Savez-vous que la Ceni, avec la formule proposée, pourrait représenter un seul courant politique, voire un seul parti politique ?

Savez-vous que la Ceni, avec la formule proposée, pourrait représenter un seul courant politique, voire un seul parti politique ?La nouvelle loi électorale que les seuls députés de la majorité examinent actuellement pour adoption est une entreprise liberticide qui porte les stigmates de Mahamadou Issoufou et du Pnds Tarayya. Les autres partis politiques qui les accompagnent et les soutiennent dans cette voie sont comme des automates à qui il a été remis un couteau pour se poignarder. Des automates inconscients, ivres de leur appartenance à un pouvoir dont ils sont en réalité à la périphérie et trop heureux de vivre des quelques subsides que leur a délaissés dédaigneusement le Pnds Tarayya pour se rendre compte de la gravité de l’acte qu’ils sont en train d’assumer devant l’histoire. Tous, sans exception, agissent par procuration pour le Pnds Tarayya dont ils sont devenus des troubadours. Et de la même façon qu’un troubadour passant ses jours dans la cour du roi a l’impression d’appartenir à la cour, Albadé Abouba, Moussa Moumouni Djermakoye, Cheffou Amadou et les autres ont le sentiment d’être le pouvoir alors qu’ils n’en sont que des faire-valoir. Ce sont les tirailleurs de Mahamadou Issoufou, ceux qui font le sale boulot mais qui sont victimes d’ingratitude dans la reconnaissance du mérite. L’image n’est pas insolite, elle le reflet de la réalité que nous vivons au quotidien, dans la douleur et le regret d’avoir tant de partis politiques inutiles pour le Niger. Car, de fait, il n’y a, au pouvoir, que le Pnds Tarayya. C’est ce parti politique, dont les dirigeants confondent allégrement leur formation politique à l’Etat et vice-versa, qui concocte les textes et invite les autres, au nom de la majorité qu’ils forment, à lui donner force de loi pour mieux asseoir l’hégémonie du Pnds Tarayya sur l’échiquier politique et conséquemment la pérennisation d’un pouvpir dont ils connaissent pourtant, mieux que ceux qui le dénoncent, les mille et une tortuosités. Des tortuosités qui ont coûté un bel avenir au Niger, avec tant de milliers de milliards partis en fumée ou plutôt transférés dans des comptes bancaires comme celui de Dubaï qui a reçu en un clic 200 milliards de francs CFA.

Si, comme Mahamadou Issoufou l’envisage, Ousseïni Tinni réussit, malgré les protestations et les désaccords, il est vrai, isolés, de quelques députés qui ont pris conscience du coup de force qu’ils sont en train de perpétrer, mais surtout de ses conséquences néfastes sur la démocratie et la survie des autres partis politiques, le Pnds Tarayya aura ralisé son vieux rêve d’enterrer tous les autres et de régner en maître absolu. Il n’y aura plus alors que ce parti politique, entouré de quelques larbins et bouffons utilisés à bon escient pour amuser, de temps à autre, la galerie et donner ainsi l’impression que la démocratie existe au Niger. La loi électorale en discussion actuellement devant l’Assemblée de Mahamadou Issoufou puisqu’il n’y a plus que des députés totalement acquis à la cause qui en discutent, est en vérité l’acte officiel de décès de tous les autres, à l’exception du Pnds Tarayya qui décidera désormais de qui sera à ses côtés pour jouer les labrins et de qui fera diversion en se prêtant à un jeu de faux opposant. Avec les façons de faire de certains juges, notoirement politiques et qui font les choses, non pas selon le Code de procédure pénale, mais selon des volontés tapies dans l’ombre, il est aisé de disloquer ce qui reste des partis dits alliés mais qui ne sont déjà, depuis longtemps, que l’ombre d’eux-mêmes. L’Andp Zaman Lahiya de Moussa Moumouni Djermakoye, La RSD Gaskia de Cheffou Amadou, le MPR Jamhuriya d’Albadé Abouba, le reliquat de la CDS Rahama d’Abdou Labo ainsi que les petits poucets tel que le PJD Hakika de Mamane Hamissou, ne représentent plus, en vérité, que des pantins pour le Pnds Terayya. Il en use comme bon lui semble, notamment pour donner un cachet de large consensus aux actes politiques les plus vils et les plus attentatoires à la démocratie et à l’Etat de droit.

Savez-vous que dans la loi électorale que Ousseïni Tinni a reçu instruction de faire passer admet qu’un député retrouve son siège après l’avoir perdu à la suite d’une nomination au gouvernement ? Savez-vous que la structure chargée d’élaborer et de gérer le fichier électoral sera dirigée par un monsieur nommé par le ministre de l’Intérieur, par conséquent par le Pnds Tarayya ? Savez-vous que la Ceni, avec la formule proposée, pourrait représenter un seul courant politique, voire un seul parti politique puisqu’il est plus facile de corrompre une vingtaine de personnes que la centaine de membres que compte habituellement la Ceni ? Bref, ce qui se passe à l’Assemblée nationale n’a rien de national, de républicain ou de démocratique. Ce qui se passe est la matérialisation du rêve du Pnds Tarayya : ferrer tous les autres à son propre destin.

Ousseïni Tinni fait aujourd’hui feu de tout bois. Il n’aime pas beaucoup entendre des critiques contre le texte soumis et fulmine à tout bout de champ contre des députés qui ont plus de mérite dans leur présence à l’Assemblée nationale que lui. Ce qui compte pour lui, c’est de faire voter ce texte liberticide, advienne que pourra. Il va alors jouer du coude, pousser dans le dos, abuser certains et tromper d’autres, l’essentiel pour lui étant de remplir sa part de mission dans cette entreprise du Pnds Tarayya. Pour endormir les plus sceptiques, on usera de tous les moyens habituels et gare à Ousseïni Tinni. S’il échoue dans cette mission alors qu’il traîne des casseroles de l’ARTP, on l’enverra illico presto devant un juge qui l’enverra à son tour réfléchir sur son incapacité à remplir une mission déterminante pour l’avenir du Pnds Tarayya.

Car, de deux choses, l’une : ou il réussit sa mission et le Pnds Tarayya se taille un bel avenir de parti d’Etat qui régnera sans partage sur le Niger ; soit, il échoue dans sa mission et le Pnds Tarayya devient moins que rien, vivant peut-être, demain, aux crochets d’un parti comme le MPR Jamhuriya, le Mnsd Nassara ou l’Andp Zaman Lahiya ressuscités. Tout, malheureusement, ne dépend que de lui ou du Pnds Tarayya. Une bonne partie des cartes à jouer sont détenues par les partis alliés qui n’ont pas, certes, pris conscience de leurs forces et de leurs responsabilités. Jusqu’à preuve du contraire, ils se sont laissés conter par le Pnds Tarayya qui veut, cette fois-ci, les amener, eux-mêmes, à se faire hara kiri. C’est simplement la bataille pour la survie de la démocratie qui est en cours à l’Assemblée nationale. Si le Pnds Tarayya l’emporte, alors il vaudra mieux que tous les autres partis politiques fassent comme ceux qui, reconnaissant leurs limites objectives, se sont carrément dissouts dans d’autres partis plus prometteurs. Adieu, Démocratie ! Adieu Elections libres et transparentes. Adieu aussi Liberté !

13 juin 2017
Source : Le Canard En Furie  

Like what you see?

Hit the buttons below to follow us, you won't regret it...