Les acteurs de la société interdits de séjour à Agadez : Un mépris pour les droits de l'homme et la démocratie

Les acteurs de la société interdits de séjour à Agadez : Un mépris pour les droits de l'homme et la démocratieC'est avec stupeur et indignation que les Nigériens ont appris ce mercredi 29 août 2018 l'interdiction de séjour notifiée aux acteurs de la société civile à Agadez par arrêté de l'adjoint du maire de la ville, sur la base de fallacieux prétextes. A l'heure où nous nous mettons sous presse, Nouhou Mahamadou Arzika du MPCR, Moussa Tchangari d'Alternative Espaces Citoyens et Ali Idrissa du ROTAB Niger sont dans les mains de la police à l'aéroport d'Agadez où ils attendent d'être refoulés. Comme de véritables sans-papiers, ces citoyens nigériens dont le combat pour la pleine jouissance de ses droits par le peuple ne fait plus l'ombre d'un doute depuis la lutte qu'ils ont engagée au sein de la Coalition Equité-Qualité contre la vie chère en 2005, sont donc déclarés persona non grata sur une partie du territoire national. Un fait grave sans précédent pour des nigériens qui ne font que défendre les droits des populations nigériennes sans discrimination aucune. Pire, le régime de la Renaissance creuse sa politique de division des nigériens, en voulant dresser des communautés les unes contre les autres. Car l'invocation de certains propos lointains (qui restent à vérifier d'ailleurs) attribués à l'un des leaders de la société pour justifier leur expulsion d'Agadez est tout simplement monstrueuse. En vérité, comme le régime utilise la répression fiscale pour étouffer la libre expression des points de vue, un fallacieux prétexte est utilisé ici aussi pour empêcher à la société civile de mener ses actions citoyennes. De quoi s'agit-il ? Le cadre de concertation d'actions citoyennes dont les leaders sont Nouhou Mahamadou Arzika, Ali Idrissa et Moussa Tchangari ont entrepris en tant que citoyens un combat pour la bonne gouvernance, dénonçant la présence des bases militaires étrangères dans notre pays, ainsi qu'une lutte contre certaines dispositions perverses de la loi de finance 2018, jugée antisociale à bien des égards. Arrêtés en mars 2018, ils sont condamnés quatre (4) mois plus tard à 3 mois avec sursis. Le pouvoir de Niamey pensait avoir émoussé leur élan par une politique systématique d'enfermement, mais il s'est trompé. Convaincus de la justesse et la noblesse de leur combat, aussitôt après leur libération, les acteurs de la société civile réaffirment leur ferme volonté de poursuivre le combat.

C'est ainsi qu'après Tillabéry et Dosso, ils se rendent à Agadez ce mercredi matin, pour tenir une conférence publique prévue le jeudi 30 août 2018 à partir de 15 heures à l'Alliance Française, sur le thème : " Migration, sécurité et ingérences extérieures : l'avenir de l'Afrique de l'Ouest menacé ? ". Mais c'est sans compter la capacité de nuisance du régime liberticide de la Renaissance. Tous les mayens ont été utilisés comme d'habitude pour empêcher le séjour à Agadez et la tenue de la Conférence du jeudi. Des propos primaires et sectaires, des arguments sécuritaires tirés par les cheveux, rien n'a été omis. Tout, sauf l'essentiel : le respect sacrosaint des libertés individuelles et collectives garanties par la loi fondamentale. Cet intermède vient prouver à suffisance les dérives autoritaires d'un régime qui se sait vomi par le peuple et rejeté de toutes parts. Cette impopularité dont les ténors de la Renaissance sont conscients depuis fort longtemps les conduit à la peur. Ils ont peur. Ils ont peur parce qu'ils ont échoué. Ils ont peur parce qu'ils ont mal géré les ressources nationales. Ils ont peur au point où quitter le pouvoir devient plus difficile pour eux que de l'avoir conquis. C'est
pourquoi à la moindre manifestation, ils crient au complot contre leur régime, à la déstabilisation des institutions de la République. Tenez-vous bien, par des manifestants pacifiques. C'est ça la rançon d'un pouvoir usurpé. Mais la répression n'est pas la solution. Au demeurant elle est contreproductive. A terme l'usage de la violence retourne toujours contre son auteur. Car le peuple a toujours le dernier mot.
Bisso
02 septembre 2018
Source : LES COURRIERS

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