Élections générales 2020-2021 : Nous tendons vers l’impasse

Élections générales 2020-2021 : Nous tendons vers l’impasse Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dort certainement mal ces jours-ci, du fait des difficultés inextricables qu’il éprouve pour conduire sa barque à bon port. Lesquelles difficultés sont liées à un manque flagrant de ressources financières conséquentes et la persistance de la crise sécuritaire qui prévaut dans plusieurs régions du pays. Ces facteurs handicapants combinés pèsent gravement sur la bonne conduite de l’opération d’enrôlement, qui est d’ailleurs interrompue dans une bonne partie de la région de Tillabéri et le département de Tillia (Tahoua). Dans lesdites zones, les équipes de terrain ont été récemment instruites d’interrompre l’opération d’enrôlement et de descendre, à cause de la flambée ces derniers mois de l’insécurité armée entretenue par les groupes terroristes et Jihadistes en provenance du septentrion malien. Ça, c’est l’argument officiel servi à l’opinion par la CENI pour justifier sa décision. Lequel argument tient évidemment la route parce que la menace est réelle dans les régions de Tillabéri et de Tahoua qui font partie de la zone (1) l’opération a été lancée depuis plusieurs mois aujourd’hui. Pour preuve, une mission d’enrôlement de la CENI escortée par des éléments de nos forces de défense et de sécurité (FDS) a été victime d’une embuscade terroriste au mois de décembre 2019 dans les parages de la localité de Saman (Ouallam), laquelle embuscade s’est malheureusement soldée par la mort de 14 de nos vaillants soldats. Dans un tel contexte d’insécurité, il est évident que c’est mettre en péril la vie des agents recenseurs qui doivent couvrir les localités hautement exposées aux attaques terroristes. Seulement, l’autre difficulté qu’on cherche à cacher aux Nigériens, ce sont ces vagues régulières de démission observées depuis un certain temps dans les rangs des agents enrôleurs pour non-paiement de leurs émoluments dans les délais requis. A ceci vient se greffer la question cruciale de la logistique qui s’est posée dès le lancement de l’opération. Un fichier biométrique ne se bricole pas. Pour qu’il soit fiable, il va falloir nécessairement recenser aussi les électeurs potentiels des localités du pays sur lesquels la CENI veut faire l’impasse. A vrai dire, nous sommes actuellement dans l’impasse puisque le démarrage de l’enrôlement biométrique au niveau de la zone II (Diffa, Maradi, Maradi, Niamey) doit en principe débuter en début février 2020. Chose peu probable au regard de l’enlisement dans lequel se trouve aujourd’hui la CENI. Les Nigériens sont dans l’expectative. Certains pensent qu’il n’y aura pas du tout d’élections en 2020-2021 au regard du retard accusé dans la conduite unilatérale du processus du fait des contingences énumérées ci-dessus, d’autres soutiennent qu’elles se tiendront, même avec un fichier biométrique bâclé. Comme celui classique de 2015 qui a servi à l’organisation des élections générales de 2016 et a permis au président Issoufou de rempiler pour un deuxième et dernier mandant dans des conditions on ne peut plus abjectes. Car jamais dans l’histoire des élections dans notre pays, nous n’avons assisté à une pareille mascarade de grande ampleur. Nous sommes bientôt au bout du rouleau.

Les thuriféraires de la renaissance, qui se plaisent à traiter l’opposition de mauvaise foi, sont désormais coincés. Nous avons entendu récemment certains dire qu’accepter de participer auxdites élections n’est pas une obligation.

‘’Libre à l’opposition de ne pas prendre part aux scrutins si ça lui chante. C’est leur problème, il y aura les élections aux dates indiquées’’. Quelles élections ? Une copie presque conforme de 2016 ? Les Nigériens seront-ils prêts à accepter cela ? Pas évident ! Me Issaka Souna dort mal parce qu’il ne pourra pas dégager sa responsabilité par rapport à ce qui adviendrait en cas de crise pré ou post-électorale.

04 février 2020
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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