Rebondissement de la crise du MPR Jamahoriya : Albadé Abouba face à l’ingratitude du PNDS-TARAYYA

Rebondissement de la crise du MPR Jamahoriya  : Albadé Abouba face à l’ingratitude du PNDS-TARAYYAAlors qu’on la croyait définitivement réglée avec l’exclusion de certains de ses protagonistes, qui ont même annoncé la création de leur propre parti politique, la crise qui secouait le Mouvement patriotique pour la République (MPR Jamahoriya) a rebondi de plus bel il y a quelques jours. Tout est parti d’une déclaration que la section régionale du MPR Jamahoriya de Zinder avait publiée, dans laquelle elle a indiqué retirer sa confiance au président du parti et actuel ministre d’État chargé de l’Agriculture et de l’Élevage, M. Albadé Abouba. Cette déclaration a été suivie par une autre publiée par la section de Niamey qui a pris la même décision de ne plus reconnaître à Albadé Abouba sa qualité de président du parti. Aussi curieux que cela puisse paraître, la déclaration de Zinder a été parainée par le président de section et ministre-conseiller à la Présidence de la République, M. Alma Oumarou. Nombreux sont les analystes qui pensent que le ministre Alma Oumarou ne peut jamais oser s’attaquer de manière si frontale à M. Albadé Abouba s’il n’est pas sûr d’avoir un soutien au sein du pouvoir. Ces analystes rappellent d’ailleurs que c’est suite à leur première brouille avec Albadé Abouba que M. Alma Oumarou et d’autres de ses collègues ont été nommés conseillers à la Présidence de la République avec rang de ministre. Les mêmes analystes font remarquer que depuis l’annonce, il y a quelques mois, par le MPR Jamahoriya présenter des candidats à tous les scrutins de 2011, de nouveaux remous ont commencé à être observés au sein du MPR Jamahoriya. Des médias proches du pouvoir ont commencé à tirer à boulets rouges sur Albadé Abouba. Ce dernier est présenté comme un despote qui gère son parti comme lui semble, sans tenir compte des avis de ses camarades. C’est le même reproche qu’on retrouve en premières lignes dans les déclarations des sections de Zinder et Niamey. Les mêmes médias sont encore revenus à la charge en donnant un large écho à ces déclarations, annonçant des jours sombres pour le président du MPR Jamahoriya. A analyser les choses de près, on peut aisément se rendre compte que le ministre d’État Albadé Abouba est victime d’une machination de la part de ses «amis» du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA), le principal parti au pouvoir. Ces derniers voient sans nul doute d’un mauvais oeil que l’homme ait des ambitions présidentielles, alors même qu’ils cherchent à réunir le maximum des partis au pouvoir autour de leur candidat pour continuer à garder le pouvoir après 2021. Il est vrai qu’en 2013 le ministre Albadé Abouba a été utilisé par le même PNDS-TARAYYA pour affaiblir le Mouvement national pour la société de développement (MNSDNASSARA), en animant une crise qui a conduit à l’éclatement de ce parti.

Cependant, le sort que le parti présidentiel est en train de réserver au président du MPR Jamahoriya relève de la pure ingratitude. Avant Albadé Abouba, beaucoup d’autres personnalités politiques qui ont cru à la sincérité et à la bonne amitié des responsables du PNDS-TARAYYA ont, malheureusement, été trahis et déçus par ces derniers; La première personnalité est sans nul doute l’ancien président de l’Assemblée nationale et président du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/LUMANA-AFRICA); M. Hama Amadou. Après avoir aidé le PNDS-TARAYYA à accéder au pouvoir en 2011, l’homme n’a eu que deux ans et quelques mois de bonheur avec les responsables de ce parti. Accusé de vouloir s’allier avec l’opposition pour mettre le Président de la République Issoufou Mahamadou en cohabitation, il fut déclaré comme l’ennemi public N°1 du régime et soumis à une énorme campagne de harcèlement qui a aboutit à sa mise en cause dans une indécente affaire de trafic des bébés et à sa condamnation à une peine de prison prison. Pendant qu’il exerçait la plénitude de ses responsabilités de président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou fut dépouillé de tous les privilèges que lui confèrent la Constitution et les autres lois de la République, dont la sécurité. La deuxième personnalité à faire face à l’ingratitude du PNDS-TARAYYA est l’ancien ministre d’État Abdou Labo et ancien vice-président de la Convention démocratique et sociale (CDSRAHAMA). Après avoir été utilisé pour combattre le président de son parti Mahamane Ousmane, à qui il a finalement arraché le CDSRAHAMA, Abdou Labo fut aussi mis en cause dans l’affaire de trafic des bébés. Jeté en prison pour plusieurs mois, il finit par perdre même le parti qu’il a arraché à Mahamane Ousmane.

L’ancien ministre d’État Omar Hamidou Tchiana a aussi fait les frais de l’ingratitude du PNDSTARAYYA. Alors qu’il était secrétaire général du MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA, l’homme avait aussi été utilisé pour déstabiliser son parti. Un jour, alors qu’il était membre du gouvernement, il fut débarqué sans ménagement. L’ancien ministre des affaires étrangères et président du Mouvement patriotique nigérien (MPN KIISHIN KASSA), M. Ibrahim Yacouba, a subi le même sort, après avoir servi le même PNDSTARAYYA avec un engagement qui frisait le zèle.

Salifou Hamidou 

22  février 2020
Source : Le Canard en Furie

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