie du covid 19. Pour le cas de Nassirou Saidou, c’est aussi un audio qui est à l’origine de son interpellation depuis ce mardi 14 Mars.

Face à cette menace réelle du COVID-19, nos autorités devraient libérer ces défenseurs des droits humains, acteurs de la société civile, ainsi que tous les détenus emprisonnés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association.

M.D

18 avril 2020
Source : Le Courrier

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