Kollo : Environnement, des défis et des réussites

Zone de forêts classées ou protégées, le département de Kollo fait face comme beaucoup d’autres parties du Niger, à des défis environnementaux marqués par la dégradation, l’érosion des sols, la formation des glacis et surtout la disparition des plantes avec pour conséquences l’amenuisement des terres agricoles et la diminution du pâturage. Toutefois, d’importantes actions sont menées pour inverser cette tendance à la dégradation des ressources. Certains cas sont déjà une réussite.

Les services de l’environnement départementaux et communaux du colonel Labo Yahaya s’attèlent au quotidien à apporter des solutions à travers diverses activités. Il s’agit notamment des actions de récupération des terres dégradées, l’ensemencement en herbacées et le reboisement, la régénération naturelle assistée. En 2019, l’Etat et les partenaires ont fait beaucoup de réalisations allant dans le sens de la protection de l’environnement dans ce département aux potentiels agricoles et forestiers assez importants. L’année 2019 a été une année active et productive pour les hommes du colonel Labo Yahaya. Et pour cause, 645 hectares de terres dégradées ont pu être récupérés. Cela a mobilisé une main d’œuvre importante avec plus de 500 emplois temporaires créés et une enveloppe de plus 90 millions FCFA injectés à travers le système du cash for work. En outre, il a été réalisé un cordon pierreux de plus de 54 km ayant aussi nécessité l’utilisation d’une main d’œuvre locale payée à plus de 7 millions de FCFA sous forme de cash for work selon le directeur départemental de l’environnement.

Relativement à la production et à la plantation d’arbres, le colonel Labo Yahaya a indiqué qu’il a été produit 99.800 plants et que plus de 650 ha ont été plantés sur un nouveau site. En plus, il a été réalisé un regarni sur 204 ha. S’agissant de l’ensemencement des herbacées, 560 ha ont été ensemencés d’espèces granulées, du moringa et d’autres espèces à haute valeur nutritive. C’est le cas du site du village de Guesselbodi sur la RN1. Les sites sont gérés par les communautés, sous la supervision du responsable communal de l’environnement. La régénération naturelle assistée (RNA) est une autre forme d’agroforesterie qui se fait de façon naturelle consistant à laisser émerger des jeunes pousses et à la protéger jusqu’à maturité. Dans le département de Kollo, 67 villages ont bénéficié de l’appui technique en RNA pour une superficie d’environ 1.219 ha. Pour conduire à bien leur mission, les services départementaux ont bénéficié du soutien de plusieurs partenaires comme la PAC3, le PASEC, le PGRC-DU, l’ONG reverdir l’Afrique ou encore l’ATPF et l’ONG Niger Mazada. Pour couvrir l’ensemble du territoire du département avec ses 11 communes, la direction dispose de 45 agents, d’un véhicule et des motos non opérationnelles.

Le site de Guesselbodi , un exemple de réussite en matière de récupération des terres dégradées

Situé à 5km du village en amont de Guesselbodi sur la RN1 dans la commune de N’Dounga, le site de récupération des terres dégradées de Guesselbodi couvre une superficie de 50 ha. C’est un site dont les travaux de récupération des terres ont été lancés en 2018 sur financement du PAC3. Entièrement clôturé, le site a été planté de 15.987 acacias et ensemencé de plusieurs variétés d’herbacées tel que les andropogon le Gayanus, le centrus biflorus, l’acacia tora ou encore le pénicetum toutes destinées à l’alimentation du bétail du fait de leur forte teneur nutritive. Totalement métamorphosé, ce terrain nu et totalement aride est aujourd’hui reverdi. Selon le lieutenant Ramatou Seydou, chef du service communal de l’environnement de N’Dounga, la confection des demi-lunes, la plantation d’arbres et l’ensemencement en herbacées a mobilisé 252 hommes/femmes par jour pendant 30 jours. Le site est géré par les communautés qui sont les bénéficiaires directes des retombées financières générées par l’exploitation commerciale des ressources. Un autre point positif remarqué sur ce site, c’est surtout le retour de certaines espèces d’animaux (chacals, antilopes et chats sauvages notamment) et d’oiseaux comme la pintade sauvage. Pour la protection du site ; un système de gardiennage a été mis en place avec deux gardes qui se relayent. Ils sont rémunérés pour deux ans par le projet qui assure aussi le suivi du site pour trois ans avant sa rétrocession définitive aux communautés.

Zabeirou Moussa, envoyé spécial

27 décembre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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