Le président de la Délégation Spéciale de la Commune urbaine de Filingué M. Aliou Zamné : «Le taux de recouvrement des taxes fiscales à Filingué est l’un des plus bas au Niger (…) même si certaines taxes ont été recouvrées à 100%»

La Commune urbaine de Filingué est située dans le département de Filingué, Région de Tillabéry. Elle fait frontière, au nord avec la commune rurale d’Abala, au sud avec celle d’Imanan (Bonkoukou), à l’est avec la commune rurale de Kourfeye centre et à l’ouest avec celles de Dingazi Banda et de Banibangou, dans le département de Ouallam. Sa superficie est de 4.802 Km2, pour une population estimée à 92.097, selon le recensement général de la population de 2012. L’agriculture est la principale activité économique, suivie de l’élevage, du commerce et de l’artisanat. Dans l’entretien qui suit, le président de la Délégation Spéciale (PDS) de la Commune de Filingué, M. Aliou Zamné, évoque les potentialités, les efforts fournis dans le cadre de la décentralisation ainsi que les défis auxquels est confrontée sa commune.

Quelles sont les principales potentialités que renferme la commune de Filingué ?

Filingué regorge de nombreuses potentialités. En effet, elle a la chance d’avoir un potentiel humain dynamique, avec une portion importante de jeunes, constituant une main d’œuvre abondante et disponible. Il y a aussi une disponibilité des terres agricoles et pastorales. Notons que la commune de Filingué n’a pour seules ressources financières que les recettes fiscales, notamment les taxes de marchés et municipales. A cela, il faut ajouter les subventions de l’Etat, à travers les fonds de péréquation et d’appui à la décentralisation.

Dans le cadre du processus de la décentralisation, l’Etat central a transféré il y a quelques années un certain nombre de domaines de compétences aux collectivités territoriales en l’occurrence les secteurs de l’éducation, de la santé, l’hydraulique et l’environnement ; quel est l’état de la mise en œuvre de cette nouvelle responsabilité qui vous a été confiée ?

Disons, tout de suite, que les transferts de compétences n’est effectif qu’au niveau du secteur de l’éducation. Actuellement, 50 tables-bancs ont été réhabilitées au profit de deux autres écoles (Kourfey et Quartier). Il a aussi eu l’élaboration et la mise en œuvre de la carte scolaire, qui est un ensemble de techniques et procédures utilisées pour planifier les besoins futurs d’éducation, au niveau local et les moyens à mettre en œuvre pour la satisfaction de ces besoins.

De façon générale, le diagnostic du fonctionnement des collectivités territoriales au Niger fait ressortir un faible taux de recouvrement des taxes fiscales et autres ressources propres à la mairie, quel est le taux de recouvrement de votre commune ? Et comment vous envisagez améliorer ce taux au regard des besoins sans cesse croissants de vos administrés ?

En fait, l’un de défis majeurs dans notre commune est lié au recouvrement des taxes. En effet, le taux de recouvrement des taxes fiscales à Filingué est l’un des plus bas, au Niger. Pour l’exercice 2019, le taux global de ce recouvrement est de 12,60%. Néanmoins, certaines taxes ont été recouvrées à 100%. C’est l’exemple de la taxe de marchés. Pour la taxe d’identification des animaux, le taux de recouvrement est de 80% et seulement 7,69% pour la taxe municipale, sur laquelle repose, pourtant, plus de 70% du budget communal. C’est ainsi que, pour améliorer le taux global de recouvrement, nous avons déjà mis en place un comité de mobilisation des ressource, qui a pour mission de faire le diagnostic de la mobilisation des ressources de la commune, en faisant ressortir les forces et les faiblesse de la commune, en matière de mobilisation de ressources et faire des propositions de solutions aux éventuelles faiblesses. Ce diagnostic va nous permettre d’élaborer un plan d’actions pour l’année 2020, pour laquelle, l’objectif sera de rehausser significativement ce faible taux de recouvrement. D’ores et déjà, on a fait des réunions avec les chefs de villages et de quartiers, pour les amener à prendre leur responsabilité de collecteurs d’impôts au profit de la commune et des sensibilisations sont faites à travers la radio rurale (Muryar Talaka). A cela, il faut ajouter des études de marchés.

Les seules ressources de la Commune ne suffisent pas pour accélérer le développement d’une collectivité territoriale, avez vous d’autres partenaires au développement qui vous accompagnent ?

Actuellement, nous travaillons avec l’Ong REGIS-ER, pour la mise en place du Plan de développement Communal (PDC). Une fois élaboré, nous aurons ainsi un outil sur lequel les partenaires vont s’appuyer pour nous aider. Déjà, des dossiers de projet sur l’assainissement sont en attente de financement au niveau du Projet PGRC-DU, il y aussi celui relatif à l’aménagement des sites maraîchers, par REGIS-ER, au profit des femmes. N’oublions pas aussi, l’OIM, qui est en train de former des refoulés de la Libye et à la fin, chacun aura un kit d’élevage ou de commerce. Citons aussi Mercy Corps, qui a choisi 6 villages pour la Cash for Work.

La Région de Tillabéry fait face depuis quelques années à une insécurité sans précédent avec des attaques meurtrières, comment est la situation dans votre zone ?

Contrairement à certaines zones, la Commune urbaine de Filingué est moins touchée par l’insécurité. Cependant, en 2018, il y eu une attaque à main armée dans le village de Rounfou. Cette attaque a occasionné des pertes en vies humaines, des vols de bétail (plus de 900 têtes emportées) mais aussi l’enlèvement d’un véhicule, au courant de cette année 2019, à Toukounous. Je souhaite que Dieu nous assiste et assiste nos Forces de Défense et de Sécurité, pour que le Niger soit un hâvre de paix. Amen !

Interview réalisée par : Hassane Daouda et Mahamadou Diallo Envoyés Spéciaux

10 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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