Interview de M. Moussa Ousmane, Gouverneur de la région de Dosso : «Des résultats significatifs enregistrés dans la région dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de renaissance Acte 2»

Interview de M. Moussa Ousmane, Gouverneur de la région de Dosso : «Des résultats significatifs enregistrés dans la région dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de renaissance Acte 2»Monsieur le Gouverneur, quel bilan tirez-vous de cette deuxième mandature du Président de la République Issoufou Mahamadou ?
Le bilan de cette deuxième mandature est satisfaisant dans la mesure où des résultats significatifs ont été enregistrés sur la mise en œuvre du Programme de renaissance Acte 2 du Président de la République, Chef de l’Etat, S.E. M. Issoufou Mahamadou, avec un accent particulier sur la renaissance culturelle pour un changement de mentalité.

La Région de Dosso renferme d’énormes potentialités en terres irrigables le long du fleuve, des dallols et de nombreuses mares. Comment comptez-vous valoriser ces potentialités ?

La région de Dosso dispose d’énormes potentialités en terres irrigables. C’est ainsi qu’elle est traversée par le fleuve Niger, seul cours d’eau permanent d’une longueur de 180km au niveau des Communes suivantes: Falmey-Sambéra-Tanda-Gaya et Tounouga.

La Région de Dosso dispose également de trois (3) Dallols. Il y a le Dallol Bosso qui traverse les Départements de Loga, Boboye et Falmey selon l’axe Nord-Sud. Il a une longueur d’environ 155 km et une largeur moyenne de 12km. Sa superficie est estimée à 1 485km². On a aussi le Dallol Maouri qui traverse les Départements de Dogondoutchi, Tibiri, Dioundiou et Gaya selon un axe Nord-Sud. Il a une longueur de 360km et 4,75km de largeur moyenne. Sa superficie est estimée à 1 905km². S’y ajoute le Dallol Fogha qui a une longueur de 267km environ avec une largeur moyenne de 2,5km. Sa superficie est estimée 662km².

Parmi ces potentialités, il y a aussi les mares permanentes, semi-permanentes et des mini-barrages. La Région de Dosso dispose de 508 mares dont 211 mares permanentes et 297 mares semi-permanentes et 19 mini barrages. Selon les résultats de l’Etude sur le Potentiel Irrigable du Niger (EPTIN), ce potentiel est estimé à plus d’un million d’ha.

Comment valoriser les potentialités en terres irrigables ?

Il faut mobiliser les partenaires techniques et financiers pour la réalisation des Aménagement Hydro Agricoles (AHA et Petits périmètres irrigués) ; mettre l’accent sur la mise en valeur agricole des retenues et mares existantes ; rendre fonctionnelle la stratégie de la petite irrigation au Niger (SPIN) déjà adoptée par le gouvernement ; accélérer la mise en œuvre des activités programmées par le MCA qui envisage l’aménagement de 2 650 ha de nouvelles terres le long de la vallée du fleuve ; utiliser l’énergie solaire dans le système de pompage ; créer les conditions de mise en place d’un encadrement de proximité de la Petite Irrigation ; rendre disponibles et accessibles les intrants de qualité ; assurer l’entretien des infrastructures (dynamisation des comités de gestion des infrastructures) ; renforcer les capacités des services techniques ; développer les infrastructures de transports ; mettre en place les infrastructures de stockage, de conservation, de transformation ; développer les infrastructures de commercialisation et organiser les filières de production.

Quelles sont les principales réalisations dont a bénéficié la région de Dosso dans le cadre du Programme de Renaissance Acte2 ?

Il y a la construction des Maisons du paysan à Falwel et Sakorbé, toutes les deux communes rurales du département de Loga, avec les 8 éléments au complet chacune pour un montant total de 400 000 000 FCFA. La troisième maison du paysan est celle de Margou Béné (Commune Urbaine de Birni N’Gaouré) qui est en cours de réalisation.

Monsieur le  Gouverneur, quels peuvent être les apports du chemin de fer et du port sec aux populations de la région de Dosso ?

Dans le cadre d’une part, de la mise en œuvre du programme sectoriel du transport et d’autre part de sa politique de développement régional, le gouvernement de la République du Niger a décidé du choix de la ville de Dosso (région de Dosso) pour l’implantation et l’exploitation du premier port sec du Niger. Le gouvernement a engagé la réalisation du projet du port sec de Dosso et son antenne de Niamey, dans un cadre de partenariat public-privé (PPP).

La réalisation de ce port sec a pour objectif le développement socio-économique de la région de Dosso en particulier et du Niger en général. Outre la réduction des coûts des délais de transit et de transport, ainsi que la minimisation des risques des opérateurs économiques nigériens, le port sec permettra aussi l’accroissement des recettes douanières et fiscales (du fait d’un meilleur contrôle des couloirs de transit) et la création d’emplois au profit des jeunes de la région.

Que pensez-vous de l’évolution des travaux du port sec?

Depuis quelques années, les travaux du port sec se sont effectivement arrêtés. Mais nous sommes persuadés qu’avec l’engagement du Président de la République, les travaux vont reprendre. Quant aux infrastructures ferroviaires, elles constituent sans nul doute l’un des plus grands chantiers du Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Issoufou Mahamadou. Envisagé depuis plus d’un siècle, il a fallu en 2014 pour voir le démarrage des travaux de construction d’une voie ferrée au Niger.

Sur le plan sécuritaire, la région de Dosso fait face à des conflits champêtres ainsi que des attaques des bandits sur certains tronçons. Quelles mesures avez-vous préconisées pour faire face à cette situation ?

Les conflits intercommunautaires sont parfois fréquents dans certains départements de la région de Dosso, surtout les conflits champêtres entre agriculteurs et éleveurs. Ces conflits sont souvent liés à l’intolérance et l’incompréhension des communautés. Ainsi, pour mieux appréhender cette problématique, une feuille de route aux patrouilles départementales et frontalières a été établie dans laquelle des missions du terrains pour intensifier la sensibilisation et la conciliation des communautés sont organisées au début et à la fin de chaque campagne agricole. Cette approche a permis de manière pacifique de créer un véritable climat de quiétude sociale et de cohésion entre les communautés.

La région de Dosso fait face aussi à des attaques des bandits armés sur certains tronçons principaux et secondaires. Pour cela, les différents préfets en collaboration avec les responsables des Forces de Défense et de Sécurité départementaux, ont renforcé et multiplié la présence et la fréquence des patrouilles mixtes départementales.

Pour surmonter les défis de cette insécurité, afin de permettre à la population de vaquer paisiblement à ses occupations, il a été adopté plusieurs initiatives dont entre autres : la sécurisation des zones d’insécurité par un important dispositif de sécurité et de dissuasion, la sensibilisation à travers des rencontres périodiques des chefs des villages de la région et surtout ceux riverains à la RN7 (Tronçon Béla-Dosso) pour les conscientiser afin de collaborer avec les FDS en renseignement, la création d’une patrouille de la gendarmerie sur le tronçon Béla-Dosso et le renforcement de l’axe Sabon Birni- PK10.

Pour la restauration d’une bonne gouvernance locale au niveau des départements, communes et cantons, il a été institué, tous les derniers vendredis de chaque mois, la lecture du Coran suivie de Fatiha et des échanges sur les problèmes spécifiques par département, commune et canton, l’institution d’une mission régionale des responsables régionaux des Forces de Défense et de Sécurité pour sensibiliser et échanger avec les autorités administratives, communales, coutumières et responsables de leurs unités dans tous les départements dont la première a fait ses preuves.

Dans le cadre du renforcement des capacités en matière de sécurité dans la région de Dosso, EUCAP SAHEL et le PNUD ont doté la région d’un centre opérationnel équipé d’outils informatiques et de transmission, de 04 véhicules 4x4, de 06 motos cross et EUCAP SAHEL organise des formations continues au profit des FDS sur la fraude documentaire, le trafic des armes et la police judiciaire. La GIZ a construit trois postes frontaliers de police à Tombo, Wadata et Dolé.

Monsieur le Gouverneur, la route Bella-Gaya n’est pas achevée et le tronçon Bella-Dosso s’est totalement dégradé. A quand la fin du calvaire pour les usagers de cette importante route ?

Je vous informe d’ores et déjà que les travaux de Dosso-Bella sont inscrits dans le Programme Millenium Challenge qui est déjà en phase de préparation du dossier d’appel d’offres (études techniques et environnementales) ; pour les travaux du tronçon Bella-Gaya, la reprise de ces travaux est effective pour un délai de huit (8) mois. En conclusion, d’ici la fin de l’année, le soulagement des usagers de cet axe sera total Incha Allah.

Par Mamane Amadou ONEP Dosso

12 avril 2019
Source : http://lesahel.org/

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