Maradi : Visite du président de la Commission nationale des droits humains (CNDH) dans la région

Le président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), Pr Khalid Ikhiri a entamé le lundi 6 octobre dernier une mission dans la région de Maradi. Il s’agit pour lui et les commissaires qui l’accompagnent de s’enquérir de la situation des droits économiques, sociaux et culturels aussi bien à Maradi qu’à Tessaoua, Guidan Roumdji, Madarounfa, Aguié, Mayahi et Dakoro.

A Madarounfa, première étape de ce périple, le Pr Khalid Ikhiri s’est d’abord entretenu avec le Secrétaire général de la Préfecture, M. Ousseini Jakou. L’entretien a tourné autour de l’insécurité qui prévaut dans le département, notamment dans la commune rurale de Gabi où les vols de bétail et le rapt sont devenus monnaie courante. Le président de la CNDH a appris les efforts déployés par le gouvernement pour sécuriser cette zone. Toujours à Madarounfa, la délégation de la CNDH a visité le Tribunal d’Instance de ladite localité. Là également, le président a souligné que malgré que les conditions de travail soient acceptables, en ce sens que le tribunal dispose d’assez de personnel, un problème de véhicule a été signalé à la délégation.

A la Maison d’Arrêt de Madarounfa qui accueille quelque 234 détenus dont 91 condamnés, le président de la CNDH a visité tous les compartiments à savoir, la cuisine, le quartier des femmes, le quartier des mineurs, l’infirmerie et la grande cours. La principale préoccupation des prévenus reste et demeure la lenteur dans le traitement des cas. En effet, beaucoup d’entre eux disent avoir passé plusieurs années de détention sans jugement. Ils ont notifié au président de la CNDH, le manque de nattes devant leur servir de couchette. A l’infirmerie, le problème de la disponibilité des médicaments se pose avec acuité.

La délégation s’est aussi rendue à la briqueterie de Djirataoua, créée en 1976 par les Allemands et reprise à partir de 2006 par un opérateur économique de Maradi. Cette unité qui a une capacité de 12.000 briques jour, compte 56 ouvriers. Elle fonctionne au rythme des commandes et ne rencontre pas beaucoup de problèmes. Enfin, le centre de santé et de léprologie de Danja a constitué la dernière étape de cette visite dans le département de Madarounfa. Après avoir été briefé sur les différents services offerts aux patients, le Prof Khalid Ikhiri n’a pas tari d’éloge sur cet hôpital. Il a aussi visité le centre de fistule qui prend en charge à 100% les malades. Hormis le traitement de la lèpre, ce centre prend aussi en charge le traitement de la dermatose et la confection de chaussures ou pieds en planche pour les malades amputés.

Le lundi dans l’après-midi, le président de la CNDH s’est rendu à l’hôpital de référence de Maradi, dont la réception officielle a eu lieu le 12 avril 2019 par le Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Issoufou Mahamadou. Ce bijou d’un coût d’environ 65 milliards de FCFA est un bâtiment monobloc construit sur deux niveaux d’une capacité de 550 lits, comprenant les services des urgences et de soins intensifs ; les consultations spécialisées ; les services d’hospitalisation d’une capacité de 550 lits ; les services d’appui médicaux techniques et les services administratifs. Le plateau technique est essentiellement composé d’un bloc opératoire avec 7 salles d’opérations ; des salles d’imagerie médicale ; des salles d’exploration fonctionnelles (échographie, électrocardiogramme, endoscopie, phlébologie) et un service de laboratoire avec des appareils entièrement automatisés.

A l’issue de cette visite, le Pr Khalid Ikhiri a indiqué qu’il est du devoir de son institution de s’imprégner des conditions de prise en charge des malades dans cet établissement sanitaire. « Dieu merci, cette visite nous a permis de découvrir que l’hôpital est effectivement moderne avec un plateau technique disponible et que tout malade peut être pris en charge » a-t-il affirmé. Le président de la CNDH a ajouté que l’investissement est de qualité et que tout Nigérien doit être fier et surtout contribuer à préserver cet investissement. « Il faudrait que la maintenance soit une réalité pour que dans dix ans encore, on puisse être fier de cet outil qui est un échantillon dans la sous- région », a déclaré Prof Khalid Ikhiri, estimant qu’avec cet hôpital de référence, les évacuations sanitaires doivent être réduites et le pays doit faire des économies afin d’investir dans d’autres secteurs.

Tiémogo Amadou ANP-ONEP Maradi

10 octobre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

Politique