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Effet boomerang du concassage des partis : Le Pnds-Tarayya au stade de métastase avancée

Effet boomerang du concassage des partis : Le Pnds-Tarayya au stade de métastase avancéeTout organisme, vivant ou social, contient en lui-même ses " propres éléments fossoyeurs ". Et, tôt ou tard, il finit par se désagréger. Les camarades marxistes léninistes, admirateurs de Lénine, le savent, à moins qu'ils n'aient oublié cette vérité élémentaire de la dialectique. Après avoir longtemps tenté de diviser et concasser (et parfois avec succès) les partis politiques de l'opposition comme des alliés, le virus de la division atteint le PNDS Tarayya, et au grand jour. Malgré tous les efforts déployés pour que les fissures ne soient manifestes et sues de tous. Selon les informations qui parviennent d'ici et de là, rien manifestement ne va plus au sein du parti présidentiel. L'existence des camps, qui ont commencé à se former en réalité depuis le début du débauchage des militants des partis politiques, à partir de 2013, se précise de plus en plus. L'on se rappelle que des militants, et pas des moindres, ainsi que des députés de certaines formations politiques ont été débauchés, le plus souvent à l'insu et dans le dos du président du PNDS. Ils sont allés " soutenir les actions du président de la République ", à travers des déclarations tonitruantes ou lors de meetings organisés à cet effet. Si le président du PNDS n'est pas associé, ceci laisse supposer que ce n'est pas au bénéfice du parti lui-même, mais de la personne qui leur a assigné et leur assigne encore une mission inconnue du reste des camarades. S'il est vrai que l'action des débauchés et des députés dissidents a toujours bénéficié aux renaissants de manière générale en semant la zizanie au sein des partis adverses, le même virus inoculé ailleurs est en train de leur revenir en pleine figure. Comme quoi quand on n'est pas sur l'autre rive, il ne faut jamais rire de celui qui traverse la rivière. Et on ramasse toujours ce que l'on a soi-même semé. Il y a un autre indice pourtant assez instructif, mais qui n'a pas attiré l'attention de bien d'observateurs. La Constitution interdit au président de la République de continuer à présider son parti. Le PNDS a bien élu, ou s'est vu désigner, un nouveau président, après l'arrivée de Mahamadou Issoufou au pouvoir. Mais jusqu'ici la moindre photo de Bazoum ne trône au fronton du tout nouveau et rutilant siège du parti. Comme si l'actuel président est toujours un intérimaire, un Kama mini comme l'appellent certains. Il y a vraiment de quoi être frustré. Pourtant, l'homme de Tesker a mouillé le maillot, au point d'être considéré comme le candidat naturel du PNDS à la présidentielle 2021. De tous les combats, Bazoum s'est illustré pour son parti, prenant des coups partout, à la place de Issoufou et de tous ses camarades. Y compris en faisant des sorties hasardeuses et ratées dont celle où il parlait des " juges corrompus " et de " officiers ethnicistes ".

Les deux camps, celui attribué du Chef de l'Etat et celui de Bazoum, se mènent de la sorte une guerre de tranchées, mais avec rage. Le premier serait constitué de quelques caciques du PNDS, et surtout de débauchés et autres hommes politiques qui ont quitté leurs partis politiques avec armes et bagages pour aller soutenir les actions du président de la République. En vérité pour beaucoup d'observateurs, dans cette transhumance ces hommes politiques et autres opérateurs économiques (la frontière n'est pas grande entre ces deux catégories de nos jours) cherchent l'impunité. Car beaucoup d'entre eux trainent des casseroles et des plus bruyantes, empêtrés dans des scandales financiers ou de fautes graves comme les fraudes aux concours et aux examens. Si jusqu'ici ils bénéficient d'une impunité totale ou de nomination contre soutien, le bénéficiaire de ces soutiens parfois incompréhensibles pour la majorité des nigériens, n'hésite pas quant à lui à leur confier les missions les plus compromettantes. Telle est la logique des choses. Puisque la rançon de la compromission et de la félonie se paie toujours au prix le plus fort. Pourtant, il n'y a pas longtemps, certaines " grandes gueules " parmi les camarades se gargarisaient du fait qu'ils sont capables de débaucher les militants des autres partis et d'y semer la division. Ces débauchages étaient chantés par les militants du PNDS et autres proches du pouvoir comme, une force, un véritable exploit. Or, ce qu'ils feignent d'ignorer est que quand on dispose du pouvoir d'Etat et qu'on a aucun respect pour la loi et les partis politiques pourtant reconnus par la Constitution, il n'y a pas plus facile que de diviser un parti ou débaucher des militants avec des pratiques corruptives. Des alliés, plus zélés du PNDS, proclamaient que les responsables des partis ainsi déstabilisés doivent se plaindre d'eux-mêmes et de leur mauvaise gestion du parti. Ceux-là également sont aujourd'hui frappés par la division et le débauchage. Après leur départ de la MRN, nombres de leurs militants, y compris des ministres, ont préféré démissionner pour rejoindre la Renaissance. Et comme un effet boomerang, la gangrène au sein du PNDS a atteint un point apparemment de non-retour. Les appétits se sont aiguisés, l'appétit venant en mangeant. La lutte pour le contrôle des ressources devient féroce. De quel clan est-il ? C'est la question récurrente dans les milieux du pouvoir. Estil proche de Bazoum ou de Issoufou ? Telle est la question. Le syndrome du dauphin, avivé entre Tandja et Hama, se saisit aujourd'hui des mêmes intrigants. Et selon toute vraisemblance, Bazoum risque de subir le même sort que Hama Amadou, président du parti au pouvoir, Premier ministre pendant 7 ans sous Tandja. Ce n'est nullement un souhait mais une très forte probabilité. Le jeu politique sous les tropiques est vicieux. Surtout que plusieurs pesanteurs entrent en jeu, avec la Renaissance. La dernière est ce deal entre Salou Djibo et Mahamadou Issoufou, révélée il n'y a pas longtemps par Hama Amadou lors d'une manifestation organisée par la diaspora Lumana à Londres. Venant de Hama Amadou, la chose est prise au sérieux, car l'homme n'est pas connu pour raconter des bobards, contrairement à certains qui se plaisent et se complaisent dans le mensonge. Bazoum serat-il le candidat du PNDS à la présidentielle, s'il élection il y aura en 2021 ? Rien n'est moins sûr. Car en plus de ce deal qui obligerait Mahamadou Issoufou à transmettre le témoin à Salou Djibo pour services rendus (à qui ?), beaucoup de cadres et d'opérateurs économiques proches du pouvoir, rechignent à soutenir la candidature de Bazoum sous la bannière du PNDS. Autant dire que la bataille PNDS-GURI, que nous avons évoquée il y a deux ans dans une de nos livraisons, fait rage et se déroule sans pitié aucune. La métastase est à un point avancé. Les prochains jours nous édifieront certainement.

Bisso

03 novembre  2018
Source : Le Courrier

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