Conférence de presse de Lumana «Il s’agit, ni plus ni moins qu’une tentative d’arracher le parti et de le donner à Noma qui le revendra, l’objectif est d’empêcher le parti Lumana de participer aux prochaines élections»

Conférence de presse de Lumana «Il s’agit, ni plus ni moins qu’une tentative d’arracher le parti et de le donner à Noma qui le revendra, l’objectif est d’empêcher le parti Lumana de participer aux prochaines élections»Le Bureau politique Moden/Fa Lumana Africa a animé, le samedi 15 février 2020, au siège du parti, un point de presse en rapport à la situation que tout le monde connaît à propos de Lumana. Cette situation, née de la démission d’office de Noma Oumarou, ancien président par intérim désigné par Hama Amadou, Président Fondateur du Moden/Fa Lumana Africa. Au cours de ce point de presse animé par un juriste de formation en la personne de Youba Diallo qui a fait ressortir certaines vérités qui mettent à nu le jeu tendant à déstabiliser le parti en le bloquant dans ses activités.

L’animateur du point de presse a tenu à rappeler que le parti Lumana, par respect à ses propres règles de conduite et à sa dignité que personne ne saurait bafouer, fut contraint de quitter le gouvernement et la coalition issue des élections de 2011, en 2013. Et depuis, des tentatives de déstabilisation du parti ont été entreprises. On se rappelle qu’une première crise avait secoué le parti de l’ancien président de l’Assemblée. Youba Diallo parlera « des premiers qui sont partis, ceux qui sont venus après eux et ceux qui se préparent à faire les mêmes actes. » Le problème que vit aujourd’hui le parti et qui est l’objet du point de presse date de 2018. Au renouvellement des structures du parti. Dans la région de Dosso, le président Oumarou Noma, candidat à sa propre succession au poste de président régional, fut battu avec à peine 20 voix contre plus de 240 pour son challenger. Il prit alors la décision de déstabiliser le parti avec la bénédiction de certaines mains, car il ne mobilise pas. Dans les textes du parti et même à l’usage, pour être président du parti, il faut nécessairement être président d’une coordination régionale. En perdant la présidence de la coordination régionale de Dosso, Oumarou Noma perdait de facto la présidence du parti. Hama Amadou, le mandant, ne pouvait que constater la fin de la présidence de son mandataire. Devant cette situation, des pourparlers ont été initiés. Les amis et camarades de Noma, membres du bureau provisoire du parti ont été mis à contribution.

Rien n’y fit. Dès que la décision de convoquer le congrès du 4 août fut prise, le bureau politique a eu plusieurs séances de travail. Il a été convenu, après plusieurs réunions, que le congrès se tienne à Niamey et non à Dosso. La décision est le résultat du vote qui a eu lieu. Les partisans de la tenue du congrès à Dosso ont eu 6 voix contre plus de 60 pour Niamey. Au lendemain de la décision du bureau politique, Oumarou Noma écrit au ministre de l’Intérieur pour dire que le congrès aura lieu à Dosso. Le président convoque un congrès après délibérations du bureau politique et non de façon unilatérale. L’essence, c’est le respect de la volonté de la majorité. Un seul individu, soit-il président, ne peut aller à l’encontre de la majorité. Bien d’autres choses répréhensibles ont été faites par Noma. Il s’est carrément rebellé. Ce qui n’est pas tolérable au point de vue de la discipline du parti et de l’intérêt de gens qui tiennent à leur dignité. Les textes du parti sont clairs. Quiconque refuse de respecter les décisions du bureau politique est frappé de déchéance. Démissionnaire de fait. Les articles y afférents ont été appliqués. Le bureau politique a écrit au ministre de l’Intérieur avec copie au procureur. On le laissera, malgré tout, faire son congrès en même temps que celui convoqué à Niamey par le bureau politique. Il réunira, à Dosso, moins de 20 délégués statutaires membres du congrès contre plus de 700 à Niamey. Le congrès convoqué par le bureau politique est annulé par le ministère de l’Intérieur au motif que seul Noma est habilité à convoquer. Son congrès de Dosso aussi sera annulé au motif que le quorum n’a pas été réuni. Par respect à l’autorité, le bureau politique s’est aligné sur la décision du ministre bien qu’il ne soit pas habilité à se prononcer comme il l’a fait. C’est l’affaire du juge. Le bureau politique s’est attelé à reprendre le congrès dans les meilleures conditions. Ainsi, en s’appuyant sur les dispositions de la Charte des partis politiques, les Statuts et le Règlement intérieur du parti, le bureau politique s’est vu contraint de convoquer la Conférence nationale du parti, l’instance juste au dessous du congrès, pour élire le président du parti parce que Noma était non seulement démissionnaire, mais également sanctionné. Le 21 décembre 2019, la Conférence nationale s’est tenue et un président par intérim a été élu. Toujours par respect à l’autorité et par politesse, le bureau politique envoie les conclusions de la Conférence au ministre de l’Intérieur. La lettre est signée par le président élu. La réponse du ministre ne tardera pas. C’est une lettre, dira Youba, avec un grain de mépris. Le ministre traite la Conférence nationale d’organe interne de gestion et le nouveau président élu de président du conseil de coordination nationale. Il adresse à Noma une lettre en le qualifiant de président par intérim. Dans cette lettre, le ministère de l’Intérieur prétend que c’est Noma qui peut convoquer un congrès. Une prise de position flagrante, estime Youba Diallo, qui dit, par ailleurs voir venir le ministre. Il s’agit, pour lui, ni plus ni moins qu’une tentative d’arracher le parti et de le donner à Noma qui le revendra. L’objectif est d’empêcher le parti Lumana de participer aux prochaines élections. Noma, président de la coquille vide ne pèsera pas car les candidats du parti ayant des chances sérieuses ne seront pas sous sa bannière. Il faut simplement noter que Noma est démissionnaire d’office et il a été exclu et son exclusion lui a été notifiée par acte d’huissier et le ministre de l’Intérieur et le procureur ont été informés de la décision. Malgré tout, on continue à dire que Noma est président du parti. Nos sanctions et décisions ne sont pas prises en compte. C’est une violation de l’article 10 de la Charte des partis politiques, une loi de la République. Cet article dit que l’organisation, le fonctionnement des partis politiques, se font conformément aux dispositions de leurs Statuts, de leurs règlements intérieurs et aussi de la démocratie. Où est la démocratie si l’on donne un parti à une seule personne pour écraser tout un bureau politique ? Un ministre peut-il prendre une décision sans se référer aux Statuts du parti ? C’est le travail du juge. Ce que Noma a fait est très grave. Pour moins que ça, dans certains partis, on sévit. Et puis Noma ne peut pas être président par intérim comme le dit le ministre. Noma a été désigné par Hama AMADOU au congrès de 2014 pour assurer son intérim. Il bénéficie alors d’une procuration. En termes juridiques, c’est un mandataire. Sur ces entre-faits, Noma este en justice pour faire constater la déchéance de Hama Amadou. Le code civil, une loi de la République, en son article 2003 qui traite du mandat, stipule que si le mandant, Hama Amadou, est déchu, le mandataire, Noma Oumarou, est aussi déchu. Donc, depuis l’arrêt de la Cour d’appel qui déchoit Hama Amadou, le 13 mars 2017, Noma ne devait plus être président. C’est une loi, elle s’impose à tous. Youba DIALLO annonce que le bureau politique écrira au ministre pour qu’il respecte la loi. L’obligation d’exécuter une décision de justice est du devoir de tous.

A.Y

26 février 2020
Publié le 19 février 2020
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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