Visite du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, sur le site Tiguirwit II du Projet Irhazer-Tamesna-Aïr, à Agadez : «Il y a de quoi se réjouir de ce que nous avions vu sur le terrain mais il n’en demeure moins qu’il reste des efforts

En mission dans la région d’Agadez, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Albadé Abouba, a visité, vendredi dernier, le site de Tiguirwit II du Projet Irhazer-Tamesna-Aïr, situé à 60 kilometres au sud-ouest d’Agadez. Il était accompagné de l’ambassadeur de France au Niger, SE. Alexandre Garcia, du gouverneur de la région d’Agadez, du Sultan de l’Aïr, du Représentant de la société Orano Niger, M. Pascal Bastien, des cadres de ladite société ainsi que des techniciens de son département ministériel.

Dans la région d’Agadez, où les eaux de surface et du sous-sol sont abondantes en particulier dans les vastes plaines de l’Irhazer qui draine l’eau des 28 bassins versants de l’Aïr et de la dépression périphérique de l’Irhazer Wan’Agadez, l’implantation du Projet agro-pastoral se justifie à plus d’un titre dans le cadre du développement économique et social du Niger. L’un des objectifs de ce projet est de contribuer à la sécurité alimentaire par le développement de l’agriculture irriguée et au développement dans la région d’Agadez conformément au Programme de Renaissance initié par le Président de la République, SE Issoufou Mahamadou.

Lors d’une rencontre avec les exploitants du périmètre irrigué de Tiguirwitt II, le ministre d’Etat Albadé Abouba a indiqué que son département ministériel travaillera avec l’existant et le reliquat de ce projet pour faire quelque chose de durable. Concernant le problème d’eau qui se pose sur le site, il a souligné la nécessité d’augmenter deux forages supplémentaires. Il a assuré que des discussions seront menées avec le partenaire Orano en vue de leur réalisation. Pour ce qui est du problème de gestion d’eau sur le site, le ministre en charge de l’Agriculture a indiqué qu’il y a lieu de travailler avec les techniciens pour rationaliser mais aussi trouver des systèmes d’irrigation appropriés afin réduire le maximum d’évaporation et d’infiltration.

Pour ce qui est de la nature des cultures faites à l’intéreur de l’aménagement, le ministre d’Etat a demandé aux exploitants de discuter avec les spécialistes et les services techniques en la matière pour de meilleurs rendements.

«Concernant votre demande d’intégrer l’élevage, il faut reconnaitre que pour pratiquer l’élevage, il faut non seulement avoir le bétail mais il faut aussi le pâturage pour nourrir ce bétail. La luzerne que d’aucuns considèrent comme un élément superficiel est peut-être le salut du complément fourrager qu’il nous faudrait dans les années à venir parce que avec les changements climatiques on constate chaque année le déficit pluviométrique dans certaines zones ou la dégradation des sols dans d’autres à excédent pluviométrique. Pour endiguer les déficits chroniques, il faut que progressivement, nous commencions à produire des cultures fourragères susceptibles de satisfaire les besoins de notre cheptel qui s’accroit de façon très importante », a-t-il souligné.

L’autre dimension du projet Irhazer porte sur la prise en compte de la composante Genre, et sur ce plan, le ministre d’Etat a demandé à l’équipe du Projet de donner une part importante aux femmes dans la répartition des parcelles. « Nous avions constaté dans nos missions que les femmes travaillent considérablement mieux que les hommes. Et le travail des femmes semble mieux élaboré, mieux conçu et soutenu que celui des hommes qui est fait avec beaucoup de négligence », a-t-il relevé. Selon le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, le projet doit aussi réduire la migration et la pauvreté chez les jeunes afin de les prémunir de toutes ces tentations négatives qui pourraient nuire à notre société.

Pour sa part, l’Ambassadeur de France au Niger, SE Alexandre Garcia, s’est dit honoré d’avoir accompagné le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage sur le site du Projet Irhazer financé par la société Orano, dans le cadre d’un accompagnement social et sociétal dans le domaine agricole. Le projet Irhazer c’est 11,4 milliards de FCFA pour l’irrigation de 750 ha en vue de satisfaire aux besoins de 500 familles et plusieurs milliers de citoyens de la région d’Agadez qui sont impactés par ce projet. «Nous sommes très content que la France et Orano poursuivent leurs efforts d’investissements au profit du développement d’activités rurales et au financement des filières agricoles dans la région », a dit le diplomate français. Il a ajouté que ces actions viennent en soutien à tous les programmes agricoles de la région et qui s’intègrent dans la politique nationale de l’Initiative 3N.

Quant au représentant d’Orano Niger, M. Pascal Bastien, il a indiqué que depuis son implantation au Niger, Orano est un acteur responsable qui contribue au développement du Niger. «La compagnie Orano reste présente au Niger dans ses actions industrielles et minières, mais aussi dans ses actions sociales et sociétales et ceci qu’elles qu’en soit les situations liées à la baisse du prix de l’uranium », a-t-il expliqué. Placé au premier plan de la stratégie industrielle du groupe, l’engagement sociétal favorise l’accès à des services sociaux de base pour concourir à l’amélioration des conditions de vie des populations.

A noter que le coût du PADA/ITA (Projet d’Appui au Développement Agricole de l’Irhazer, du Tamesna, et de l’Aïr), est évalué à 11,4 Milliards de FCFA grâce a la contribution du Groupe Orano, principal bailleur de fonds de ce projet. La mobilisation de cette contribution a été possible grave à la Convention de Mise en œuvre signée le 25 Juin 2015 entre Orano et le Niger.

Lors d’un point de presse qu’il a animé à l’issue de la visite, le ministre d’Etat Albadé Abouba a déclaré qu’il a tenu à effectuer le déplacement pour s’enquérir personnellement de l’évolution du Projet d’Appui au Développement Agricole de l’Irhazer-Tamesna-Aïr, initié depuis 2006, soit 13 ans aujourd’hui, et qui a eu un parcours bien agité. « En effet, les débuts ont été très difficiles. En cours d’exécution également en 2014-2015 beaucoup d’autres difficultés sont venues s’ajouter mais depuis, les choses sont en train de se décanter et aujourd’hui avec une nouvelle équipe le projet peut prendre un nouvel envol », a-t-il rappelé.

Une des préoccupations, a-t-il dit, porte sur l’extension des périmètres d’exploitation pour répondre aux besoins immédiats des populations, mais également de réduire le phénomène de migration, de renforcer les capacités des familles à subvenir à leurs besoins essentiels dans les secteurs sociaux de base, notamment la prise en charge scolaire de leurs enfants. Pour le ministre d’Etat, ce projet cadre parfaitement avec la Stratégie Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens », qui est la stratégie nationale de

sécurité alimentaire et nutritionnelle et du développement agricole durable, une composante du Programme de Renaissance initié par le Président de la République SE Mahamadou Issoufou.

« Il y a de quoi se réjouir de ce que nous avions vu sur le terrain mais il n’en demeure moins qu’il reste des efforts supplémentaires pour renforcer les capacités de ce qui existe et en même temps étendre le projet à la dimension espérée. A ce niveau il y a une grande convergence de vue pour l’amélioration de l’exécution de ce projet. La plupart des exploitants sont des éleveurs reconvertis dans l’agriculture ce qui fait un des acquis du projet », a-t-il conclu.

Abdoulaye Harouna (onep)

12 novembre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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