6ème journée de plaidoyer en faveur de l’institutionnalisation de la journée nationale de lutte contre l’esclavage : «Je m’engage à accompagner et à soutenir le processus » a déclaré SE. Brigi Rafini, Premier ministre, Chef du Gouvernement

L’association nigérienne Timidria, qui milite dans la lutte contre l’esclavage au Niger, a organisé samedi dernier à l’auditorium Sani Bako du ministère des Affaires étrangères, la sixième édition de la journée de plaidoyer pour l’institutionnalisation de la journée nationale de lutte contre l’esclavage. Le Premier ministre, Chef du gouvernement Brigi Rafini a parrainé la cérémonie d’ouverture de cette journée qui se veut le point de départ d’une nouvelle étape en faveur de la lutte contre l’esclavage, cette une pratique qui subsiste encore dans notre pays et dans la sous-région sous diverses formes à travers laquelle une catégorie de personnes est considérée comme servile et inférieure à une autre.

Le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), le ministre de la Justice et plusieurs membres du gouvernement, l’ambassadeur des Etats Unis au Niger ainsi que des responsables des associations et ONG des droits de l’Homme étaient présents à cette journée pour marquer tout l’intérêt que notre pays et ses partenaires accordent à la question de l’esclavage et son éradication en tant que pratique honteuse mais aussi pour briser le tabou autour afin d’en parler. En effet, depuis 2014 soit un an après la conférence de Bamako, l’association Timidria lançait la journée de plaidoyer pour amener le Niger à instituer une journée nationale de lutte contre l’esclavage. L’objectif étant de créer une nouvelle dynamique autour de cette pratique moyenâgeuse qui jure d’avec les principes élémentaires de l’Etat de droit auquel notre pays a résolument souscrit ainsi que des conventions et traités internationaux qu’il a souverainement signés et ratifiés.

La participation effective des personnalités dont le Premier ministre à la journée de plaidoyer prouve à suffisance que le travail abattu durant cinq années de combat par l’association Timidria et ses partenaires est une cause noble à laquelle il faut adhérer. Le Chef du gouvernement a, à cette occasion, salué l’initiative de l’association pour qui la journée consacre le dialogue entre les autorités et les organisations de la société civile sur des questions d’intérêt national. Le Premier ministre a estimé que la rencontre avec les acteurs de la lutte contre l’esclavage dénote une fois de plus de l’attachement commun des deux parties à la dignité, aux droits humains, au refus de toute forme de pratiques avilissantes pour l’être humain, du trafic et de l’esclavage. Soulignant avec force que la « République ne rime point avec l’esclavage », le Chef du gouvernement a rappelé les dispositions pertinentes de la loi fondamentale dont le préambule proclame la résolution du Niger à bâtir un Etat de droit garantissant notamment la liberté, tout le contraire de l’esclavage, la justice, la dignité et l’égalité pour tous les citoyens.

‘’Le combat est un combat noble pour la dignité humaine qui est « le nôtre » et qui incombe à l’ensemble du peuple du nigérien’’

Brigi Rafini a rappelé qu’au Niger la constitution proclame que tous les Nigériens naissent libres et égaux en droit et nul ne sera soumis à la torture, à l’esclavage ni à des sévices ou des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Cette même constitution proclame l’attachement du Niger aux droits humains définis par les instruments internationaux faisant référence notamment à la DUDH et la Charte Africaine des droits de l’Homme. « Le Niger a donc des acquis en la matière et que le programme de Renaissance du Niger les a capitalisés en accordant une place de choix à l’effectivité des différentes générations des droits reconnus à la personne humaine» a estimé le Chef du gouvernement. « Depuis plusieurs années déjà, le Président de la République a matérialisé son attachement aux valeurs humaines et à leur respect » a dit le premier ministre tout en indiquant que la conviction du Président Issoufou est que « ces valeurs sont consubstantielles à la démocratie ».

C’est ainsi que le Chef de l’Etat, pour qui l’égalité est inséparable de la liberté, a mis la lutte contre l’esclavage et les pratiques associées au cœur de son action. Leur effectivité dépend, selon le Président de la République, de la victoire sur tous les vestiges de l’esclavage sous ses différentes formes notamment ceux de l’esclavage domestique. Galvanisé par la déclaration du Président de la République, le gouvernement s’est attelé à la tâche consistant à vaincre effectivement ce qui reste de cette pratique dont la réalité relève plus des considérations psychosociologiques qu’une pratique réelle dans la conception connue du phénomène à son état primaire. Dans sa volonté à éradiquer l’esclavage, le Niger a pris de nombreuses mesures tant institutionnelles, réglementaires que légales. « Mieux il a invité la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage à venir examiner la situation et s’est engagé à mettre en œuvre toutes les recommandations formulées dans leur intégralité » a dit le Premier ministre.

Brigi Rafini a ajouté que le Niger a aussi accepté toutes les recommandations qui lui étaient adressées lors du passage de l’examen périodique universel en 2016 et le comité interministériel chargé de la rédaction des rapports aux organes et traités de l’EPU veille à leur mise en œuvre. La CNDH qui a été également mise en place en tant qu’institution républicaine a intégré la question de l’esclavage au sein de ses priorités. Tout comme la commission et l’Agence nationales de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants œuvrant également depuis 2015 pour endiguer le fléau dont le Niger est malgré lui un acteur. Reconnaissant la complexité du phénomène de l’esclavage, le Chef du gouvernement a souligné la nécessité d’un travail long et acharné ainsi que la conjugaison des efforts de tous les acteurs ; d’où d’ailleurs l’organisation de cette journée de plaidoyer. M Brigi a encouragé les OSC actives à poursuivre l’action de protection et de promotion des droits humains aux côtés des autorités avec la détermination mais aussi tout le discernement requis. « Je voudrais ici m’engager à accompagner et à soutenir le processus d’institutionnalisation d’une journée nationale de lutte contre l’esclavage au Niger » a promis le Premier ministre non sans souligner que le combat est un combat noble pour la dignité humaine qui est « le nôtre » et qui incombe à l’ensemble du peuple du nigérien.

Zabeirou Moussa (onep)

10 juin 2019
Source : http://www.lesahel.org

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