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Altine Amadou Belko Pouvez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ? Que devrions-nous savoir sur votre parcours ?

D’origine et de nationalité nigérienne, je suis né au sein d’une famille aussi modeste que laborieuse. Mon parcours scolaire commence et s’étend essentiellement à Niamey. Il s’échelonne en effet, entre plusieurs lieux de savoirs de cette ville atypique du Niger.    

D’ abord l'école Terminus II, ensuite le CEG 7, après le CEG1 de Tillabery, puis le CEG 6, et enfin le Lycée Issa Korombé. C’est dire, qu’avant d'aller poursuivre mes études d'Ingénieur en Algérie, Niamey a été mon socle d’apprentissage.

Cela dit, quand l’Algérie m’a accueilli, j’ambitionnais y faire à la base, des études en hydraulique. Par contre, stratégiquement, sur le formulaire d'orientation, j’avais marqué l’informatique comme premier choix. J’avais conscience du risque pris, mais je m’étais dit, qu’en raison de mes notes et de ma moyenne, l’on finirait par me classer dans la filière que je désirais fondamentalement : l'hydraulique. Evidemment, il ne s’agissait que d’une espérance plutôt incertaine, fondée notamment sur mes résultats d’après l'école préparatoire et les conseils de mes prédécesseurs en la matière. Mais finalement, contre toute attente, j'ai été retenu dans la filière Informatique. Comme quoi, nul ne peut échapper à son destin.

Altine Amadou Belko Photo avec les équipes du Bic à la journée des Banques au Sénégal Un destin qui vous fait endosser votre fonction actuelle de Directeur des Systèmes d'Information CreditInfo Volo (BIC-UEMOA) ? Parlez-nous-en ! De quoi retourne-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle implique ?
Effectivement, je dirige actuellement la Direction des Systèmes d'Information du Bureau d'Information sur le Crédit (BIC) de l'UEMOA (Union Monétaire Ouest Africain).
Je travaille avec plusieurs équipes composées de plusieurs nationalités ouest-africaines. Et nous avons, mes équipes et moi, mis en place le premier modèle sous-régional de BIC, afin de faciliter l'inclusion financière dans l'Espace UEMOA supervisée par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest.
Nous collectons sur la base du consentement des clients, toutes les données de crédits mis en place par les institutions financières et également, les factures des grands facturiers (eau, électricité, télécoms) ; afin de les mettre à disposition des banques, établissements financiers, systèmes de finances décentralisées, etc.
De fait, notre rôle consiste à leur permettre de mieux connaitre leur client, dans le but de réduire les risques liés aux crédits octroyés et aussi, de mieux se protéger, grâce au rapport de scores et de crédits que nous leur fournissons.
Nous permettons également aux clients ayant une bonne notation de se voir octroyer des crédits avec de meilleures conditions.

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Cela prouve à quel point, votre apport est une plus-value. Alors dîtes-nous : en quoi votre parcours d’Ingénieur en Informatique, influence la qualité de vos services ?

Grace à mon parcours d'Ingénieur en Informatique je parviens à insuffler un sens du détail absolument capital, autant dans le milieu des Télécoms, que Bancaire et de la Sécurité de l'Information. Je fais donc bénéficier à mes équipes issues de toutes formations (ingénieurs pluridisciplinaires en sécurité, télécoms, gestion de bases de données, etc.) ; une expérience basée sur l’efficacité des résultats, et la précision absolue, afin que nos travaux puissent être le plus le plus crédible possible.

C’est d’ailleurs ce qui nous a permis d'installer la plateforme technique supportant les services du BIC avec toutes les normes requises, et les meilleures pratiques du management de la sécurité de l'information.

Et grâce à ce projet, nous avons fait évoluer la notation au Doing Business de la Banque Mondiale de plusieurs pays. Notamment la Côte-d'Ivoire, le Niger, le Togo, le Sénégal et bientôt le Mali, le Burkina-Faso et le Benin, qui facilitent le cadre juridique de collecte des données dans leur pays.

 Altine Amadou Belko 07Lancement de l'intégration de la Nigelec, SNE, MOOV, AIRTEL, ORANGE et SONITEL dans le dispositif du BIC de l'UEOMOA au Niger

Mais dans ce cas, comment faîtes-vous bénéficier particulièrement cette expertise et ces compétences que vous avez, à votre pays le Niger ?

Essentiellement à travers des recommandations avisées, à travers des propositions techniques, qui sont censées contribuer à améliorer notre positionnement.

Par exemple, récemment, nous avons été écoutés par les autorités nigériennes en ce qui concerne, nos conseils pour le volet « Obtention prêt » du Doing Business au Niger. Et nous sommes ravis que nos suggestions aient été prises en compte par M. ALMA Oumarou, Président du Dispositif mis en place par le gouvernement du Niger (Dispositif Institutionnel d Amélioration et de suivi du climat des affaires), Le Ministère des Finances cellule chargé des crédits et autorité de tutelle ; du Secrétaire Permanent du Haut Conseil pour l'Investissement au Niger (HCIN), M. WARGO Aboubacar ; appuyé par le PRACC dont le Coordonnateur est M. MAMANE Laouali.

Nous avons justement, ensuite été invités en Décembre 2018, par le PRAAC, à travailler sur les données du Niger et à atteindre les objectifs du Doing Business.

Ainsi, grâce à la coordination de M. LAWAN, de M. WARGO Aboubacar, de M. Diabri Samba du Ministère du Commerce ; nous sommes parvenus à faire en sorte que le Niger devienne le 4ème pays à atteindre les objectifs fixés.

C’est donc comme cela, que je fais bénéficier au Niger mes compétences : en apportant mon grain de solutions, en contribuant à les rendre opérationnels sur place, en œuvrant à les mettre en place avec des compétences du pays, et en confiant leur aboutissement aux bonnes personnes. Et quand j’y parviens, je suis fier, parce que je sais que je contribue à la réussite de mon pays d’une façon ou d’une autre.

Lancement de l'intégration de la Nigelec, SNE, MOOV, AIRTEL, ORANGE et SONITEL dans le dispositif du BIC de l'UEOMOA au Niger

Vous qui avez un regard précautionneux et extérieur, comment percevez-vous, la situation de l’Informatique au Niger ?

De mon point de vue, l'Informatique reste encore quelque peu embryonnaire au Niger. Nous sommes toujours au niveau de la fourniture du matériel, de la maintenance et de la formation pour les métiers bureautiques, et de messageries.

Il manque les prérequis pour attirer les grandes entreprises internationales d'informatiques. Il manque également une politique nationale dans le domaine, surtout orientée vers la sécurité de nos données.

Jusqu'à ce jour, seuls les projets télécoms des opérateurs ont contribué à améliorer certains prérequis en ce qui concerne les systèmes informatiques à même de faire progresser les qualités de transmission des données et leur sécurité.

Mais jusqu’ici, pas de projets sur les services de Datacenter, de Cloud, et plus encore ; le développement des contenus offerts par les prestataires informatiques sont limites et limités. Nous avons donc beaucoup de challenges à relever.
Altine Amadou Belko Réunion de concertatuon sur le projet BIC-UMOA(Bureau d'information sur le Crédit Umoa ) avec les responsables informatiques de tous les établissements de crédit du SENEGAL

A votre avis, quelles pourraient alors être les pistes de solutions à explorer pour améliorer cet état de choses ?

Dès lors que les autorités de protection de données à caractère personnelles exigent que l’ensemble des données propres à un pays dans lequel elles voudraient s’installer, soient hébergées dans ledit pays, ou tout au moins, dans la sous-région ; il faudrait que le Niger, pense à se doter d’une centrale d’hébergement, pour favoriser la conservation sur place, de ses différentes données informatiques.

Ensuite : des centres de recherche pour le développement de l'informatique doivent être installés dans chaque ville dès maintenant, et cela avec des projets informatiques en phase avec les orientations stratégiques de l'Etat.

Il serait aussi convenable (et cela fait partie de mes rêves les plus chers pour mon pays), que le Niger se dote de boîtiers de sécurité conçus et fabriqués par des ingénieurs nigériens ; afin de protéger l'information nationale dans toute structure ayant un réseau informatique.

Le Niger doit également avoir un plan stratégique national durable pour les solutions informatiques surtout en termes de logiciels conçus par les centres de recherche que je suggérais qu’on installe au bénéfice de l'Etat.

Et il y a d’autres pistes explorables. Je pense que commencer par celles-ci serait déjà un pas en avant, et une belle adaptation aux évolutions de l’époque.

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En attendant que l’Etat apporte sa contribution, envisagez-vous en tant que particulier, des projets informatiques pour le Niger ?

Oui tout à fait ! En plus, de continuer à partager les meilleures pratiques informatiques du reste du monde avec les nôtres au Niger ; j’ai l’intention de développer avec mon entreprise, des projets allant dans le sens de la formation des Nigériens. Je songe également à l’installation d’un Datacenter privé. Il s’agit là, de l’un des prochains projets prévus par l'entreprise au Niger.

A propos de votre entreprise, pourriez-vous nous détailler les différentes autres actions nationales et internationales que vous menez ?

Avec mon entreprise, je contribue au développement du Niger à travers les plans d'actions sur-mesure réalisés pour le pays, dans le projet BIC de l'indicateur « Obtention prêt » de la Banque mondiale pour le climat des affaires dans le monde.

Grace à nos conseils apportés aux autorités nigériennes, d'énormes avancées seront constatées dans le rapport DB 2020. Notamment pour ce qui relève de l’adaptation de la codification du registre de commerce du Niger à celui de l'OHADA, des conseils sur la mise en place de l'identification unique au Niger, etc.


Sur le plan international en particulier dans la sous-région, nous assistons les pays à améliorer leur indicateur au Doing Business (je l’avais déjà évoqué), à travers des conseils adaptés à leur projet.

Nous faisons également bénéficier à toutes les entreprises ouest-africaines, de notre expérience en IT à travers l'entreprise West Africa Information Technologies que j'ai créé et qui est géré conjointement avec d’autres compétences ouest-africaines.Altine Amadou Belko 015

Quel est votre sentiment, par rapport à la volonté de jeunes Nigériens désireux de se lancer dans des études universitaires en informatique ?
Très bon choix ! Notamment en termes d’ouvertures après leurs études, en termes d’opportunités à saisir, et aussi en termes d’utilité pour leur pays. Plus nous aurons des jeunes allant dans ce sens, mieux ça vaudra pour améliorer la situation du Niger en Informatique.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Nigériens qui vous considèrent tel un modèle ?

Altine Amadou Belko 06La jeunesse actuelle doit comprendre les principes fondamentaux pour développer une carrière appréciable. Il ne faut jamais se baser sur la recherche du résultat immédiat. Il faut choisir un métier pour ce qu’il vous apportera à long terme.

Il ne faut surtout pas écouter les clichés, qui réservent les meilleurs postes aux enfants des ministres ou des hommes de l'Etat. Mais plutôt développer sa carrière en regardant l’avenir, en allant toujours de l’avant. Il faut être visionnaire, ne jamais baisser les bras et arrêter de dire à chaque fois que vous rencontrez une difficulté, que vous n’y arriverez pas. Ayez conscience que comme toute chose : ça aussi, ça va passer.

La jeunesse doit comprendre qu'il faut capitaliser tout ce qui est expérience à chaque niveau et viser un niveau supérieur. Prenez les bons exemples, mais aussi souvenez-vous, que votre premier bon exemple peut venir de nulle part pour servir de référence. Alors, peu importe d’où vous venez, ayez les bonnes pratiques afin de servir un jour de bon exemple pour les générations à venir.

Le prophète Joseph Anab Youssouf est parti du trou (un puits à souris), pour devenir le puissant roi d'Egypte. Il a été pourtant vendu en tant qu'esclave par ses propres frères ! Mais si avec le temps, il a été élevé au rang de roi, c’est en raison de ses actes et de sa bravoure nés de la pureté de son cœur comme de son désir d'apporter un plus dans la société. J’incite les jeunes nigériens à s’en inspirer fortement.

Altine Amadou Belko 05 Un mot de fin ? Un appel à lancer aux nigériens ?
Je crois fermement au développement du Niger. Nous avons les atouts et les capacités pour. Je prie donc Allah, le Bon Dieu, de nous accompagner dans notre accomplissement, et de protéger le Niger dans son élan à aller de l'avant. Qu’Il nous guide et qu’Il inspire tous les Nigériens à s'aimer, à se pardonner, à penser d’abord et toujours à l'intérêt commun. Que tous les Nigériens, gardent à l’esprit que nous sommes une même famille et donc, quelles que soient nos divergences ; il nous faut travailler à la cohésion, et l’épanouissement au sein de notre famille.
J'invite alors, l'ensemble des Nigériens à comprendre que nous avons besoin de développer davantage un esprit collectif. Car, une seule nation, pour des citoyens qui sont ensembles, chacun dans sa compétence, c’est cela qu’il nous faut pour construire le Niger. J’y crois, et nous y arriverons !

M. Altiné Amadou Belko I Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Réalisée par Boubacar Guédé

04 mars 2019
Source : https://www.Nigerdiaspora.Net

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La Nigérienne de la semaine : Mme N’Zi Fati Hassane, cadre à l’Agence du NEPADLa Nigérienne de la semaine : Mme N’Zi Fati Hassane, cadre à l’Agence du NEPADBonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Bonjour, je vous remercie de l’opportunité que vous me donnez de m’exprimer à travers Nigerdiaspora. J’ai hésité à accepter cette interview, mais je suis la première à déplorer le manque de visibilité et d’exposition des femmes africaines et nigériennes en particulier dans les medias. Pour y remédier, nous, femmes nigériennes devons également accepter de nous exposer un peu plus et de partager nos expériences. Et dernièrement en consultant votre site, je suis tombée sur le portrait de Jean-Luc Marcellin que je n’ai pas la chance de connaître par ailleurs, et je ne sais pas pourquoi, mais cette interview m’a encore plus touchée que celles que j’ai l’habitude de lire sur Nigerdiaspora et qui sont toujours très intéressantes. Donc si mon parcours peut retenir l’attention d’autres compatriotes comme moi-même j’ai été inspirée, je pense que cela vaut la peine profiter de vos colonnes pour parler de mon parcours.
Je suis Mme N’Zi Fati Hassane. Je suis originaire de Filingué par mon père, Chikal plus précisément, même si ma famille paternelle s’est installée à Niamey, Zongo il y a quelques générations. Ma mère quant à elle est d’Abalak Tahoua, issue des Kel Aghlal.
Je suis ingénieur statisticienne de formation, également titulaire d’un MBA. J’ai commencé ma carrière professionnelle en Europe au sein de l’un des acteurs majeur du conseil en stratégie et management et je suis actuellement au service de l’agence du NEPAD où j’ai été recrutée il y a bientôt trois ans en tant que Directrice de Cabinet du Secrétaire Exécutif. Je suis également en charge du Programme Compétences et Emploi des Jeunes. Je suis mariée depuis 16 ans et mère de 2 enfants.

La Nigérienne de la semaine : Mme N’Zi Fati Hassane, cadre à l’Agence du NEPAD
Quel a été votre parcours académique ?
Dans mon parcours j’ai eu une chance assez extraordinaire puisque mon père qui était fonctionnaire, a été affecté à l’Ambassade du Niger à Bruxelles à peu près au moment de ma naissance. La famille l’a donc rapidement rejoint et c’est ainsi que j’ai passé mes premières années en Belgique d’abord, au Canada, en France, avant de retourner au Niger à l’adolescence. Mes premières années de scolarité se sont donc déroulées à Ottawa, au Canada, et je pense que c’est l’une des expériences qui a grandement contribué à définir mon rapport au monde et à moi-même. J’y ai acquis une grande soif d’apprendre, et une solide confiance en mes capacités d’agir et d’influencer ma propre trajectoire. Ce sont certainement les outils qui ont par la suite permis mon parcours. Souvent j’aime glisser dans la conversation que j’ai fait le Lycée Kassai et le CEG Lazaret, ce qui est également vrai. Après mon bac C, j’ai intégré la faculté de Sciences Economiques et Juridiques de l’UAMD de Niamey, en sciences économiques. J’avoue que ce choix d’orientation était un choix par défaut, étant donné que pour différentes raisons, je me suis retrouvée sans autre option que l’Université de Niamey à la fin de mon lycée.

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Le Nigérien de la semaine : Ismaël Oumarou Issaka, étudiant en fin de cycle de Médecine à CubaComment voudriez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ?
Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour l’excellent travail que vous faites en nous informant quotidiennement sur ce qui se passe dans notre pays et aussi en lui donnant une grande visibilité dans le monde. Ceci dit, je suis Ismaël Oumarou Issaka, étudiant nigérien en fin de cycle de Médecine à Cuba. Je suis également Coordinateur National de l'Union des Étudiants Africains (UEA-CUBA) à Cuba. J’ai une grande admiration pour certaines figures historiques d’Afrique et d’Amérique Latine comme Thomas Sankara, le père de la Révolution burkinabé, la célèbre reine Saraounia Mangou qui a lutté contre la pénétration coloniale française au Niger, le Général Seyni Kountché, le commandant Chavez au Venezuela et le leader de la gauche latino-américaine Lula Ignacio Da Silva. Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui promeut et véhicule le panafricanisme, le vivre ensemble, l'entrepreneuriat et l'inclusion économique des jeunes au sein des communautés ou institutions étatiques.

L'UEA a pour principale mission de réunir, coordonner et représenter les étudiants africains. C’est aussi un espace privilégié de développement d’une série d'activités culturelles, scientifiques et sociales pour la promotion du continent, du panafricanisme à travers nos différentes communautés. Nous sommes en quelque sorte les ambassadeurs de nos pays dans cette partie du monde. C’est aussi un lieu de réflexion, de débats, de solidarité et d'échanges, notamment autour des questions comme la cause Palestinienne, l'épineux problème du Sahara Occidental (RASD), la pauvreté, l'emploi des femmes et des jeunes etc. Tout cela, pour permettre une formation intégrale des étudiants de toute filière, afin de préparer les élites de demain à mieux appréhender l'agenda 2063 de l'union Africaine et les objectifs du développement durable horizon 2030. Divers sujets relatifs notamment à l'intégration et à l’unité de l'Afrique, aux changements climatiques, aux conflits armés, aux violences basées sur le genre ou en politique, aux nouvelles technologies, à la mondialisation et à l'immigration sont aussi au centre de nos préoccupations.

Parlez-nous de la diaspora africaine et nigérienne de Cuba
On compte plus de 8000 étudiants africains à Cuba. Ils sont issus de plus de 40 pays dont la grande partie vient de l'Afrique du Sud, de la République du Congo, de l'Angola, du Tchad ainsi que de la Namibie. Les étudiants nigériens sont au nombre de 21. Il y’a eu plus par le passé sur l'île. Il faut dire que nos compatriotes entretiennent d'excellentes relations avec les autres communautés africaines, caribéenne, de l'Amérique latine, de l'Asie, du Proche Orient ou de l'Amérique du Nord. Ils participent activement dans les différents espaces et imprime partout notre sens de l’hospitalité, de la solidarité, notre élégance et notre tolérance envers l’autre.Le Nigérien de la semaine : Ismaël Oumarou Issaka, étudiant en fin de cycle de médecine à Cuba

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Maimou Wali 001Mme Maïmou Wali  Mme Maïmou Wali, pour commencer, voudriez-vous vous présenter aux lecteurs de Nigerdiaspora ?
Je me nomme Mme WALI Maïmou, Promotrice du groupe de bénévoles Cercle.Dev chercheuse dans les domaines de conflits-radicalisation-extrémisme violent au Sahel.

Diplômée de l’Institut des Hautes Etudes Internationales en Développement de Genève, en Suisse, vous avez opté pour la spécialité « Politique et pratique des actions de développement ». Qu’est-ce qui vous a motivée dans le choix de cette spécialité ?

Passionnée des questions de développement, j’avais déjà complété un master2 en gestion des projets, ma spécialisation en « Politique et pratique des actions de développement » m’a permis d’acquérir plus de capacités et une vision plus globale des questions de développement.

Vous êtes l’initiatrice d’une association dénommée « Cercle.Dev ». Quels sont les objectifs poursuivis à travers la création de cette Association ?
Après plus de 20 ans d’expériences dans le domaine de développement et un capital de pratiques de diverses approches, j’ai senti le besoin de me consacrer au partage et à la recherche action au niveau local. Pour moi, il fallait absolument baisser le regard pour exploiter le potentiel local et assoir une bonne base de développement en exploitant les compétences et ressources locales avec un focus sur la « Jeunesse » qui constitue un énorme potentiel.

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Albert Chaibou Bonjour M. Albert Chaibou  Comment voudriez-vous, vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora ?

Je suis journaliste nigérien mais aussi un communicateur spécialisé en Communication sociale pour le changement de comportement. Marié, père de trois enfants, Je vis à Niamey où je suis chargé de communication dans un programme sur le Droit à l’alimentation piloté par Alternative Espaces Citoyens avec le soutien de SOS Faim et Swiss Aid.

Parlez-nous de votre carrière de journaliste.

Ce sont les aboiements d’un « chien philosophe » qui m’ont conduit au journalisme. (Rires) Vers fin 1992, lorsque Moustapha Diop avait lancé le Paon Africain, le premier satirique nigérien, il y avait une rubrique dans le journal intitulé « Sity le chien philosophe ». Et comme j’étais un grand lecteur des journaux satiriques comme le Canard enchaîné français j’étais devenu du coup un abonné du Paon Africain où j’envoyais des courriers pour répondre aux propos du « chien philosophe ». Ma plume satirique et pleine d’humour va intéresser le Directeur de Publication du journal qui fera appel à moi pour étoffer son équipe de rédacteurs (c’est ce que Moustapha Diop me dira plus tard). Ce sera alors le déclic d’une longue et fructueuse collaboration et mon entrée avec fracas dans le monde du journalisme dont je rêvais tant. Après 25ans de carrière, je peux me réjouir de ce métier qui m’a fait découvrir le monde et une diversité des peuples, qui m’a permis d’avoir un carnet d’adresses assez fourni et surtout de me former et de me spécialiser dans le journalisme d’investigation, le journalisme sensible aux conflits et sur les questions migratoires qui sont d’une brûlante actualité. A mon tour, je forme aujourd’hui de jeunes journalistes. Il y’a quelques jours encore j’étais à Diffa où sévit Boko Haram, pour former des animateurs des radios communautaires sur le traitement de l’info en période de conflit, la conception d’émissions radiophoniques, l’écriture radio, leur rappeler les règles d’éthique et de déontologie du métier de journaliste etc.

Albert Chaibou
Pouvez-vous nous parler de vos actions nationales et internationales ?

Au niveau national, j’ai exercé mon métier de journaliste en collectant, traitant et diffusant l’information. J’ai eu la chance de parcourir le Niger dans tous les sens. De Téra aux confins du désert du Ténéré, j’ai été au contact des réalités de ce pays. J’ai fait des reportages, participé à la réalisation de films documentaires etc. Pour un journaliste, c’est une belle expérience. Je n’aime pas le journalisme de bureau, j’aime être sur le terrain, être libre, dire sans déformer ce que je vois !

Sur un tout autre plan, j’ai eu à coordonner un projet de deux ans financé par l’Union Européenne portant sur la « promotion de l’éthique et le contrôle citoyen des médias au Niger »

J’ai représenté aussi avec mon ami et confrère Boubacar Diallo, la presse indépendante au Conseil consultatif, l’organe législatif de la transition politique que le Niger a connu en 2011.

Autres actions, c’est sans doute au sein des réseaux de journalistes et au sein de la Maison de la Presse où nous avions défendu la liberté de la presse et contribué à la formation des journalistes.

Au niveau international, mon action s’inscrit dans le cadre des organisations de médias ou des organisations de défense des droits humains auxquelles j’appartiens ou celles qui m’ont demandé mes services en tant qu’expert. Je crois que ce n’est la peine de citer toutes ces actions ici.

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