Conférence-débat à la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) : De la nécessité de créer les conditions de l’accès facile à la justice pour les femmes

A l’ occasion de la Journée Nationale de la Femme Nigérienne célébrée le 13 mai dernier, la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a organisé hier à son siège, une conférence-débat sur le thème « Accès de la femme à la justice ». La conférence débat a été animée par Dr Balkissa Abarchi membre de l’association des femmes juristes, également cadre de la CNDH.

La Conférence a été l’occasion pour les participants de débattre de cette problématique d’actualité en vue de faire des propositions qui visent à améliorer la situation particulière de la femme devant la justice, notamment du point de vue de l’assistance dont elle peut avoir besoin pour mieux se défendre. La discussion s’est déroulée en présence des responsables de la CNDH, notamment le président, Pr Khalid Ikhiri et la vice-présidente, Mme Sidikou Fatoumata et plusieurs invités.

Dans son mot introductif, la vice-présidente de la CNDH, Mme, Sidikou Fatoumata, a expliqué que le choix du thème de cette conférence vient du constat des difficultés que les femmes rencontrent dans ce domaine. Selon elle, «l’accès à la justice n’est pas chose facile, parfois les femmes préfèrent ne pas porter plainte par peur de représailles ou pour éviter les réprobations familiales », ajoutant qu’elles ont du mal à briser le silence et accéder à la justice. Du reste, « l’accès à la justice est souvent plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Dans certains cas, elles n’ont pas d’indépendance financière pour aller seule devant les tribunaux. Dans d’autres cas les préjugés sociaux les empêchent de connaitre leur droit ou alors elles ignorent totalement le droit de recours tandis que le parcours à la justice est parsemé d’embuches », a-t-elle expliqué. Malheureusement, « les femmes se trouvent souvent empêchées de recourir à la justice pour des raisons diverses liées à leurs statuts », a-t-elle déclaré.

Dans sa présentation, Dr Balkissa Abarchi s’est appesantie sur quatre points essentiels à savoir les situations qui conduisent au recours à la justice par la femme, les obstacles auxquels sont confrontées les femmes lors du recours à la justice, les voies de facilitation pour l’accès de la femme à la justice, et les perspectives. S’agissant des situations qui conduisent au recours, à savoir les conflits conjugaux, elle a noté les violences conjugales, les problèmes au travail tel que le harcèlement et les discriminations et les conflits électoraux.

Quant aux obstacles auxquels sont confrontées les femmes lors du recours à la justice, elle a énuméré le coût de la justice, la méconnaissance des droits, la complexité de la procédure judiciaire, la stigmatisation de la femme dans la société et l’éloignement des juridictions, pour revenir aux difficultés financières. En ce qui concerne les voies de facilitation pour l’accès de la femme à la justice, Dr Balkissa Abarchi a exhorté les femmes à s’orienter vers l’Agence Nationale d’Assistance Judiciaire (ANAJ), la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), les Organisations de la Société Civile (OSC), les audiences foraines et les «Magagia ou les Inna » dans la justice traditionnelle.

Relativement aux perspectives, elle a reconnu les limites des institutions compétentes en la matière tout en proposant de renforcer les capacités des voies de facilitation à la justice pour la femme et si possible constituer à l’image des autres tribunaux spécialisés un tribunal qui protège les droits de la femme. Cette conférence a été enrichie par un débat très animé par les participants qui ont pris la parole, qui pour poser des questions, qui pour apporter leur contribution.

Mamane Abdoulaye, Issaka Mahamadou Almoubarak (stagiaire)

16 mai 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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