La CEDEAO ne doit pas être disloquée quel que soit les prix à payer, le Président Muhammad Buhari face à l’histoire doit cesser de verser les larmes de crocodiles :

Le taux de change flexible de l'ECO, créé par la CEDEAO et le taux de change fixe de l'ECO proposé par les tenants de la servitude monétaire volontaire sont diamétralement opposés, l’ECO de la CEDEAO est plus proche des intérêts supérieurs de l’Afrique.

Le combat pour l'avènement de la souveraineté monétaire de l'Afrique est un combat qui nécessite l'engagement de tous les africains et de tous les panafricanistes convaincus, soucieux de l'avenir économique et social de l’Afrique. Le président Buhari en tant que stratège militaire ne doit pas capituler, laisser les néo impérialistes, les néocolonialistes, disloquer la Grande CEDEAO, espoir de la sous-région Ouest Africaine !

Les forces néocolonialistes et néo-impérialistes et leurs valets locaux ne désarment jamais par rapport à leurs intérêts sordides.
Le combat doit continuer sans relâche jusqu'à la victoire finale.
Les dirigeants africains sincères dans cette voie du combat pour la souveraineté monétaire de l'Afrique, doivent être soutenus et encouragés par les forces sociales, les organisations de la société civile.
La souveraineté monétaire est une condition sine quano pour la survie et la viabilité des États Unis d'Afrique tant souhaités par les pères fondateurs de l'Union Africaine.
Dr Kwame N'krumah nous avait déjà averti " l'Afrique doit s'unir ou périr "
Les principes de la parité fixe de l'ECO à l'EURO et de la garantie de la convertibilité de l'ECO d'Abidjan, à l’EURO, est un stratagème inventé afin de pouvoir continuer à piller les richesses africaines et maintenir les pays africains dans le sous-développement, à travers entre autres, les restrictions budgétaires surveillées par le Fonds Monétaire International, le FMI et la Banque Mondiale, la BM.
La version d’Abidjan de l'ECO, et la version progressiste de l'ECO authentique de la CEDEAO, sont diamétralement opposées.


L’annonce d'Abidjan défend l'ancien ordre périmé et la CEDEAO innove et se positionne pour la souveraineté monétaire africaine, gage de développement économique et social de la région ouest-africaine qui permettra de tendre d'abord vers l'intégration économique sous régionale, ensuite vers l'intégration économique globale africaine et en fin vers la monnaie commune unique africaine globale.
1/La version rusée d’Abidjan :
A l'occasion de la création de l'ECO, dans une interview accordée à TV5 et RFI, le Président ivoirien Alassane Ouattara a soutenu que le franc CFA est une bonne monnaie pour les africains.
Il justifiait, qu'il avait été gouverneur de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, la BCEAO, il n'y a jamais eu un français dans ses bureaux, donc la France n'est plus dans la gestion de la monnaie CFA.
Le principe de la parité fixe de franc CFA à l'Euro permet d'une part, d'éviter l'inflation et d'autre part de créer les conditions nécessaires pour le développement économique et social des pays concernés.
C'est la position qu'il a toujours défendue jusqu'au jour où il a été débouté par la conférence des chefs d'États des pays membres de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO.
Les pays membres de la CEDEAO dont la côte d’ivoire, s'étaient réunis à Abuja, au Nigéria, le 21 décembre 2019. Ils ont réaffirmé, entre autres, leur farouche volonté de mettre en œuvre la monnaie commune unique africaine de la CEDEAO, l’ECO, monnaie pilote, créée le 29 juillet 2019, en juillet 2020.
Un calendrier de la mise en œuvre a été aménagé à cet effet.
Le taux de change retenu est un taux flexible. La gestion monétaire sera assurée par la Zone Monétaire Ouest Africaine, la ZMAO et la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest, la BCAO.
Le Président ivoirien Alassane Ouattara s'est soustrait très habilement de ladite réunion pour se retrouver à Abidjan, la capitale ivoirienne, où il a rencontré le président français Emmanuel Macron, qui était venu fêter les Noëls avec les soldats français, en Côte d'Ivoire.
À l'occasion de cette rencontre, le Président ivoirien Alassane Ouattara, a annoncé de manière solennelle le passage du franc CFA à l'ECO, avec comme parité fixe de l'ECO à l'EURO.
Il annonce que la France se désengage de la gestion de l'ECO.
Cependant elle assurera la garantie de la convertibilité de la dite monnaie à l’EURO.
Un concept qui n'existe au monde, qu'avec la zone franc, selon certains chercheurs économistes.
Comment interpréter ce revirement spectaculaire, de prise de position du président ivoirien ?
En annonçant solennellement le passage du franc CFA à l'ECO et le retrait de la France de la gestion de l'ECO, le Président ivoirien Alassane Ouattara a bien reconnu à la face du monde, les limites, de la monnaie franc CFA, sous-multiple de l'Euro, devise française et la gestion de la dite monnaie par la France, qu'il avait pourtant toujours qualifiée d'excellente gestion monétaire.
Il reconnaît donc qu'une réforme du franc CFA est plus que nécessaire. En annonçant le retrait de la France du mécanisme de la gestion monétaire de l'ECO, il vient avouer, qu'il s'était bien trompé lorsqu'il disait, quand il était gouverneur de la BCEAO, il n'y avait aucun français dans ses bureaux. Il vient donc de capituler et de donner raison à tous les économistes patriotes convaincus et acteurs de la société civile, sincères, qui ont exigé l'abandon du franc CFA. Car c'est un instrument au service des intérêts français, il est un obstacle au développement économique et social des pays membres de la zone franc.
Sa déclaration d' Abidjan , le 21 décembre 2019, à travers la télévision France 24 ,devant le Président français Emmanuel Macron, où il faisait croire que la parité fixe de l'ECO à l'EURO , a été maintenue, est une grande ruse pour tromper la vigilance des citoyens de la CEDEAO, et la société civile panafricaniste africaine , acquis à la cause de la monnaie unique commune authentique, ECO, de la CEDEAO.
Les sept pays membres de la CEDEAO non membres de l'UEMOA, l'ont déjà désavoué par un communiqué officiel rendu public.
Les autres pays membres de l'UEMOA, ne doivent pas se laisser duper à l'occasion d'une conférence des Chefs d'États des pays membres de l’UEMOA, ils doivent clarifier leur position.
La monnaie commune unique africaine de la CEDEAO, l'ECO, est un projet de la CEDEAO qui date de près de 37 ans, tous les 15 pays membres de la CEDEAO ont adopté ce projet portant création de l'ECO, le 29 juillet 2019.
Beaucoup des citoyens de la CEDEAO se posent aujourd'hui
des questions avec étonnement, sur les objectifs réels poursuivis par la déclaration du président ivoirien devant ses compatriotes, ses partisans à l'occasion d'une conférence à Londres, où il a laissé entendre que l'ECO est sa création et demeure une monnaie de
l’UEMOA.
L’objectif inavoué serait de deviser la CEDEAO, de fragiliser tous les deux organismes sous régionaux d'intégration économique de l'Afrique de l’Ouest, de les balkaniser, d'élargir ainsi le boulevard tracé pour permettre la continuation du pillage honteux des richesses africaines par l'ancienne puissance coloniale qui ne peut survivre sans l'Afrique, qu'elle méprise.
C'est sans compter avec la grande vigilance des vrais économistes, des patriotes, des vrais dignes africains, au service de l'Afrique, qui ont apporté la riposte appropriée nécessaire, dans les meilleurs délais.

2/La version originale de l'ECO, CEDEAO :
Quels sont les avantages du taux de change flexible ou flottant de la monnaie commune unique africaine de la CEDEAO, l'ECO authentique ?
Que renferment d'abord les vieux clichés dans lesquels on veut maintenir les pays membres de l'UEMOA sous l'œil bienveillant de la France qui semblerait être très intéressée par l'issue cette guerre de clocher menée par le Président Alassane Ouattara ?
Le principe de la parité fixe veut dire que 1 Euro = 655, 53 francs CFA.
Tous les pays membres de la zone francs sont tenus de verser au compte d'opérations ouvert dans les livres du trésor français, 50% de leurs devises annuelles, en contrepartie, la France garantit la
convertibilité de la monnaie franc CFA qui est fabriquée à Chamalières, une province française, à l'Euro.
La parité fixe n'arrange pas les choses à l'état actuel de la situation économique des pays africains, parcequ' en cas des difficultés économiques, les pays africains membres de la zone franc n'ont pas le pouvoir d'ajuster leur monnaie en protégeant leur économie. Seule la France a ce pouvoir de dévaluer ou d'évaluer le franc CFA, en tenant compte uniquement de ses intérêts, mais jamais de ceux des pays membres de la zone francs.
Le principe de la fixité du taux de change de l'ECO à l'Euro rend les produits africains non compétitifs sur le marché international, en cas de besoin de l'ajustement monétaire pour booster les exportations ou la vente de certaines productions intérieures concurrencées par les productions extérieures, seule la France a ce monopole. Cette dernière ne fait que l'ajustement qui lui serait favorable. D'où l'intérêt de la souveraineté monétaire.
Les devises des pays membres de la zone franc sont gaspillées à soutenir la monnaie franc CFA qui est une monnaie faible face à l'Euro, au détriment du financement de leur développement économique et social.
Les importations des pays membres de la zone franc sont très souvent supérieures aux exportations d'où le déficit chronique de la balance des paiements qui maintient ces pays derrière les autres pays qui jouissent de leur souveraineté monétaire.
Des pays comme la Sierra León, le Libéria, le Cap-Vert, la Gambie, etc., sont devant certains pays membres de l'UEMOA dans le classement général de l'indice du développement humain, IDH et du PIB, à cause de cette servitude monétaire jalonnée de l'injustice et de maquillage des indicateurs économiques pour maintenir le mirage du développement économique et social à certains pays au détriment des autres.
Pour bien comprendre l'utilité de la souveraineté monétaire, voyons le cas de la dévaluation intervenue aux États-Unis d'Amérique.
En effet, à l'occasion des événements du 11 septembre 2001, pour faire face à la récession économique, les USA ont dévalué le dollar, ce qui a permis à l'Euro de grimper et de rendre les produits américains plus compétitifs que les produits européens. Ainsi grâce au mécanisme de la dévaluation les USA ont pu protéger leurs entreprises industrielles. Les entreprises industrielles nationales américaines ont évité la mévente de leurs produits intérieurs.
Le fait donc d'arrimer une monnaie faible à une seule monnaie très forte, ne peut être gage d'un développement économique et social. Mais grâce à la souveraineté monétaire dont ils jouissent les USA ont pu jouer sur le taux de change du dollar pour protéger leur économie.
Un pays ou une zone monétaire qui ne frappe pas sa propre monnaie ne peut prétendre au développement économique et social.
L’exemple du Nigéria aussi, illustre bien cette réalité, ce pays frappe sa monnaie, le taux de change flottant du naira est faible par rapport au franc CFA, mais du point de vue développement économique et social, le PIB du Nigéria représente actuellement 70% de tous les pays membres de la CEDEAO réunis.
Le Ghana qui présente les mêmes caractéristiques économiques que la Côte d'ivoire, grâce à sa souveraineté monétaire, dépasse de loin la Côte d'ivoire en termes de développement économique et social. Le Ghana n'est plus dans le système des institutions de Bretton-woods mais il est cité comme pays exemplaire en performance de développement économique et social.
Prenons entre autres, l’exemple de la République Islamique d'Iran, et le Niger.
Au Niger 1 Euro = 655, 53 francs CFA.
En Iran 1 Euro = 46 353,27 rials.
Le rial iranien est 70 fois plus faible que le franc CFA.
Malgré cette position du rial, l'Iran est aujourd'hui une grande puissance économique qui fait trembler les USA. Son Produit Intérieur Brut par habitant dépasse de loin celui de tous les pays membres de l'UEMOA.
Donc les principes de parité fixe et d'un taux de change fort, ne peuvent en eux seuls favoriser le développement économique et social des pays membres de la zone franc.
C'est un faux débat, la parité fixe de l'ECO à l’EURO, maintiendra toujours les pays de la zone franc dans la servitude monétaire imposée par les tenants des vieux clichés, périmés. Car les devises des dits pays seront toujours gaspillées à soutenir le franc CFA au lieu de soutenir les investissements qui peuvent engendrer le développement économique et social.
L’ECO, annoncé par Abidjan n'est pas différent du franc CFA, c'est le non qui change, car la France bien que sortie de la gestion monétaire, elle continuera à garantir la convertibilité de l'ECO à l’EURO, donc à trouver un prétexte pour garder les sommes énormes des devises du franc CFA et les lingots d'or africains, détenus par le trésor français.
La garantie n'aura pas sa raison d'être avec un taux de change flexible, proposé par la CEDEAO, il est plus conforme et plus propice à booster le développement économique et social des pays membres de la CEDEAO. Car ces pays commercent aussi avec la Chine, les USA, les pays européens hors de la zone euro , le Moyen-Orient, le Maghreb, les pays africains hors de la zone euro, etc.
Il faudrait aussi savoir que le futur ECO version d' Abidjan , risquerait d'être fabriqué à Chamalières, en France et l'Euro est fabriqué à Frankfort, en Allemagne, donc la France ne maîtrise pas la fabrication de l'Euro, comment peut-elle garantir la convertibilité de l'ECO dans une zone dont elle n'est pas la locomotive, dans une zone où beaucoup des pays membres commencent à critiquer sa manière de gérer le franc CFA, sa manière de piller
l' Afrique de la zone franc ?
Les pays membres de l’Union Economique Monétaire Ouest Africaine, UEMOA, se devraient de faire très attention, d’être très vigilants, si jamais ils adoptent la version Eco proposée par la France, ils prendront sur eux la lourde responsabilité non seulement de saboter leur propre monnaie commune unique africaine de la CEDEAO, mais aussi participeront au projet de la dislocation de la CEDEAO.
Le Président de la République fédérale du Nigeria, Muhammad Buhari et son homologue du Ghana Nana Akufo Ado, se devraient de réagir au lieu de verser les larmes de crocodiles. Ils représentent la locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, leur grande expérience de la gestion monétaire doit être mise au service de la CEDEAO. Ils n’ont pas le droit de désarmer face aux agissements sournois, dangereux, de la France.
La CEDEAO ne doit pas être disloquée quel que soit les prix à payer !

La nouvelle problématique qui se pose : est-ce que les pays membres de la CEDEAO non membres de l’UEMOA, pourront-ils sortir les autres membres retardataires, soumis aux restrictions budgétaires arbitraires, de la servitude monétaire imposée par la ruse ?

L’Afrique doit gagner, doit rester unie, debout, digne, progressiste et brave !

Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

Like what you see?

Hit the buttons below to follow us, you won't regret it...